I02 DELEGATION APOSTOLIQUE
d'autonomie et de quelques tiraillements que constata son envoyé, passa outre. Au commencement de l'année suivante elle changea la mission temporaire de Mgr SatolH en légation permanente (i).
Naturellement, dans ce pays de régime de séparation des Eglises et de l'Etat, la délégation ne présente point de caractère diplomatique ; elle est purement ecclésiastique. Néanmoins, Léon XIII venait d'accomplir une grande œuvre, la centralisation si chère à la papauté. Les protestants des Etats-Unis en prirent ombrage. Ils se froissèrent de voir les journaux remplis des faits et gestes de Mgr Satolli « pape américain », étranger qui n'avait point l'intention de devenir citoyen, et qui ignorait totalement la langue et
American Proiective Association; sur celte association voyez dans la même revue, juin 1894, un article explicatif par son président, M. Traynor.
([) Un évêque américain justifie ainsi le fait accompli : a Les différends qui ne peuvent manquer de surgir partout où existe Tinfirmiié humaine, après avoir été soumis aux jufçetnents de l'évique el du métropolitain, allaient presque toujours en appel devant le Saint-Siège, et la distance, entraînant nécessairement des frais et des délais, donnait lieu à des malentendus et à des décisions qui ne satisfaisaient souvent ni l'une ni l'autre partie. De là l'établissement, en tSgi, de la Délégation apostolique àWashington pour examiner et trancher, sur le renvoi de la Propagande, les décisions rendues canoniquement par les évéqucs et les mélropolilains et pour juger beaucoup d'autres questions pouvant être présentées à son tribunal. » Mgr Gabriels, art, cité, | XL.
nii,GtH>^le
DÉLÉGATION APOSTOLIQUE I o3
les traditions de la république (i). Pour défendre l'Amérique contre le péril que le « papisme » faisait courir à son esprit et à ses institutions, une ligue se forma {2). Elle aurait causé les plus graves embarras à l'Eglise romaine, si les évéques américanistes n'étaient parvenus à calmer les passions.
a Nous croyons, déclarait Mgr Spalding, que la religion est un élément essentiel de la naiure humaine et, par conséquent, un élément de toute bonne éducation. Là 06 il est possible de le faire, nous fondons et nous entretenons des écoles dans lesquelles, entre autres choses, nous enseignons aussi ce que nous croyons èire la religion. Parce qu'on ne le fait point dans les écoles publiques, nous trouvons leur système incomplet, mais nous ne le condamnons point. Dans une contrée telle que la nôtre, aucun autre système d'écoles publiques ne semble possible. Nous sommes donc, ouvertement et sans réserve, favorables aux écoles laïques et, conséquemmeni, favorables à l'impôt scolaire. Pour ma propre part, — et je pense exprimer Topinion catholique — non seulement je ne détruirais pas, si j'en avais le pouvoir, notre système d'écoles publiques, mais je ferais tout pour le développer et le perfectionner. Je crois dans les écoles laïques et dans l'éducation universelle. Je croîs que, partout où le permet l'opinion publique, l'école doit être rendue obligatoire.
(1) Spalding, art. cité, p. 28.S.
(î) VAmerican Protectîve Association, voyez ci-dessus page
.^hyCOO^IC