‹ L'américanismeChapitre 75 sur 120 · L EPISCOPAT DES ETATS-UNIS · texte numérisé non relu

L EPISCOPAT DES ETATS-UNIS

L'archevêque de Milwaukee (Mgr Katzer} et ses suffragants écrivirent plus longuement :

« En remerciant Votre Sainteté du fond de nos cœurs, pour la paternelle indulgence avec laquelle, en condamnant les erreurs, Elle rappelle à la vraie doctrine ceux qui s'en étaient écartés, nous ne pouvons nous empêcher d'exprimer notre douleur et notre juste indignation en voyant un bon nombre de nos concitoyens, et surtout la plupart des journalistes catholiques, affirmer qu'ils réprouvent et rejettent les susdites erreurs et proclamer cependant à toute occasion, à la manière des Jansénistes, que presque personne parmi les Américains n'a soutenu ces fausses opinions, et que le Saint-Siège, trompé par de faux rapports, a frappé dans le vide et poursuivi, en quelque sorte, un fantôme.

« Aucun catholique digne de ce nom ne peut manquer d'apercevoir combien un tel procédé est injurieux au Saint-Siège infaillible et opposé à la vraie foi ; alors qu'il est certain que ces opinions erronées ont été plus ou moins formellement proclamées parmi nous par la parole ou par la presse ; alors surtout qu'aucun catholique ne peut contester au magistère de l'Eglise le droit de se prononcer non seulement sur les vérités révélées, mais encore sur les faits dogmatiques et de juger infailliblement du sens objectif des doctrines et de l'existence des erreurs.

dans les journaux revctue de leur signature. [La Genèse... p. î4)

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B Nous déplorons en outre avec force ce que disent et écrivent mÉme certains catholiques, qui ne craignent pas de dénoncer ceux qui ont reconnu l'existence parmi nous des erreurs de raméricanisme et qui ont exprimé à Votre Sainteté leur adhésion et leur reconnaissance pour sa Lettre apostolique, comme s'ils étaient moins attachés à leur pays et aux institutions américaines, alors qu'il est évident pour tout esprit sincère que ladite Lettre apostolique ne contient aucune censure, ni contre la République américaine, ni contre nos lois et nos insiiiuiions, ni enfin contre les mœurs ou les traits particuliers du peuple américain (t). n

En réfutant les accusations auxquelles étaient en butte les évêques qui reconnaissaient chez eux l'existence des erreurs condamnées, ces pré- ■ lats se défetidaient eux-mêmes, prévoyant les injures que leur vaudraietit leur lettre. Ils furent en effet maltraités par un certain nombre de journalistes qui, pour l'honneur de l'Eglise aux Etats-Unis, déclaraient que les erreurs censurées étaient un mythe (a). On remarquait

(i) La (raduction de cette Iciire est donnée en entier dans Maignen, Nouv. Cath., p. (J2-96.

Rome ne reçut pas de réponse de trois provinces ecclésiastiques : Les arclievéques de Chicago et Dubuque étaient malades. L'archevêché de Sama-Fé était vacant.

(i) Voyez pariieuliérement The Norlliwestem Chronicle, de Saint-Paul, II et a5 août; The Caîholic Cili ^eii, de Milwaukee, ig août; The Calholic Columbian, 12 août.

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naturellement que les évêques qui en parlaient étaient des Allemands et que Milwaukee était le siège du Cahenslyisme : c'était le Germanisme contre « l'Américanisme (i) ».

Le journaux des Etats-Unis avaient manifesté beaucoup d'humeur de ce que la manière d'adapter le catholicisme eût été dénoncée à Rome. « Si le heckérisme est censuré, disait l'un d'eux avant l'encyclique (2), cette condamnation sera saluée comme un coup porté à l'américanisme » et, considérant que le catholicisme augmentait aux Etats-Unis et qu'il diminuait en Italie, il souhaitait que les autorités romaines s'occupassent, non de cette controverse, mais d'organiser un corps de missionnaires pour la conversion de leur péninsule, d'après le plan indiqué par le P. Hecker pour la conversion du Nouveau Monde.

Après l'encyclique beaucoup de journaux catholiques et protestants se permirent de sem-

(1) M. de Rousiers juge ainsi l'attitude du parti étranger des Etats-Unis dans cette querelle : o Lorsque l'américanisme a fait son apparition en Europe et qu'il y a soulevé des controverses, le German party d'Amérique et tout ce qui s'y rattache s'est empressé de prendre part à la querelle; malheureusement, il y a apporté une âpreté très peu apostolique. Son intervention a considérablcnent grossi et souvent dénaturé certains incidents dans lesquels aucun principe essentiel n'était engagé, n Op. cit., p. Big.

(î) Le CathoHc Citizen.

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