LETTRE DE M. KLEIN
subtilité, mais complètement et dans le sens naturel OLi les a réprouvées Votre Sainieié ; irop heuretjx que je suisdepouvoir ainsi secouer d'injurieux soupirons et professer une fois de plus mes sentiments d'absolue soumission à la divine autorité de l'Eglise et de son chef visible, »
M. l'abbé Klein avait cru que par les mots « si je suis tombé, sans le vouloir m le savoir », il affirmait assez clairement n'avoir jamais soutenu, lui non plus, les « extravagances » condamnées, et ainsi le comprirent quelques adversaires avisés. Mais la démarche qu'il accomplit eti retirant son livre du commerce équivalait pour le public à une rétractation. Le moment était d'ailleurs aux condamnations et aux soumissions. Plusieurs ouvrages d'HermannSchell, celui que les classificateurs d'hérésie représentaient comme le chef de l'américanisme allemand, étaient mis à l'Index (i) et reprouvés par leur auteur.
Aussitôt que le texte de l'encyclique Testem eut été connu aux Etats-Unis, le P. George Dcshon, le supérieur général des paulistes, envoya au pape une longue lettre d'adhésion.
« S'il est, disait-il, soit dans la doctrine, soit dans la Vie du pire; Hecker, quelque point dont
LES PAULISTF.S ?5-
Votre Saînieié dans sa sagesse, juge la correction nécessaire, nous acquiesçons de tout cœur à l'avis du Saint-Siège... Nous nous engageons à ne vendre et à ne faire circuleraucun exemplaire du livre intitulé : la Vie du PèreHecker, jusqu'à ce qu'il ait subi, conformément au jugement du Saint-Siège une complète correction (r). ».
Les paulistes retirèrent du commerce la Vie du P. Hecker, pour la corriger. Il n'en restait plus que quelques exemplaires. Le livre qui n'avâit qu'à peine été remarqué avait obtenu, de par les récents événements, un prodigieux succès de curiosité. Un prêtre américain écrivait :
« De tous les coins et recoins de la chrétienté à mesure que la nouvelle de l'Encyclique Papale est parvenue, aussitôt des ordres ont été expédiés par poste et télégraphe h tous les libraires de New-York d'envoyer la biographie de cet homme remarquable. En quelques heures le stock aux mains des libraires en détail fut épuisé et les ordres inondèrent les commerçants de livres catholiques (2). »
L'archevêque de Baltimore, le cardinal (iib-
{ij
, jg|,
re ,lai
tce du
fÉvrie
r, publiée c
Vèri
lé F.
t-ança,
'<se du
La
Vériti
;, i-n Dl
<ai
Le Signal,
hyGoo^le
35S LKPISCOPAT DÉS ÉTATS-UNIs'
bons, écrivit au pape une lettre telle- que Rome n'a jamais voulu la publier.
Les archevêques de Boston (Mgr Williams), Saint-Louis (Mgr Kain), San- Francisco (Mgr Riordan), comme leur ami l'archevêque de Saint-Paul, déclarèrent répudier absolument les extravagances américanistes mais, à leur connaissance, elles n'existaient pas aux Etats-Unis. . Les archevêques de Cincinnatti (Mgr Elder) et de la Nouvelle-Orléans (Mgr Chapelle), ainsi que leurs sufîragants, accusèrent respectueusement réception de la lettre pontificale, firent un acte de foi sur ses enseignements, mais sans allusion aux circonstances.
L'un des évéques de la province de Cincinnati, Mgr Horismann, de Cleveland, à qui cette vague adhésion ne semblait pas suffire a déclaré en particulier que son clergé était conservateur et qu'il n'entendait pas diminuer ni réduire les choses de la fbi(i). Il ajoutait-encore le 24 mai 1899:
" Après informaiion prise, je n'ai pas trouvé qu'aucun membre de mon clergé ait lu la Vie du P Hecker, par le P. Elliot, si ce n'est assez longtemps après la coniroverse qu'elle a soulevée en France et en Belgique. C'est alors que je l'ai lue moi-même
(r) Lettre publiée par La Vérité, i, avril 1899.
L F.PISCOI'AT DRS KTATS-UNIS ?J9
B Les erreurs condamnées par Noire Saint Père sont certainement contenues dans cette « Vie du P. Hecker.». Affirmer que le pape a condamné ces erreurs sans une pleine connaissance et ijne étude de l'auvrajîe original anglais est tout simplement absurde. Dire que cette condamnation n'est pas opporiune et n'csi pas applicable à notre pays, c'est encore pire, car c'est manquer de respect au Vicaire de Jésus-Christ (il- "
L'ai^chevêque de Philadelphie (Mgr Ryan) et ses sufiragants félicitèrent chaleureusement le pape en l'informant que bien peu des fidèles confiés à leurs soins étaient infectés des faux principes si justement condamnés.
L'archevêque d'Orégon-City (Mgr Christie) et ses suffragants remercièrent le Souverain Pontife de ce qu'il venait de signaler une erreur naissante que n'apercevait pas facilement la multitude. Ils admiraient les efforts d'un nonagénaire pour confirmer la foi dans les régions les plus éloignées du globe.
L'archevêque de New-VorU (Mgr Corrigan] appelait l'américanisme un monstre et le déclarait mort, déjà tué par le Saint-Père (2).
(i) Lellrc publiée .ians Maisnen, \ou>: calli., p. yS, (i) Il paraît que la lettre envoyée à Rome par l'archevêque Corrigan ne représentait pas les vues de tous ses suflVagauis, Deux d'ancre eux, qui avaient refusé d'y adhérer avant il'en