PROGRAMME DES TRAVAUX À EXECUTER
La première chose à faire serait la statistique. Elle comprendrait non seulement les forêts et les pâturages, mais encore tous les espaces dénudés dont rintérêt général réclamerait le boisement ou le gazonnement.
Elle pourrait être établie par bassin géographique et, aulant que possible, par catégorie de propriétaires.
Les renseignements y seraient classés dans Tordre que j'ai indiqué pages 23 et 2i. Je n'en referai pas la nomenclature, et je me bornerai à signaler ceux qu'il conviendrait de mettre en relief ou d'ajouter.
Ce seraient :
L'état des forêts situées en montagne, et celui des forêts situées en plaine;
La distribution des essences forestières suivant les
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formations géologiques, suivant la latitude et suivant Taltitude ;
La situation, l'étendue et Tétat de conservation des terrains aiïectés au pâturage ;
Les mêmes renseignements pour les terrains improductifs, avec l'indication de l'origine et des causes de leur stérilité ;
Les influences climalologiques dominantes dans chaque bassin : leurs effets sur la santé des hommes et sur la production agricole; les sources, les eaux courantes, l'utilité qu'on en retire ;
Les principales voies : routes de terre, chemins de fer, canaux et rivières, servant au transport du bois, et le coût de ce transport, par mètre cube et par kilomètre, pour chaque nature de voie ;
Les circonstances, de toute sorte, telles que les besoins de l'industrie pastorale , ceux de l'agriculture, la concurrence de la houille et du fer, l'importation des bois étrangers, les droits d'octroi, les impôts, etc., favorables ou contraires h la conservation des forêts ;
Les produits généraux en bois de marine, de service, d'industrie, en bois de feu, et les prix inaxma et minima de ces produits sur place ;
Le nombre, l'espèce, l'origine et le rendement en laine, en lait et en viande, des animaux entretenus dans les pâturages ;
Les principaux lieux de consommation des produits ligneux, et les prix de revient de ces produits;
La consommation des services publics ; celle notamment de la marine militaire ; de la marine mar-
chande ; celle des chemins de fer, des usines el des principales industries ;
La nature et la valeur des produits ligneux importés et des mêmes produits exportés; l'origine des premiers, la destination des seconds ;
La nature et la valeur des produits forestiers délivrés aux populations rurales, à un titre quelconque (droits d'usage, affouage, etc.);
Le nombre et le salaire moyen des ouvriers employés à l'exploitation et au débit des bois, dans l'intérieur des forêts; ceux des ouvriers dans les industries, en dehors des forêts, employant le bois comme matière première.
Après la statistique, on procéderait au parcellaire.
Mais le parcellaire ne s'arrêterait pas aux petites différences de sol, de climat ou de végétation, qui ont une grande importance pour une forêt prise en particulier, mais qui n'en ont aucune pour toutes les forêts embrassées dans leur ensemble. Les parcelles comprendraient souvent des forêls entières. Elles seraient limitées et déterminées par les lignes de partage des eaux et des climats, par les fonds de vallées, par les formations géologiques, par les caractères de la végétation spontanée, par les conditions climatologiques qui caractériseraient de grands espaces* La description de ces parcelles aurait pour but, non pas de les classer dans une affectation, mais seulement de déterminer le genre de culture à leur appliquer, la nature des travaux à faire pour leur mise en valeur.
Après le parcellaire, on dresserait le plan d'exploitation. Il ne s'agirait point, on le devine, de régler la quotité de la coupe annuelle; il s'agirait d'un objet bien plus considérable :
On aurait d'abord à déterminer le périmèlre des terrains dont le boisement ou le gazonnemenl serait indispensable, dans Tintérèt général du pays.
On ferait ensuite connaître, à grands traits, celles des forêts, comprises dans ce périmèlre, qui pourraient, sans de trop grands inconvénients, être traitées en taillis; celles auxquelles on devrait appliquer la méthode du réensemencement naturel ef des éclaircies; et celles qui seraient jardinées.
On distinguerait, parmi les terrains dénudés, ceux qui devraient être boisés, de ceux qui devraient être simplement gazonnés. Sans entrer dans les détails de la culture, on indiquerait les essences h propager, soit par le semis, soit par la plantation.
Lorsque ce périmètre, dans lequel la conservation ou la création des forêts et des pâturages, serait regardée comme étant de rigoureuse nécessité, aurait été tracé, on rechercherait, en dehors, les terrains boisés, gazonnés, ou susceptibles de Têtre, dont la conservation, quoique ne présentant pas autant d'utilité, en présenterait assez cependant pour qu'il fût sage de l'assurer. Ce seraient en premier lieu tous les terrains domaniaux; car il n'en reste certainement plus un seul dont l'aliénation ne fût pas déplorable. Ce seraient aussi, sauf un petit nombre d'exceptions, les terrains communaux ; car
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tous ceux dont la transformation en terres agricoles était avantageuse, ont été aliénés depuis longtemps. Ce seraient ensuite, parmi les bois des particuliers, ceux dont le défrichement aurait pour conséquence d'entratner les inconvénients indiqués dans Tarticle 220 du Code forestier.
Puis viendrait Télat des travaux à faire : • !• Dans le périmètre dont le boisement ou le gazonnement serait de première nécessité ;
2** Dans celui où ces travaux n'auraient qu'une utilité secondaire.
On indiquerait pour le premier périmètre, et toujours par catégorie de propriétaires, l'étendue des terrains à reboiser, celle des terrains à gazonner, le prix approximatif des terrains, et le coût des travaux, en séparant les travaux d'art, tels que les barrages, par exemple, des travaux de gazonnement ou de reboisement.
On donnerait les mêmes renseignements pour le second périmètre, mais en ce qui concernerait seulement les propriétés domaniales et communales.
On ferait connaître, pour ces dernières propriétés, les dépenses approximatives] qu'entraîneraient leur délimitation, leur aménagement et leur vidange.
On exposerait, d'une manière générale, les réformes qu'il serait convenable d'apporter au régime économique et légal des routes nationales, départementales, vicinales, des canaux, des rivières navigables et flottables, pour faciliter le transport des produits forestiers»
On examinerait les entraves mises au commerce des bois par les droits de navigation, de douane et d'octroi, ainsi que les conditions faites à la propriété forestière par Timpôt foncier; et on indiquerait les moyens de diminuer les unes et d'améliorer les autres.
Enfin, on passerait en revue, avec des propositions pour y remédier, toutes les circonslancesqui auraient été signalées parla statistique, comme contraires à la culture et à Texploilalion forestières.