DÉLÉGATION APOSTOLIQUE
a Vaine est la teniative de nous compromettre, nous autres catholiques du XIX' siècle, avec les actes et les paroles de ceux du moyen âge. Nous ne croyons pas que les papes n'aient jamais eu lort. Comme le dit le cardinal Newman, nous ne sommes pas forcés « de défendre la politique ou les actes de certains papes, soit avant, soit après la grande révolte qui se produisit au XVP siècle contre leur autorité ». Si la loi publique, en Europe, au XI° et au XII" siècles, leur permettait de déclarer déchus de leur autorité des princes et des empereurs tyranniques, il ne s'en suit pas que ce leur soit permis maintenant. Nous sommes catholiques, mais nous sommes aussi des hommes, et, quoique les articles essentiels de notre foi soient immuables, nous changeons avec un monde qui change. Satisfaits de nous soumettre à leurs conséquences, nous acceptons avec une sincériié franche, avec un acquiescement joyeux, les principes du gouvernement du peuple par le peuple £t pour le peuple (i) ».
(i) Art. cilé, p. 2SJ-186.
Les catholiques à l'Exposition de Chicago (iSgî). Le Parlement des Religions (iSgS).
1) do Parlement.
L'exposition de Chicago s'ouvrit le 21 octobre 1892. H On inaugura, le matin, l'Exposition proprement dite et le soir, les travaux du Congrès auxiliaire chargé de la préparation et de la direction générales de toutes les assemblées qui devaient se tenir pendant la durée de l'Expositioti. » A la cérémonie du matin la prière d'ouverture fut prononcée par le cardinal Gibbons et la bénédiction par l'évèque presbytérien de Philadelphie (i). A la cérémonie du soir, Mgr Ireland fut chargé de prononcer le discours principal. Cette place d'honneur était donnée aux catholiques et parce qu'ils forment la secte
(1) On trouvera la traduclîon de la prière et de la bénédic lion dans Klein, l'Eglise et le Siècle, pp. i8i-i85.
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Io6 LE CONGRÈS CATHOLIQUE
la plus nombreuse et parce que l'opinion publique se déclarait très satisfaite de leur évolution durant un siècle.
Les congrès succédèrent aux congrès et les catholiques tinrent le leur du 4 au 9 septembre 1893, Le Commissaire de l'Exposition, M. C.-C. Bonney, chargé d'ouvrir les salles du Palais où ils devaient se réunir les accueillit en ces termes;
B Au nom de la Commission des Congrès universels, au nom du Gouvernement des Etais-Unis, qui a convié tous les peuples à ces congrès, au nom de cinquante millions d'Américains non catholiques qui aiment la justice et ont foî dans une égale liberté religieuse pour tous les hommes, je vous salue et vous souhaite la bienvenue. Un grand changement s'est accompli dans les relations de l'Eglise catholique et des Eglises protestantes, chacun Je sait à travers le monde. Ce changement a largement accru la félicité humaine, a servi de plusieurs manières la cause de la paix et du progrès; on le reconnaît aussi de toutes parts. Le nouveau mouvement catholique qui tend à décharger et à relever les classes ouvrières, ce mouvement qu'a porté si haut l'Encyclique pontificale sur la condition des travailleurs, a inspiré au monde protestant un intérêt profond. L'effort de l'Eglise romaine a excité l'amour et l'admiration de grand nombre d'hommes étrangers à cette Eglise. La nouvelle activité que les catholiques déploient pour répandre une éducation supérieure
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