‹ L'Aménagement du RhôneChapitre 49 sur 148 · DRE · texte numérisé non relu

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En 1824, MM. Seguin et Bourdon firent les premiers essais. de navigation à vapeur sur le Rhône. En 1829, un bateau, construit par l'anglais Steel, faisait son premier voyage sur le fleuve, quand les chaudières firent explosion; plusieurs personnages importants, ainsi que le constructeur Steel, furent . tués. Cette catastrophe retarda, en France, l'essor de là: nouvelle navigation. Cependant, la même année, le Pionnier, construit à Vaise, long de 39 mètres, large de 6 m. 10, calant 0 m. 65, faisant 13 kilomètres à l'heure en eau morte, remonta d'Arles à Lyon en quarante-huit heures de marche, avec 1.450 quintaux de marchandises. Il appartenait à la Compagnie générale des bateaux du Rhône, qui venait d’être fondée. Cette compagnie fit bientôt construire cinq nouveaux bateaux, et, en 1837, en possédait huit, dont deux naviguant d'Arles à la mer. Les bénéfices annuels, de 1831 à 1838, passèrent de 15.000 francs à 475.000 francs. Une scission aboutit à la formation d’une nouvelle compagnie, en 1838, tandis que deux autres compagnies distinctes se formaient. Ces trois compagnies s’appelèrent compagnie des Papins, compagnie des Aigles, compagaie des Sirius. Les machines étaient anglaises jusqu’en 1840 où on commença à employer des machines françaises, A cette date, ou plutôt à la fin de 1837, MM. Bonnardel frères créèrent une nouvelle compagnie et employèrent deux bateaux dont les machines avaient été construites au Creusot par François Bourbon. Ces compagnies commencèrent par se faire une concurrence fâcheuse, obligées qu’elles étaient d’abaisser leurs tarifs; mais, les 31 mai et 17 juin 1842, elles passèrent des traités.

En 1844 fut créée à Nîmes la Compagnie méridionale. La même année, M. Verpilleux créa des remorqueurs dits « grappins » qui prenaient appui dans le lit même du fleuve, par une roue armée de longues dents. En 1845 fut fondée la Compagnie des Creusot, pour amener le sel, de la mer à Lyon. En 1846, les voituriers du Rhône Abel Clerc et Ci: fondèrent une nouvelle compagnie; la même année, MM. Gauthier frères qui avaient un service sur la Saône, mirent deux bateaux en service sur le Rhône.

A la révolution de 1848, le gouvernement exigea le renvoi du personnel anglais, ce qui gêna fort les compagnies. En 1852, la société Tavenet et C®, qui avait sur la Saône des bateaux dits « Parisiens », fit naviguer sur le Rhône les « Parisiens » N°4 et 5.

A cette époque, le tonnage était important. Ramené à la distance entière entre Lyon et Arles, il était de 392.000 tonnes à la descente, et 242.000 à la montée, soit au total 634.000 tonnes, dont 75.000 de bois flotté.

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50. Les Sn de fer et la navigation du Rhône. — Mais un grave danger menaçait dès lors la navigation, c'était la création des chemins de fer concurrents. IL est intéressant de constater que le premier chemin de fer français, commencé en 1826 par MM. Seguin, avait pour but de suppléer à la navi- . gation imparfaite de la Loire. Ce ne fut, du reste, que beaucoup

plus tard que ce chemin de fer tone avec des locomotives comme seul moyen de traction; au début, la traction était variable, et même un peu fantaisiste : chevaux, tracteurs fixes à cordes mues par la vapeur dans les montées, locomotives pour les parties en palier, poids dans les descentes, contre-poids de la voiture descendante faisant monter une autre voiture.

- En 1849, il s'agissait de créer le chemin de fer de Chalon à Avignon. M. Clément Reyre, délégué de dix compagnies fluviales du Rhône et de la Saône, fut sur le point d'obtenir un arrangement avec le Gouvernement et avec M. Paulin Talabot, qui devait être le premier directeur de la Compagnie des chemins de fer de Paris à Lyon et à la Méditerranée. M. Talabot était disposé à accepter une mise en commun des produits des deux modes de transport, de Lyon à Avignon. Mais, en 1856, le ministre Magne refusa d'accepter tout arrangement durable.

Pour lutter, les navigateurs fluviaux créèrent, le 7 décembre 1854, le Syndicat des navigateurs de la Saône, du Rhône et des canaux « pour défendre et soutenir l'industrie des transports par eau ». A cette date, il y avait, sur le Rhône, 75 bäteaux, dont 7 bateaux de mer entre Arles et Marseille; ces bateaux appartenaient à neuf compagnies, et valaient 19 millions.

La concurrence des chemins de fer se fit bientôt sentir. Le tonnage sur le Rhône, était, nous l'avons vu, de 634.000 tonnes ; or, en 1856, la ligne ferrée Lyon-Marseille le fit tomber à 586.000 tonnes, et, en 1859, à 273.000 tonnes.

Le syndicat ne donna pas de résultats suffisants. IL fut question de grouper les compagnies en une seule. Ce résultat ne put être atteint complètement : MM. Bonnardel étaient assez puissants pour lutter seuls; d’autres sociétés avaient, pour le transport de marchandises spéciales, des traités leur assurant un trafic sans concurrence, au moins pour une certaine durée. Cependant, cinq autres compagnies s’unirent et fondèrent, le 1* novembre 1855, la Compagnie générale de navigation, sous la raison sociale J. Breittmayer et Ci, avec MM. Jacques Breittmayer et Emile Plasson comme gérants, au capital social de 7.018.500 francs, dont 6.410.000 francs repré-, sentaient les apports des cinq sociétés : Compagnie méridionale Compagnie générale, Compagnie des Aigles, Compagnie des Sirius, Société Gauthier frères. Le nombre des bateaux était

de 38. La a société, malheureusement, ; fut gênée par certaines divergences, provenant de ce que les anciens directeurs étaient habitués à agir seuls et par voie d'autorité. Elle espéra obtenir la concession d’une ligne ferrée du Rhône inférieur à Marseille, ligne qui devait être exploitée surtout dans l'intérêt de la batellerie. Mais le gouvernement concéda cette ligne à la nouvelle compagnie P. L. M. La Compagnie générale de navigation présenta vainement une pétition au Gouvernement, le 48 mai 1857, pour demander à être indemnisée, ou tout au moins subventionnée. Les sociétés des Papins et des Creusot étaient alors entrées dans la compagnie, qui fut autorisée, par décret du 15 septembre 1858, à se transformer en une société anonyme qui donna quelques bénéfices. Vers la même époque, la compagnie P. L. M.,en difficulté avec la compagnie du Midi pour la ligne de Cette, obtint la concession de cette ligne.

Le tonnage se maintenait faible; en 1880, le tonnage total montée et descente, n'était que de 172. 877 tonnes.

La Compagnie générale finit par fusionner avec la compagnie Bonnardel. En 1880, elle engloba la société des Grappins, et, en 1887, celle des Gladiateurs, qui avait trois bateaux pour le service des voyageurs. En 1892, elle absorba une société d’études pour le touage sur le Rhône, et prit le nom de Compagnie lyonnaise, puis, le 31 décembre 1893, elle fusionna avec une nouvelle société la compagnie Hâvre-Paris-Lyon-Marseille, dont le siège social est à Lyon, et qui fut fondée au capital de 16.400.000 francs.

À côté de cette compagnie existent, notamment, la compagnie Marquerol, qui transporte au port de Cette les chaux de Lafarge, et la Compagnie lyonnaise de navigation et de remorquage, constituée en 1912, dont les affaires devinrent prospères dès 1913, et qui emploie d’excellents remorqueurs et chalands.

51. Navigation actuelle du Rhône. Trafic. Marchandises transportées. Comparaison avec la navigation fluviale française. — La navigation actuelle, en amont de Lyon, a toujours été et est encore très faible, bien que le mouillage minimum aït été porté à O0 m. 60. Entre Pyrimont et Seyssel, un petit service de batellerie, avant la construction du nouveau pont, mettait en communication les deux rives du fleuve pour l’exploitation des couches d’asphalte. Des « rigues », bateaux plats portant environ 200 tonnes, descendent sur Lyon des matériaux de construction provenant de Saint-Sorlin, Montalieu, Sault- Brenaz et remontent à vide. halés par des chevaux. Le tonnage effectif est, ou était récem-

Fe I Ÿ encore, TR iron 90. 000 Le. . environ 8. 000 KE = 6.000 de bois flotté, 4.500 à 2.000 de bois de service ou à brû- __ ler, et plus de 80.000 en matériaux de construction'. Une

partie de ce trafic a été prise par les chemins de fer de l'Est- Lyonnais. 7 = Navigation du Rhône de .. à 1916 (Voir le graphique p. 57.) Ordinaire et à vapeur (Voir en note, la nature des produits transportés.) TONNAGE TRANSPORTÉ à = E : Er

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