‹ L'américanisation du mondeChapitre 40 sur 42 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

01 1 .1. IN SERA T.E DÉNOIEMENT.

Ceux qui ont foi dans le progrès, et ceux qui voient vu la marche des siècles un mouvement continuel de ce que Mazzini décrivait comme « la spirale montant in définiment et qui conduit de la matière à Dieu » sont forcés d'accepter la transformation comme faisant partie .!,• l,i grande loi qui préside aux évolutions de la société humaine; mais il est impossible de ne point reconnaître que coite transformation quoique riche en avantages palpables, n'est pas sans ses mécomptes.

Un journaliste américain, qui fut attaché de longues années à la rédaction d'un journal de ce pays, a montré la différence qui existe entre les deux branches de la race parlant anglais par la phrase suivante :

« En Angleterre, dit-il, l'on travaille pour vivre; et les Américains, ne vivent seulement que pour travailler. »

Chaque section de la race obéit ù, ses tendances naturelles et les pousse à l'extrême.

On n'a qu'à jeter un coup d'oeil sur ce fragment d'ar-

ticle tiré d'un journal du soir de New- York, pour être édifié :

(( Les nations de l'Europe, et principalement les Anglais, s'étonnent du succès du peuple américain.

<( Si un Anglais désire savoir pourquoi la race américaine peut surpasser la race anglaise dans la lutte pour la priorité industrielle, qu'il aille se poster à la station du Delaware-Lackawama, à Hoboken, de sept à neuf heures du matin, tandis que les trains de la banlieue arrivent.

(( Bien avant que le train paraisse à la grande station de chemin de fer, et tandis qu'il va encore à une vitesse dangereuse, l'on voit jusqu'au bout du train des hommes, jeunes et vieux, qui se penchent à toutes les plates-formes.

« Comme le train entre en gare, les voyageurs s'élancent des wagons des deux bouts à la fois, et une course folle a lieu jusqu'au bateau à vapeur. Il n'y a pas un seul individu à marcher doucement ou délibérément.

(( C'est une poussée vers les affaires, une poussée toute la journée; une poussée encore au retour chez soi.

<( Le manomètre d'une machine vous dit la pression de vapeur et le travail que la machine peut faire.

<( La machine humaine d'un Américain demeure continuellement à cette haute pression. Son cerveau est constamment excité, son mécanisme marche à toute vapeur.

<( Les tissus sont vite consumés, et la machine, souvent, brûle plus rapidement qu'elle ne le devrait. L'homme chauve et grisonnant dans sa jeunesse; l'homme victime de la dyspepsie, du nervosisme, des

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