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€ arrive sur la barre de rocher qui passe sous les argiles, tout & à coup ce rocher manque sous lui; son lit prend la forme « d’un entonnoir, le fleuve S'y engouffre avec une vitesse et « un fracas prodigieux; ses eaux se refoulent mutuellement, « s’agitent, se soulèvent et se brisent en écume. Les rochers « qui forment cet entonnoir se resserrent même à un tel point « qu'il y à une place où il ne reste pas deux pieds de distance « d’une rive à l’autre, en sorte qu’un homme, même de « moyenne taille, pourrait poser un de ses pieds sur le bord « qui appartient à la France, et l’autre sur celui qui dépend « de la Savoie, et voir entre ses jambes ce beau fleuve qui « semble frémir de colère et s’efforcer de passer avec toute la « vitesse possible dans ce défilé qu'il ne peut éviter. Mais cette « position serait encore plus périlleuse que brillante: ces « pointes de rochers inelinées et mouillées sans cesse par « les eaux qui rejaillissent sur elles, formeraient un piédestal « trop glissant au-dessus d’un gouffre aussi terrible: » Cette description n’est plus entièrement exacte, car des éboulements ont élargi la fissure. ë Entre la Perte du Rhône et le confluent de la Valserine, soit sur un parcours de 500 mètres, la dénivellation atteint près de 12 mètres. Entre le lac Léman et la Valserine, — distance 42 kilomètres environ, — en suivant le fleuve, la différence de niveau est d'environ 80 mètres. Le débit des basses eaux, difficile à estimer en raison de limpétuosité du courant, a été estimé à 180 mètres cubes par seconde. D’après les relevés de la Société française des Forces hydrauliques du Rhône, de 1901 à 1910, le Rhône, à Bellegarde, a moins de 150 mètres cubes pendant deux mois et demi au plus, et 120 mètres cubes pendant vingt jours seulement environ.
25. Le Rhône, de Bellegarde au confluent de la Saône. Débit. Pentes. — Après Bellegarde, le Rhône conserve l'allure d’un torrent, encaissé entre le Grand- Colombier à droite, et, à gauche, les montagnes de Savoie, qui lui envoient, à travers de profondes gorges, les torrents des Usses et du Fier. La gorge du Rhône forme, sur ce parcours, un remarquable cañon.
Vers le village de Surjoux, entre les châteaux du Parce et de Pyrimont, le Rhône change dé caractère, et prend lallure d'un cours d’eau navigable. La vitesse diminue, un premier banc de gravier couvert de quelques oseraies montre que le fleuve a perdu la force d’entraîner tous les graviers, et qu’il commence à les déposer. En aval de Seyssel, la vallée s’élargit,