millions
1° pays ne
Pour les importations de céréales en Suisse, provenant de
4. Tant que les Etats centraux n’auront pas réalisé leur programme de voie navigable (v. infra),la Roumanie et la région d'Odessa peuvent avoir
intérêt à envoyer leurs produits par la Méditerranée et le Rhône.
pays pouvant avoir intérêt à utiliser le Rhône : Etats-Unis,
Argentine, Canada, elles ont atteint, en 1913, le chiffre de 4.355.000 quintaux nets, valant 91.071.000 francs. Il peut y avoir lieu (v. la note ci- -dessus) d'y ajouter la oo et la région d'Odessa.
Il est bien entendu que ces chiffres ne constituent que des éléments d'appréciation. Une enquête complète sur le tonnage et la valeur des marchandises pouvant prendre la voie du Rhône s'impose. Une telle enquête, très complète, a été faite, en 1914, par l'Association suisse pour la navigation du Rhône au Rhin. Nous la retrouverons. Elle*est, du reste, particulière au
canal Léman-Rhin. Les éléments ci-dessus suffisent à démontrer .
que le commerce extérieur de la Suisse est assez important pour qu'un poids et une valeur considérables de marchandises aient intérêt à trouver une nouvelle voie d'accès. IL paraît certain que celte voie d'accès serait rendue plus importante, pour les pays d’outre-atlantique en particulier, par une bonne navigabilité de la Loire et une bonne jonction de ce fleuve au Rhône.
63. Possibilité de détourner à travers la France une partie du trafic de la mer du Nord à destination de la Suisse. — En outre, il ne faut pas oublier que, si la fonction crée l'organe, l'organe crée ou développe la fonction. Une voie d’eau fluviale par le Rhône, semblable à la voie du Rhin, appellerait sans doute vers la Suisse un courant commercial important, s soit pour le commerce suisse, soit pour le transit, surtout si le Rhône doit être joint au Rhin par le lac Léman et le lac de Neuchâtel.
Si Cette et Marseille sont d'actifs auxiliaires des importations suisses, et sont les ports normaux pour les produits venant de la Méditerranée et de Suez, d'autre part Suaint- Nazaire et Bordeaux deviendraient les ports indiqués pour les marchandises de faible densité commerciale à destination de la Suisse, le jour où d'importantes voies navigables permettraient l'accès de ce pays par eau.
Avant la guerre, c'est au nord-ouest du continent que se portait, en Europe, le gros effort du commerce maritime. De l’embouchure de la Seine à celle de l’Elbe débouchent de nombreuses voies d'accès vers l’intérieur, voies ferrées et voies navigables. De Ià, la prospérité d'Anvers, Rotterdam, Hambourg, dont nous avons déjà parlé.
Nous n'avons pas de chiffres très récents au sujet du transit à travers la Belgique des marchandises en provenance ou à destination de la Suisse. Les nombres suivants sont cependant significatifs; en 1901, le commerce de la Belgique avec la Suisse,
“LE RHONE VOIE D D'ACCÈS à A LA SUISSE ET A L EUROPE PRESSE" 75 -
. rat: à 31.374.000 francs, et le transit à 267.930. 000 francs. . Cependant, vers la même époque, le transit à travers la Bel- gique, à destination de la Suisse, a subi une diminution, qui provient de ce que les grains et pétroles d Amérique, auparavant confiés aux chemins de fer, ont pris la voie du Rhin. Car
* le transit à travers la Belgique ne comprend naturellement pas -
le transit par le Rhin. Certainement, de bonnes voies navi- gables françaises détourneraient une forte partie de ce trafic, au grand avantage des ports français.
L'aménagement du Rhin, sur lequel nous reviendrons, a été fait de telle sorte, que, nous l'avons vu, des marchandises qui devraient débarquer à Marseille préfèrent Anvers et Rotterdam. Aiïnsi, la création d’une voie d’accès par eau en Suisse, économique et aménagée pour permettre une navigation intense, est de nature à reprendre une partie du trafic conquis par les ports du Nord, et à contribuer à rendre à nos ports le rang qui leur revient, alors que Marseille, troisième port d'Europe en 1870, après Londres et Liverpool, n'occupait plus que Le 6° rang, en 1879, après Londres, Hambourg, Anvers, Rotterdam,
Liverpool.
SECTION Il