LE CENTRE ET LE SUD DE L'AMÉÏUQUE
S'il est un paradoxe qui contienne quelque vérité, c Vsl qu'il y a peu de parties du monde qui soient moins américaines que l'Amérique du Sud.
Comme je l'ai déjà déclaré, les Etats-Unis font moins d'affaires avec toute la population du centre et du sud de l'Amérique qu'avec les 5 à 6 millions d'habitants qui occupent la longue ceinture de territoire formant la frontière septentrionale.
L'influence de New \ork et de Chicago est ressentie davantage à Londres et à Liverpool qu'à Buenos-Ayres.
Tandis que les Américains américanisent l'Angleterre, les Anglais depuis de longues années s'occupent sans relâche d'anglicaniser l'Amérique du Sud, malgré la doctrine deMonroÔ.
Cette doctrine, au nom de laquelle l'oncle Sam prétend posséder tout le territoire au-dessous du Rio* Grande, est purement négative. Elle dit simplement à les Etats européens : « Tu n'annexeras plus de nouveaux territoires dans le Nouveau-Monde ». Mais elle s'arrête là.
A l'heure actuelle, la République Argentine, le Chili et le Pérou sont des annexes commerciales de la Grande- Bretagne. Il n'y a aucune raison de supposer que l'extension des Etat-Unis va avoir comme conclusion logique notre bannissement de provinces dont les entreprises commerciales et industrielles sont nôtres.
Ce que nous avons l'ait lâ-bas a été de prêter de l'argent, d'engloutir des millions et des millions pour la construction de chemins de fer, de tramways, ou l'établissement de compagnies d'élevage, agricoles et minières.
Les vastes et fertiles territoires que l'Amérique du Sud offre aux populations trop denses de l'Europe, sont très imparfaitement appréciés par les Etats-Unis. Le continent entier n'a pas encore la population de l'empire allemand et cependant tout cet empire serait perdu dans un coin du Brésil.
Le tableau ci-contre concernant le Midi et l'Amérique centrale, tableau dont l'utilité est incontestable et qui est tiré d'un article de M. Sanson, article intitulé : L'Amérique du Sud comme champ d'émigation, présente un intérêt tel que nous ne résistons pas au désir de le publier.
D'après ce qui précède l'on se rendra compte que les contrées de l'Amérique latine occupent une superficie de 8,215,858 milles carrés, environ 2 fois 31/100 de la superficie de toute l'Europe, mais qu'elles ont une population de moins du double de celle du Royaume-Uni.
On se fera une idée plus nette de l'étendue territoriale des nations si l'on songe que le Brésil, à lui tout seul, est presque aussi vaste que l'Europe, ou, en prenant pour point de comparaison la superficie de la