CINQUIÈME PARTIE À
128. Modes d'aménagement des fleuves. Difficultés relatives au Rhône. — Lorsqu'il s’agit, non pas d'ouvrir une voie navigable nouvelle, comme un canal de jonction, mais de rendre navigable une rivière, ou même, lorsqu'elle est naturellement navigable, de l’améliorer, il existe trois méthodes : la rivière peut être « régularisée », ou bien, sans changer le lit, elle peut être canalisée dans ce lit même, ou bien encore la rivière elle-même ne servira pas à la navigation, mais alimentera un Canal latéral navigable. La Seine, avec ses berges relativement élevées, son fonds assez stable, son courant modéré, a pu être facilement canalisée dans son lit. Le Rhône a pu être régularisé, insuffisamment du reste, après 1878. Comme canaux latéraux, citons ceux de la Garonne et de la Loire.
Le Rhône présente des difficultés particulières qui avaient fait rejeter l’idée de la canalisation dans le lit même. En éflet, la canalisation sur place consiste à transformer le cours d’eau en un canal artificiel pendant les basses eaux, et à lui laisser reprendre son cours naturel quand les eaux deviennent assez hautes pour permettre la navigation. Ce résultat est obtenu par une série de barrages remplaçant la pente par un escalier dont les bateaux franchissent les degrés par des écluses. Ces écluses font subir un arrêt aux bateaux, il faut haler ceux-ci à la descente comme à la montée, mais la navigation est relativement facile et régulière. Or, le Rhône a de fortes pentes, une vitesse considérable, souvent de basses berges. Les barrages sont difficiles à placer, risquent d'étendre les inondations, nécessitent de puissantes digues, risquent de s’ensabler. Nous verrons que ces difficultés n’ont pas arrêté les auteurs de certains projets.
Nous avons déjà noté que, selon la Commission interministé-