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SECTION V. — TRAVERSÉE DE LYON

161. Nécessité de contourner Lyon. — La navigation est interrompue à Lyon, à cause du grand nombre et du rapprochement des ponts, et de la rapidité du courant entre le canal navigable de Jonage, en amont de Lyon, et l’aval de la ville.

En juillet 1918, la Chambre de Commerce de Lyon a adressé aux ministères compétents une délibération visant la construction d’un canal de ceinture pour permettre à la navigation du Rhône d'éviter la traversée de la ville. Elle proposait d’employer à ce travail la main-d'œuvre libérée et sans emploi immédiat au lendemain de la guerre. La délibération est ainsi motivée :

« La mise en état de navigabilité du Haut-Rhône a pour complément nécessaire la jonction de cette navigation avec celle du Rhône, de Lyon à Marseille, et avec la navigation de la Saône et des canaux aboutissant à la Saône. Cette jonction ne peut se faire que par un canal de ceinture entre le canal de Jonage et le Rhône, aux environs de Saint-Fons. Ce canal, outre son caractère d'intérêt national et international de canal de jonction, aura une utilité de premier ordre pour toute l’industrie de la

région lyonnaise située sur la rive gauche du Rhône, industrie qui s’est considérablement développée pendant la guerre et se développera encore à la suite de la mise en exploitation du nouveau bassin houiller de cette région.

« La construction de ce canal de ceinture doit non seulement être achevée au moment où le Haut-Rhône sera devenu navigable pour que cette nouvelle navigation puisse immédiatement avoir son débouché sur le Rhône, mais, même si elle précède la terminaison des travaux du Haut-Rhône, les dépenses faites sur le canal de ceinture auront immédiatement leur utilité comme extension des ports de Lyon.

« Dans ce but, il est nécessaire de faire succéder aux avantprojets déjà élaborés par le service des Ponts-et-Chaussées un projet détaillé et étudié sur le terrain par un Bureau d’études du canal de ceinture de l’est de Lyon qui fonctionnera sous la direction de l'ingénieur en chef de la navigation du Rhône, et dont les frais seront supportés par moitié par la ville de Lyon et par la Chambre de Commerce ».

162. Etudes de la Chambre de Commerce de Lyon. — Projets divers.— Une commission technique fut créée par la Chambre de Commerce, et la ville de Lyon vota un crédit de 5.000 francs pour les études. Le canal projeté partirait du bief supérieur de Jonage pour aboutir au futur port de Saint-Fons; il desservirait les usines de Villeurbanne, Bron, Vénissieux et Saint-Fons, en suivant à peu près le tracé des murs de ceinture dont la suppression est demandée depuis longtemps. La longueur du canal serait de 13 kilomètres, dont 2.800 mètres en souterrain. La largeur au plafcnd serait de 22 mètres. Les ports de Jonage et Saint-Fons auraient une superficie de 400 hectares, dont 70 en bassins; la longueur des quais atteindrait 25 kilomètres. Ce caual pourrait avoir rapidement un trafic intensif, si les recherches actuelles font une réalité de l’espérance qu'a fait naître la découverte d’un vaste bassin houiller à l’est de Lyon, dont l'étude est poursuivie par les groupes puissants des Sociétés de Mokta et de Blanzy.

M. Armand propose un canal de jonction empruntant celui de Jonage sur 13.560 mètres, s’en détachant à gauche, longeant sur 4 kilomètres la limite des départements du Rhône et de l'Isère, franchissant par un souterrain de 2.320 mètres l'éperon qui relie Bron à Saint-Priest, et atteignant enfin le Rhône après un développement total de 11.960 mètres. Il comporterait deux écluses. Le souterrain serait à simple voie. Le canal, de 22 mètres de largeur, permettrait le croisement de deux chalands de 1.000 tonnes.

Le port industriel de Lyon serait à 2 kilomètres en aval du

de: . Saoge, au ie Le Re. de des Iles de l’Archevêque, où se trouve un terrain propice de plus de 100 hectares. Ce port comporterait à l'aval un chenal éclusé.

Pour éviter un parcours sur le Rhône aux péniches de la Saône, trop faibles pour le fleuve, le projet prévoit qu'elles entreraient au port par un pont-canal, ou, plus simplement, par des docks flottants munis d’un système de touage.

En 1911, l'Office des transports des Chambres de commerce du Sud- Est avait organisé un concours pour l'amélioration de la navigation de Lyon à Arles, et, accessoirement, pour le raccordement navigable entre Lyon et la frontière Suisse. Pour la traversée de Lyon, le projet présenté au concours par la Société des grands travaux de Marseille prévoyait un canal de

ceinture ressemblant à celui de M. Armand, mais d’une lon-

gueur de 8 kilomètres seulement, avec deux écluses. D'autre. part, le projet présenté au même concours par M. Mouruille

reporte le port de Saint-Fons plus en aval, à Irigny, où serait

établi un barrage avec une usine électrique.

Nous avons déjà parlé des ports de Lyon, et de leur transformation en vue d’un trafic plus intense. Avec le canal de ceinture, les ports du Rhône se irouveraient reportés en amont et en aval de la ville. Quant au port projeté au quai Rambaud, avec raccordement au P. L. M., il intéresse surtout la navigation de la Saône, raccordée, du reste, à la navigation du Rhône. re,

En avril 1919, M. Cels, souws-secrétaire d'Etat des Travaux publics, a approuvé un projet de création d’un port moderne remplaçant le port actuel. Ce port, aménagé entre le pont Kitchener et le viaduc de la Mulatière, disposerait de puissantes installations répondant aux besoins d'une navigation beaucoup plus importante que celle qui utilisait le port Rambaud.

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