ISSE ET À L'EUROPE CENTRALE
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© Srerrox L. __ RENSFIGNEMENTS SUR LE COMMERCE ET L'INDUSTRIE DE LA SUISSE
58. Importance commerciale de la Suisse. Sa position exceptionnelle comme centre de passage. — La guerre de 1914 a mis en lumière, avec une netteté particulière, l'importance de la Suisse comme carrefour commercial. Ce pays a, du reste, dans ces circonstances exceptionnelles, plus souffert que profité de cette situation, puisque les belligérants ont dû prendre d’énergiques mesures pour empêcher
- précisément que la Suisse ne soit un passage conduisant les marchandises chez l'ennemi.
En temps normal, sa position est particulièrement importante. Elle se trouve, en effet, située au centre du partage des eaux de l’Europe, puisqu'elle envoie ses rivières à la mer du. Nord, à la Méditerranée, à LAPS et même à la mer Noire.
Sans doute, les fleuves et les rivières de la Suisse ne constituent pas, par eux-mêmes, des voies d'accès : leur régime est trop torrentiel; il ne- faut donc pas comparer, tout au moins sans réserve, la situation économique de la Suisse dont les fleuves rayonnent dans toutes les directions, à celle de la France dont la plupart des fleuves sont navigables, et, comme,le remarquait déjà Strabou, donnent aux habitants d’incomparables facilités de communication.
Mais les fleuves sont une voie de communication non seulement par leurs eaux, mais aussi, et presque surtout, par leurs vallées, qui sont les parcours indiqués des routes. De même que la Suisse se trouve au centre du partage des eaux de l’Europe, de même elle se trouve au centre des grands courants commerciaux.
De plus, bien que, par ses dimensions et par le nombre de ses habitants, la Suisse soit une petite nation, cependant son activité industrielle, commerciale, agricole, et l’industrie lucrative due à ses beautés naturelles qui attirent de tous les points du globe des millions de visiteurs, en font une nation dont l’importance économique est très considérable.
Quand nous disions que la Suisse était au centre des grands courants commerciaux de l’Europe, il faut ajouter que l'homme
a dûjsérieusement aider la nature pour frayer un passage à quelques-uns de-ces courants. La Suisse est en partie occupée par les Alpes, dont le puissant massif l'occupe et la borde au sud-est. Sans doute, presque de-tout temps, les cols ont pu être franchis par des sentiers; inais il a fallu remplacer ceuxci par ces/magnifiques routes, si coûteuses à créer et à entretenir, et auxquelles pense avec regret le voyageur, en s’enfonçant dans le tunnel qui les a remplacées.
Car, depuis que les chemins de fer ont donné au trafic international un développement prodigieux, il a bien fallu renoncer à franchir la montagne, il a fallu la supprimer en la creusant. Nous’avons vu, avec le tunnel du Rove, à Marseille, que les voies navigables commencent, elles aussi, à traverser Les montagnes. Inspirée par l'Allemagne, la Bone commença par percer le St-Gothard qui est suivi, du côté de l'Italie, par une étonnante voie ferrée traversant une série de tunnels en spirale, nécessaires pour racheter la pente. Le chemin de fer du Gothardfit la prospérité de Lucerne et de Zurich. En 1906, avant l'ouverture du Simplon, le 78 p. 100 des marchandises en transit par la Suisse passait par le Gothard. Bâle reste la principale porte ‘de l’arrivage; il y est perçu le 30 p. 100 des droits de douane de la Confédération.
Avec le: Gothard d'une part, le Mont-Cenis de l’autre, l’ouest de la Suisse était tenu à l'écart. Cette partie du pays reçut satisfaction par la percée du Simplon, réalisée en 1906. Bien que la traversée, non encore réalisée, de la Faucille, soit considérée par plusieurs comme l'aboutissement normal de la ligne du Simplon, le raccourci de Frasnes-Vallorbe, terminé pendant la”’guerre, a donné déjà un bon aboutissement à cette ligne.
Cette ‘fois, c'est Berne qui se trouvait à l'écart, entre le Gothard et le Simplon. La percée toute récente du Loetschberg a dirigé sur Thoune et Berne une belle bifurcation aboutissant à Brieg, à l’entrée du Simplon.
Plus loin, à propos de l'influence allemande en Suisse, nous parlerons de Bâle et du commerce par le Rhin.
Indépendamment du transit, nous avons dit que la Suisse est un pays industriel et commerçant important par rapport au nombre de ses habitants.
Les industries sont variées; le tissage de la soie se pratique à Zurich, en Argovie, dans la Suisse centrale, et le long du Rhin; Saint-Gall a ses broderies, Bâle sa rubannerie. La région de Bâle fabrique des produits chimiques. L'horlogerie se fabrique à Genève et, dans le Jura, au Locle, à Bienne, à la Chaux-de-Fonds. Les machines, les appareils électriques, les automobiles, se fabriquent à Zurich, Winterthur, Bienne,
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RalouE ur Genève, Ruti, Neuchâtel, Saint- Blaise, Baden, Oerlikon, Bâle. Ajoutons l’agriculture, l'élevage, la fromagerie, la chocolaterie, le lait concentré. Ajoutons encore - l’importante industrie hôtelière qui, contrairement à ce que beaucoup supposent, ne vient qu'au sixième rang. On voit quelle est l’importance du commerce suisse.
La situation de la Suisse, peu étendue, dont une partie notable n’est pas cultivable, n’ayant que très peu de houille, manquant de beaucoup de matières premières et de denrées coloniales ou LHPOUSOURSE, exige naturellement beaucoup d’importations. F:
9. Importance du Rhône aménagé comme voie d'accès en Suisse. — Si le Rhône est rendu navigable jusqu'au lac Léman, cette voie sera-t-elle intéressante pour le commerce français avec la Suisse, ou pour le transit français à destination de la Suisse? La question est délicate. La voie fluviale est plus lente que la voie ferrée, et ne paraît intéressante que pour les marchandises lourdes, de bas prix à la tonne, c'est-à-dire pour les marchandises de faible densité commerciale. Nous allons essayer de donner quelques chiffres, permettant, sinon de résoudre, du moins de poser le problème. Nous commencerons par examiner le commerce extérieur Suisse et ses progrès; si nous donnons les chiffres de la période de guerre, c’est pour être complets, mais il est évident qu'il ne faut pas s'attacher à cette période anormale pour en tirer des conséquences précises pour l'avenir.
Nous examinerons ensuite, parmi les articles importés et exportés, quels sont ceux pour lesquels la voie fluviale pourrait être intéressante.
Nous rechercherons, pour ces marchandises, quelle est leur destination, en nous bornant à examiner celles qui ont pour origine ou pour destination des pays limitrophes de la Suisse, ou des pays pouvant présenter une voie concurrente, comme le Rhin, ou des pays pouvant emprunter le Rhône comme voie d'accès à la Suisse.
Ce travail permettra d’avoir une idée des services que le Rhône navigable pourrait être appelé à rendre. Mais il ne faut pas rechercher une précision actuellement impossible à trouver. Quelle sera la rapidité, quels seront le prix et les conditions de la navigation sur le Rhône? Quels seront les tarifs douaniers? D'autres voies concurrentes ne feront-elles pas des tarifs différentiels? N'y aura-t-il pas des primes à l'importation ou à l'exportation faussant les conditions du transport? Et tant d’autres questions qui se poseront au fur et à mesure!
Cependant, nous croyons que le Rhône navigable pourra
- devenir une importante voie d'accès à la Suisse, surtout lorsqu'à cet avantage il joindra celui de devenir une excellente voie d’accès en France, par la Saône, et à l’Europe centrale par le canal amélioré du Rhône au Rhin et aussi par le canal projeté du lac Léman au Rhin. Si l’on joint à ces avantages celui de l’exploitation rationnelle de lé énergie du Rhône, la question paraît certainement appeler une réponse favorable.
60. Le commerce extérieur suisse en général. — Examinons donc quel est le commerce extérieur suisse :
Commerce extérieur suisse
COMMERCE | IYpoRTATIONS | EXPORTATIONS PR CRRENE EXTÉRIEUR Importation : — DOD COMPTES | TOTAL Exportation ce SRE en milliers de francs £a Fous de 1885 - 680.635 640.890 | 1.321.525 | — 39.745 1890 932.951 703.025 | 1.635.976 | — 229.926 1895 915.391 665.170 | 1.578.561 | — 252.221 1900 LHSATO 836.080 1.947.190 | — 275.030 1905 1.379-852 967.821 2.349.173 | — 410.531 1910 1.745.021 1.195:872 1 2.940.893 = —" 579.149 1911 1.802.359 | 1.257.309 | 3.059.668 | — 545.050 1912 1.979.101 1.357.617 | 3.336.718 | — 621-484 1913 1.919.816 | -1.376.399 | 3.296.215 | — 543.417 1914 1.478.408 | 1.186.887 | 2.665.295 | — 291.521 1915 1.680.030 | 1.670.058 | 3.350.088 | — 97072 1916 2.3178.5051| 2.447.7151| 4.826.2201| E 69.210
L'augmentation est constante, sauf pendant les deux premières années de la guerre. Les excédents d'importation, qui donnent une balance da commerce défavorable, devaient être largement compensés par l'apport des fonds des touristes, et par le transit des marchandises provenant de l'étranger. La balance des comptes doit être très favorable. IL est facile de constater que l'activité commerciale de la Suisse est très grande; l'accroissement constant qui résulte du tableau ci-dessus en est un signe; comparé au nombre d'habitants, le commerce total donne les chiffres suivants par tête d'habitant?.
1. L'augmentation des prix pendant la guerre explique en partie cet accroissement rapide.
2. Population : 3.173.077h.en 41900; 3.733.049 en 1910; 3.937.000 en 1916.
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Ces chiffres sont le signe d'une très grande activité commerciale, car, en 1913, nous trouvons pour la Suisse le nombre 850, tandis que le total par tête était : en Allemagne, 379; en Autriche-Hongrie, 127; en Angleterre, 760; en France, 389.
Avant la guerre, les quatre pays limitrophes de la Suisse lui fournissaient plus des 2/3 de ses importations, tandis qu’ils n’absorbaient que 45 p. 100 de ses exportations globales.
61. Commerce extérieur suisse. Marchandises pouvant emprunter la voie fluviale. — Voici un tableau (v. p. 72) donnant, pour la Suisse, le poids et la valeur des importations et exportations des matières pour lesquelles la voie fluviale paraît intéressante.
Le transit à travers la Suisse, par chemin de fer, s’est élevé, en 1912, à un total de 1.873.826 tonnes de marchandises, soit près de 20 millions de quintaux, près des 13 p. 100 du trafie total par chemin de fer. Une-partlie notable de ce transit pourrait prendre la voie du Rhône.
{lest évident que ces tableaux ne donnent que des renseignements incomplets pour la question qui nous occupe. Nous voyons cependant que le commerce suisse, pour certaines marchandises pouvant utiliser les voies fluviales, atteignait, en 1913, l’année qui précédait la guerre, un tonnage de près de 7 millions de tonnes, exactement 6.898.000 tonnes, valant près de 660 millions de francs. Nous trouverons plus loin, à propos du projet de canal du lac Léman au Rhin d’autres renseignements au sujet du tonnage qui aurait intérêt à emprunter ce canal.
Quelle est la partie de ce trafic qui pourrait utiliser la voie navigable du Rhône? Il est certain que cette question ne pourrait être résolue qu’en réunissant des indications très minutieuses et fournirait, à elle seule, la matière d’un important ouvragé. Pour nous borner à quelques indications sommaires, nous remarquons qu'il faut écarter toul le trafic avec l'Italie, l'Autriche, et celui qui a intérêt à entrer en France ou à sortir de France, par voie ferrée, par Vallorbe, le Locle et Delémont- Delle. 11 faut encore écarter le trafic normal du Rhin. Par contre, il ne faut pas oublier que certains types de marchandise, denrées coloniales, cuirs et peaux, papiers, cotons, laines, paille, caoutchouc, argile sous toutes ses formes, matériaux
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