‹ L'américanismeChapitre 4 sur 120 · LES DEBUTS · texte numérisé non relu

LES DEBUTS

jeunes gens, la petite « secte » ne possédait que le collège de Georgetown, tenu par les jésuites.

La véritable situation du catholicisme était encore plus misérable qu'on aurait pu le supposer en considérant la statistique de ses membres et de ses possessions. En 1785, dans son rapport qu'il envoyait à la Propagande, CarroU déclarait qu'un esprit « schismatique » existait dans son clergé et parmi ses fidèles. En 1789, il écrivait encore :

« Chaque jour me donne maiîÈre à de nouvelles réflexions et presque chaque jour produit de nouveaux événements qui 'alarment ma conscience et excitent mes craintes pour l'avenir. Vous ne pouvez ' concevoir la peine que je souffre déjà et la peine plus grande encore que je prévois de ce pêle-mêle d'ecclésiastiques de différents pays ei de formation diverse qui viennent chercher ici un emploi. Je suis forcé d'en employer quelques-uns, et ils se mettent bientôt à causer du désordre. 0

Le tableau que l'évêque John-Lancaster Spalding trace des débuts n'est guère plus flatteur :

« A New-York, à Boston, à Philadelphie, des prêtres égoïstes et insubordonnés, au lieu de pro- )ir l'union et la charité parmi le peuple, sei germes de la discorde et du scandale. Un schisme déplorable se produisit à ja Nouyelie-

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Orléans, en i8o5, ei l'évêque Dubourg (i) se trouva sans prêtres et sans moyens de propager la religion. Finalement, après beaucoup de difficultés, il se relira à Saint-Louis.

" Dans la Caroline du Sud, les progrès de l'Eglise furent troublés par de misérables dissensions. A Charlesion, quoique le nombre des catholiques eût augmenté par immigration, tout progrès réel fut empêché par ces scandales. En i8og, trois catholiques seulement, dit-on, reçurent la communion pascale. Une petite colonie de catholiques du Maryland s'était établie en Géorgie. Les prêtres qui en avaient la charge la négligèrent; elle apostasia. Le mauvais système du « trusteeism » (sorte de conseils de fabrique) fut une autre source de troubles constants. A plusieurs reprises il sembla menacer de désorganiser l'Eglise encore si jeune et qui avait tant d'autres ennemis à combattre. Les « trustées » cherchaient parfois à étendre leur pouvoir sur l'évêque, le prêtre, l'église. Les laïques catholiques, suivant l'exemple des protestants, semblaient sur le point de réclamer que l'administration des affaires ecclésiastiques fût remise entre leurs mains, que le clergé devint leur serviteur et s'apprêtât à célébrer les services religieux dans la manière qu'ils l'exigeraient. Ce mal continua d'être une source de scandales ei de schisme pendant plusieurs années, et II éloigna incontestablement de l'Eglise un grand nombre de fidèles. On courut alors le danger que ce mouvement ne donnât le prétexte à l'autorité civile de s'immiscer dans la propriété de l'Eglise et dans les autres affaires ecclésiastiques.

.(i) Mort archevêque de Besançon, le la décembre i833.

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4 l'immigration

0 Ce fut alors qu'une vaste immigration catholique commença à s'épandre sur une contrée où l'Eglise romaine était à peine capable de lutter avec les difficultés qui l'entouraient déjà. Il était évidemment impossible de pourvoir aux besoins religieux de cette nouvelle population. Les immigrants s'établirent par tout le pays et bien souvent là où îl n'y avait ni église ni prêtre.

B En pareil cas, ils étaient nécessairement privés des sacrements et leurs enfants grandissaient sans instruction religieuse. Les prêtres étaient forcés de restreindre leurs efforts principalement aux villes dans lesquelles vivaient la plus grande partie des catholiques. Il est aussi digne de remarque, que beaucoup de ces premiers missionnaires ne parlaient l'anglais que très imparfaitement, et qu'ils n'étaient guère familiarisés avec les habitudes et les manières du peuple au milieu duquel ils étaient appelés à travailler.

B II ny avait rien alors qui ressemblât à un système d'instruction catholique, et pendant longtemps les rares écoles catholiques existantes, à l'exception d'un petit nombre de collèges et d'académies, furent de la plus misérable espèce. En vérité, je crois que je puis dire que c'est seulement récemment que beaucoup de penseurs et d'observateurs, dans l'Eglise des Etats-Unis, ont compris la souveraine importance de l'éducation catholique.

« D'autres circonstances encore conspiraient contre le progrès de l'Eglise. Les catholiques immigrants, généralement pauvres, souffraient évidemment beaucoup des rigueurs d'un climat qui n'était pas le leur. Leur mortalité était grande et, en conséquence, nom-

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