LA CRISE BIBLIQUE
gie à l'égard des autres sciences et de la critique contemporaine {i). Je ne comprends pas: c'est sans doute ma faute. Je dois cependant ajouter que, sur cette question et sur les autres, je comprends les grands théologiens. Cette obscurité tiendrait-elle à Tobscurité même de la doc- , trine ou à certaines réserves qu'impose encore la prudence (2}? »
La publication du livre d'apologétique de M. Loisy, l'Evangile et tEglise, jeta quelque lumière sur la question (3); mais comme les théologiens se refusent à reconnaître les résultats d'une étude impartiale des évangiles, le problème sera longtemps agité en pure perte d'efforts. Il n'en devient pas moins de plus en plus troublant pour les croyants.
La consigne dans la hiérarchie semblait être
(i) Idées CTEposées par Mgr Mignol, archevêque d'Albi, dans son discours du i3 novembre 1901 sur « ta méthode de la Ihéoloftie ». — Sur ce discours qui a été longuemeni discuié entre théologiens, on peut voir un article de M. l'abbé Maignen Aan^ La Vérité Françaite à\i iz tnai iqoj ; un article de M. [e Docteur E. Michaud, Revue internationale de théologie avril juin' 1902 ; le livre de M. Gazagnol.
(î) Les pirili de la foi, p. 19.
(3) Dans la défense qu'il publia de cet ouvrage, Autour d'un petit livre (7 octobre igoS), et en disant à M. Klein « évitons, cher ami. L'erreur de ['américanisme!» M. Loisy reprit la plupart des thèses libérales traitées durant (voyez Autour, pp. 180, 181, i85). Il indiqui question de principes u (voyez ci-dessus, p. 283, n
45o LA CRISE BIBLIQUE
de ne rien savoir, de ne rien entendre. Quand un prêtre s'avisa seulement de montrer une partie de la situation, telle qu'elle résultait d'un enchaînement d'événements récents et indubitables, bien qu'il s'abstint prudemment d'émettre des jugements théologiques, il fut condamné. On voulait se rassurer avec de fortes affirmations dans le genre de celles de M. Brunetîère qui disait, le i8 novembre 1900, dans une de ses tournées pastorales : « En tant que l'exégèse et la critique ont eu pour objet de jeter le doute sur les vérités de la religion, elles y ont décidément et finalement échoué (i). » Toutefois l'autorité de M. Brunetière lui-même restait faible devant certaines démonstrations de l'histoire et des sciences naturelles. Aussi, un théologien conservateur (2), un de ceux qui sollicitaient vainement l'intervention des évèques et même du pape, ne pouvait-il s'empêcher d'écrire : «Je crains bien que ce fin lettré n'ait point senti assez la force pénétrante des traits de la critique et qu'il ne soit, pour longtemps encore, plus vrai de dire avec Mgr Mignoi : « On ne saurait nier que les critiques gagnent beaucoup de terrain (3). »
(1) Discours de combat, i' série, p. 41.
(2) Conservateur en théologie, progressiste en politique.
(3) Gayraud, La crise de la foi, p. :f6.
nii,GtH>^le