EN MARCHE VERS L'UNION
ne
Toul le monde admettra, môme ceux qui sont le
aoins favorables à l'idée d'une complète réunion, qu'il
Bl loisible de conserver l'idéale union devant les yeux,
erait-ce que pour diminuer les froissements entre
peuples et favoriser la coopération dans le vaste champ
où nos intérêt* gont identiques.
Même si nous ne pouvons avoir l'union nous pourrions avoir l'alliance de race.
Comme point de départ, il serait bon de citer le pas* Sage touchent extrait du discours d'adieu de Washing- Ibn au peuple américain :
La grande règle de conduite qui nous est imposée \js-«i-\]s des nations étrangères, est d'avoir avec elles te moins de rapports politiques possibles et le plus de rapports commerciaux. »
Le conseil est bon, mais on ne doit pas le faire équivaloir à une interdiction de rapports politiques quels qu'ils soient. Tout ce que Washington a dit, était « le moins de rapports possibles ».
^irréductible minimum du xviir3 siècle est complè-
tement impossible au xxe, où la politique et le commerce se trouvent mêlés inextricablement.
Une politique d'isolement est refusée à la Chine, et l'on n'y peut même pas songer pour l'Amérique.
On fait déjà beaucoup mais on pourrait faire plus encore pour faire fructifier le sentiment de l'unité de race.
L'une des plus simples et des plus louables tentatives en ce sens, qui ait été faite dans ces dernières années, a été la célébration du 4 juillet en dehors du sol des Etats-Unis.
La coutume d'arborer des drapeaux à l'anniversaire de la naissance de la République américaine a gagné du terrain en Angleterre, et ici et là les Anglais ont commencé à retenir la date sacrée du 4 Juillet comme un jour de fêle de race.
Mais la proposition d'adopter le 4 comme la fête de race aurait dépassé ce qu'un sujet anglais pouvait supporter, tout au moins alors.
Comme les années s'écoulent après les années, l'Anglais arrivera à célébrer le 4 Juillet cordialement et sans murmurer; mais s'il doit y avoir une simple {èie de race, il devrait commémorer un jour d'union plutôt qu'un souvenir de séparation.
Il nous serait aisé de nous perdre en discussion prématurée sur la façon dont le jour de fête serait accueilli et dans l'Empire, et dans la République.
Cromwell, le héros commun aux deux races, convoqua son premier parlement le 4 juillet, et son premier discours d'inauguration fut le premier discours du 4 juillet qui fût prononcé. Il était animé de la con-
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viction de la réalité d'une mission providentielle de la race parlant anglais.
Voici ses propres paroles :
« Nous avons le désir de chercher le remède futur et de songer à l'avenir plutôt que de fouiller dans des plaies et de retourner en arrière. »
L'on . pourrait faire une chose, et cela de suite, ce serait l'insertion de plus de nouvelles américaines dans les journaux anglais, il s'agit ici de la publication d'articles spéciaux traitant de l'immense catégorie de choses multiples dont sont emplis les journaux américains.
Les Américains sont beaucoup mieux informés en ce qui concerne l'Angleterre que nous ne le sommes en ce qui a trait aux mouvements sociaux, industriels et scientifiques des Etats-Unis.
Les nouvelles qui nous parviennent de l'Amérique se bornent tout simplement à des cours de marchés, à des élections politiques.
Passant aux choses qui sont comprises dans le champ de l'entreprise privée et de l'initiative individuelle, nous arrivons à la proposition faite il y a quelque temps par M. Dicey et fortement soutenue en d'autres termes, relativement à l'adoption d'une convention mutuelle entre les gouvernements des deux pays pour la proclamation d'un droit de cité commun, de telle sorte que tout sujet du roi devînt un citoyen des Etats-Unis et eût droit à tous les privilèges dont jouit un Anglais en quelque partie du monde qu'il puisse habiter.
Cela supprimerait la nécessité de renoncer à leur nationalité dans laquelle sont les Américains en Grande- Bretagne ou les Anglais établis aux Etats-Unis. « Voyons maintenant si quelque chose peut être fait
pour assimiler les lois des deux pays en ce qui concerne les intérêts internationaux, tel que les droits de reproduction, de marques de fabrique, de mariage et de divorce, les brevets, etc., etc.
Ce serait d'après les idées de M. Carnegie :
<( La nomination par les diverses nations de notre race de commissions internationales chargées de créer un système de poids, de mesures, de monnaies, de brevets et autres choses d'un caractère similaire, qui sont d'un intérêt commun. »
Après que cela serait fait, M. Carnegie croit qu'il serait bon qu'un « Conseil général » soit élu par les pays parlant anglais, auquel on pourrait référer pour toutes les discussions qui s'élèveraient entre elles.
Laissant M. Carnegie à ses idées, sans nous engager à fond, il reste la question de savoir s'il devrait y avoir une alliance offensive ou défensive entre les deux états.
Quand la guerre entre les Etats-Unis et l'Espagne fut déclarée, les Américains comptèrent avec confiance sur l'aide de la Grande-Bretagne, et aujourd'hui encore la croyance est fermement demeurée dans les esprits de la majorité du peuple américain que, le gouvernement anglais alla beaucoup plus loin qu'il n'était nécessaire en menaçant d'allier sa flotte à celle des Etats-Unis si les puissances européennes s'étaient aventurées à intervenir en faveur" de l'Espagne.
Les alliances entre nations sont capables de degrés infinis.
Ainsi l'alliance franco-russe, laTsse chaque puissance absolument libre de diriger sa politique étrangère et de déclarer ses propres guerres sans contraindre l'autre à se départir de sa politique de neutralité.
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M. Arthur White, écrivait dans le North American Review d'avril 189i, à propos d'une alliance angloaméricnine :
« La Grande-Bretagne deviendra une alliée des Etats- Unis dans le cas d'une puissance ou de puissances déclarant la guerre à ces derniers.
« D'un autre côté, les Etats-Unis garantiront une neutralité amicale dans le cas où la Grande-Bretagne serait engagée dans une guerre avec une ou plusieurs des puissances européennes, concernant un point qui n'affecterait, en aucune manière les intérêts pacifiques des Etats-Unis, et au cas où les Etats-Unis devraient rendre à la Grande-Bretagne toute assistance, positive ou négative, permise aux neutres. »
Le lien entre les nations parlant anglais serait réduit à une obligation garantissant les terres naturelles de la race contre la conquête étrangère et à une garantie solidaire du droit de neutralité.
En pratique l'on pourrait procéder comme suit :
Si la Ligue solennelle et la Convention avaient été Créés par l'impérialisme, le Canada pourrait attaquer la France, si elle refusait de régler les difficultés du trench shore d'une manière satisfaisante pour Terre- Neuve.
Aucun autre état de la ligue ne serait dans l'obligation d'aider le Canada, qui pourrait traiter de la guerre ou de la paix avec la France pour son propre compte.
Mais si la France refusant de reconnaître cette neutralité, devait attaquer l'Australie ou le Royaume-Uni, chaque membre de la ligue serait obligé de faire cause commune contre la France, de façon à assurer le droit de neutralité.
Supposons la France reconnaissant la déclaration de neutralité du Canada mais malgré tout essayant d'annexer le territoire canadien, par droit de conquête, alors tous les autres membres de la ligue seraient forcés de faire la guerre à la France.
Les deux principes fondamentaux de la League seraient le droit de neutralité mutuellement garanti et la garantie mutuelle de l'inviolabilité du territoire occupé par les peuples parlant anglais.
Afin d'atteindre une plus grande unité, M. Georges Grey indiqua que les gouvernements à Washington et à Westminster devraient arriver à un arrangement permanent « par lequel lorsqu'un sujet quelconque nous intéresserait ou quand il y aurait une question qui menacerait la tranquillité du monde en général, nous devrions nous réunir en congrès et décider une action commune.
(( Un congrès anglo-américain entrant en action quand il serait besoin, disparaissant lorsqu'il aurait accompli sa tâche, serait un précieux instrument de bien. »
Il n'y a aucune nécessité de constituer un congrès anglo-américain dans ce but. Une fois le principe accepté, aucune importante question de politique étrangère ne serait plus discutée à Washington ou à Westminster, sans qu'ait eu lieu une précédente consultation entre le secrétaire des affaires étrangères ou celui de l'Etat par le moyen ordinaire des démarches diplomatiques.
L'ambassadeur américain à Saint-James, serait toujours appelé en conseil quand une décision serait prise entraînant la possibilité de complications de politique étrangère.
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Une telle combinaison serait préférable à la constitution d'un congrès anglo-américain comme l'a indiqué sir Georges Grey.
M. Carnegie a partagé l'opinion de sir Georges Grey relativement à la bienfaisante influence qui serait exercée sur le monde entier par notre race unie à nouveau.
Sir Walter Besant n'était pas moins enthousiaste en ce qui concerne les bons résultats qui se produiraient si les six grandes nations : l'Angleterre, les Etats-Unis, le Canada, l'Australie, la Nouvelle-Zélande et le sud de l'Afrique, s'unissaient en une fédération, dans laquelle une cour d'arbitrage devait être le visible signe extérieur de l'union.
Une telle union pour en dire le moins possible, donne au monde non seulement les plus courts mais les seuls chemins par lesquels on puisse atteindre la réalisation de l'idéal si noblement décrit par John Harrington, quand écrivant son Océanie il demanda :
« Que penseriez-vous, si le monde revoyait encore l'aigle romaine? Elle rajeunirait et recommencerait son vol. Si vous ajoutez, à la propagande de la liberté civile, celle de la liberté de conscience, cet empire, ce patronage du monde, est le royaume du Christ. Une République de cette sorte est un ministre de Dieu sur terre, qui fait que les ordres répétés en dernier lieu sont comme la bénédiction de Dieu ouvrant les bras de notre République, tel un asile sacré au monde en aétresse, et donnant à la terre son Sabbat d'années de repos en raison de ses travaux sous l'ombre de vos ailes! »