‹ L'américanismeChapitre 3 sur 120 · AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS

Plusieurs jugeront certainement qu'il est trop tôt pour écrire, ou même pour esquisser, rhisioire de l'américanisme. Je dois m'excuser dé l'avoir tenté.

Un grand combat se livre en France. Il n'est pas près de finir et, peut-être, la lutte qui passionnera l'humanité tout entière au XX* siècle sera-t-elle une lutte religieuse.

Il importe donc de montrer aux champions comment se posent tes conflits, si l'on veut les réduire autant que possible. Tout le monde y est intéressé. Ceux-là mêmes, qui se prétendent indifférents à ces sortes de choses en subissent le contre-coup.

Combien les peuples d'Europe, par exemple, n'ont-ils pas gaspillé d'efforts à débattre les problèmes des concordats, du pouvoir temporel, des rapports des Eglises et de l'Etat, de l'ins-

hyGoo^lc

truction neutre ou confessionnelle, alors qu'en Amérique un peuple neuf, ayant trouvé judicieusement les solutions définitives ou temporaires qui lui convenaient, a pu consacrer son activité à réaliser ces progrès qui l'ont mis à la tête des grandes nations ?

N'est-il pas affligeant pour les Français, quand tout les convie aux réformes sociales, à la mise en valeur des colonies, de voir le parlement, la presse, une partie de la nation, consumer tant de forces vives dans des dissensions intérieures, les plus pénibles et les plus irritantes, puisque ce sont des querelles religieuses? Pour comble de malheur, beaucoup dé publicistes ou d'orateurs ne connaissent point exactement sur quel terrain ils se débattent, quel est le passé, quel est le présent des différents partis ou de leurs chefs.

Comme les questions en jeu ne sont point de celles qu'un coup d'Etat ou le vote d'une majorité peut résoudre, comme elles ne seront tranchées que par la justice et par la vérité, une telle manière de lutter n'entraîne pas seulement une inutile dépense de talents et de travaux individuels, elle cause l'affaiblissement ou même la ruine d'un pays.

C'est pour remédier autant que possible à ces inconvénients et à ces dangers que j'ai résolu de

nii,GtH>^le

AVANT-PROPOâ VII

jeter un peu de lumière sur un champ de bataille où beaucoup de combattants sont encore aux mains, et qui pourrait bien redevenir le théâtre d'une grande guerre.

Si les notes et les pièces que je publie sont insuffisantes, et peut-être inexactes en quelques points, ceux qui ont pris part à l'affaire ou leurs héritiers et ayant cause, pourront facilement les compléter ou les rectifier. Je serais le premier à m'en réjouir et le public y trouverait profit.

L'amour de la religion et de la patrie me feront pardonner ce que l'exécution de mon dessein présente d'imparfait.

Je l'espère d'autant plus qu'on a témoigné de la faveur aux ouvrages où j'ai étudié l'attitude des catholiques de France vis-à-vis des questions historiques et bibliques. Puisse-t-on lire avec autant d'utilité ce livre consacré à leur position vis-à-vis des questions politiques et sociales !

Paris, !*'■ décembre igoS.

n,jr„-rnii,GtH>^le

Le catholicisme aux Etats-Unis dans XIX- siècle. — Les débuts. — L'îrr lisme, démocratie et rcligLou.

Quand éclata la guerre qui les constitua (1775-1783), les Etats-Unis de l'Amérique du Nord comptaient trois ou quatre millions d'habitants parmi lesquels il n'y avait guère plus de trente mille catholiques. Ce petit troupeau était gouverné par un vicaire apostolique, le docteur John Carroll, qui fut sacré évêque de Baltimore, le i5 août 1790. il fonda la hiérarchie romaine dans la nouvelle République, Trente prêtres formaient tout son clergé ; les monuments du culte se réduisaient à quelques pauvres églises et chapelles. Pour instruire les

ivC.(.H)glc

Page 1