‹ L'américanismeChapitre 38 sur 120 · ENFANT AU MAILLOT · texte numérisé non relu

ENFANT AU MAILLOT

■' Non seulement je ne crois point à la stabilité du gouvernement Américain, mais les établissements particuliers de l'Amérique Anglaise ne m'inspirent aucune confiance. Les villes, par exemple, animées d'une l'aiousie très peu respectable, n'ont pu convenir du lieu où siégerait le congrès; aucune n'a voulu céder cet honneur à l'autre. En conséquencce, on a décidé qu'on bâtirait une ville nouvelle, qui serait le siège du gouvernement. On a choisi l'emplacement le plus avantageux sur le bord d'un grand fleuve; on a arrêté que la ville s'appellerait Washington ; la place de tous les édifices publics est marquée ; on a mis la main à l'œuvre et le plan de la cité-reine circule déjà dans toute l'Europe. Essentiellement, il n'y a rien là qui passe les forces du pouvoir humain ; on peut bien bâtir une ville, néanmoins il y a trop de délibération, trop d'humanité dans cette affaire et l'on pourrait gager mille contre un que la ville ne se bâtira pas, ou qu'elle ne s'appellera pas Washingtonou que le congrès n'y résidera pas(i). n

Si superbe qu'ait été cette confiance dans les « principes » les événements l'ont confondue. La ville s'est bâtie, elle s'appelle Washington et le congrès y réside encore.

Néanmoins l'école pour laquelle Joseph de

{]) Ibid. ch. Vil, fin. Peu flatté du jugement prononcé par de Maistre sur sa patrie, le P. Hecker dit qu'il "n'est pas moins en contradiciton avec ses propres doctrines politiques qu'avec les ïëriiéa de sa foi catholique a. The Churck and the Age, p. 84.

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ENCORE A NAITRE loi

Maistre est un « voyant » (i), un « prophète » tout en laissant tomber dans Toubli son oracle sur la capitale des Etats-Unis, répète toujours son jugement sur la grande république fédérative. En 1897, un théologien français, M. l'abbé Charles Maignen, le commentait ainsi :

" Cent ans ont passé sur cette boutade du grand philosophe et les faits nous prouvent que 1' « enfant » n'est même pas au « maillot », il est encore à naître. Des races ennemies se heurtent et s'entrechoquent dans les flancs du continent américain, comme Esaù et Jacob dans le sein de leur mère ; peut-être de cette longue gestation, de l'enfantement douloureux qui s'annonce, un grand peuple, une puissante nation naîtra ; cela est possible ; cela est même probable et désirable ; peut-être se formera-t-il sur l'autre hémisphère plusieurs nations ; mais il n'y a présentement que des prévisions et des espérances ; on ne sait pas, on ne peut pas savoir ce qui sortira de ce chaos (2).D

(]} Expression du chanoine Delassu

, L-Américanisme el la

conjuration, p. i.

(2) Le Père Hecker est-il un sain

? p. 171. — Cf. ibid.

p. 214: M. Maignen ajoute en s'ad

essant à l'archevêque

Keane ; « Vous qui vivez au milieu de

ces populations déraci-

nées d'immigrants qui errent sur le va

ste continent américain

sans trouver un lieu de repos, vous

ne voyez apparaître les

distinctions de nationalités et de ra

es que dans les lunes

pour ta vie, les jalousies, les haines, les hostilités intlii duelles..,» Là-dessus un yankce remarque: 0 Les Américair pour lui, ne sont guère que des Bédouins, a La Genèse..., p. 1

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