EN FRANCE
tique et solennelle de l'américanisme avant, sans et après l'Heckerianisme ; c'est ensuite la réponse péremptoire au pamphlet de M. Maignen et des aniiaméricanistes; c'est enfin la condamnation des doctrines atiribuées au P. Hecker. Encore, certe condamnation a-t-elle un caractère hypothétique... « Les réfractaires ne désarmeront pas, nous n'en
« Le Saint-Père a approuvé, officiellement autorisé les méthodes d'action et de travail de l'Eglise et delà démocratie américaines. Servons-nous-en dans la mesure de nos forces, de nos besoins et de nos conditions. L'américanisme c'est le catholicisme intégral, tel que le requiert l'ensemble des transformations dont le monde est le théâtre. »
Numéro du 7 mars :
a Nous donnons aujourd'hui in extenso, en supplément, la lettre au cardinal Gibbons, ainsi que le texte des déclarations, sous forme de lettre, de Mgr Ireland, de Mgr Keane et de M, l'abbé Klein. Nous avouons que nous n'avions pas d'abord l'intention de publier, au moins dans toute leur teneur, ces ■ documents, soit parce que notre si distingué collaborateur Richeville avait . suffisamment fait connaître le principal, soit parce que ce qui fait l'objet réel de la lettre du Saint-Père ne nous parait guère avoir d'application en France. Cet objet, ce sont des doctrines ihéologiques dont l'expression peut être trouvée dans la Vie du Père Hecker, et qui ne sont professées chez nous par personne que nous sachions. »
ibS EN FRANCE
Numéro du 14 mars :
" La leitre est destinée aux Atnéricains, mais comment se fait-il qu'elle paraisse s'adresser autant aux catholiques français?... C'est sans doute que la Vie du Père Hecker, occasion de la lettre, a été traduite dans tiotre langue et présentée au public avec une solennité que comportait évidemment le sujet, mais qui a jeté un brandon de discorde dans les partis. Mais pourquoi ce livre a-t-il eu cette fortune ? Pourquoi a-t-il été plus particulièrement bien accueilli par les démocrates chrétiens et ardemment attaqué par leurs adversaires, c'est-à-dire par les libéraux et les gallicans? Malgré les différences de fond, l'américanisme et la démocratie chrétienne se sont reconnus comme des frères et se sont donné réciproquement des témoignages d'affection et d'estime...
" C'est l'idée de progrès fièrement inscrite sur le front de l'américanisme, qui a été une force centrifuge pour les uns et une puissante force d'attraction pour les autres ; les hiboux ont fui la lumière, les autres ont amoureusement regardé le soleil.
B Les Américains rêvent de progrès, de conquêtes matérielles et morales par le développement de la puissance personnelle, des facultés individuelles; les démocrates chrétiens, par le perfectionnement des lois sociales ; c'est toujours le progrès, et ce rêve remplit le cœur des uns et des autres de la même ivresse. Ainsi se sont formés entre deux groupes particuliers de catholiques des deux continents des liens de sympathie et une solidarité glorieuse que les violentes attaques et inimaginables calomnies dont elle a été l'objet ne peuvent que fortifier. Ainsi
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l'article de 0 l'italie n 369
5'expliqbe aussi l'extension à d'autres que les Américains de la lettre du Pape au cardinal Gibbons, et
sa répercussion sur nos querelles particulières (i). »
Dans un article très remarqué L'Italie du 6 mars 1899 publiait les informations suivantes sur la nature et la portée de la lettre Testent benevolentiae :
a II est impossible de séparer désormais la lettre de Léon XIII au cardinal Gibbons de la lettre de Mgr Ireland, publiée dans l'Osservatore Romano. Cette dernière constitue l'interprétation la plus authentique qu'on puisse donner du document pontifical. Nous savons, de source la plus certaine, que, au Vatican même, on a fait savoir à Téminent archevêque de Saint-Paul que sa lettre avait traduit de la façon la plus juste et la plus adéquate la pensée intime et vraie du Souverain-Pontife.
a Les aniiaméricanistes affectent de triompher, mais la vérité est qu'ils ont été complètement déçus. L'abbé Maignen notamment dans son journal, fait semblant de crier victoire ; ses déclamations vides et échauffées ne donneront le change à personne. L'impression générale qui tend à dominer et qui dominera de plus en plus est que l'américanisme, le vrai, — non celui qu'avaient forgé pour les besoins de leur cause, les ennemis de Mgr Ireland' — n'a pas reçu la moindre atteinte, et qu'il sort, au contraire,
(i) Ces articles de M. Dab'ry furent tris remarques et ils semblent avoir relevé le courage des démocrates catholiques.
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^jo l'article de 11 l'italie »
triomphant de l'épreuve. On en aura bieniôt l'éclatante démonstration.
0 Non seulement, au Vatican, on s'est montré extrêmement satisfait de l'attitude de Mgr Ireland, mais nous savons que l'archevêque de Saint-Paul ne cesse d'être l'objet de la part des hauts personnages ecclésiastiques, des plus délicates attentions et que l'estimequeprofessaitpourlui Léon XIII n'a fait que grandir. On voulait l'écraser, ses ennemis n'ont travaillé au contraire qu'à lui élever un piédestal.
B Relativement à la lettre de Léon XIII au cardinal Gibbons, il paraîtrait, d'après des informations que nous avons lieu de croire exactes, que le canevas du document pontifical avait été fourni au Pape par les cardinaux Satolli et Mazzella. Le cardinal Satolli est un transfuge de l'américanisme et il a voué une haine féroce au parti qu'il avait jadis soutenu, à Washington, qu'il a déserté, à Rome, pour des motifs qu'il est inutile de rechercher ici. Quant au cardinal Mazzella, qui est d'ailleurs un théologien de marque, appartenant à la Compagnie de Jésus, son opposition à l'américanisme n'a rien que de très explicable, puisque, pour des raisons trop longues à développer, les jésuiies se sont consiiiués les adversaires implacables de Mgr Ireland et de son groupe. Dans ces conditions on peut facilement s'imaginer dans quel esprit et en quels termes était rédigé le premier document soumis à l'approbation de Léon XIII. Heureusement, le Pape, avec sa sagacité habituelle et ses sympathies secrètes pour l'américanisme est intervenu.
« Aidé du cardinal RampoUa, favorable lui aussi, in petto, à la cause de l'américanisme, il a fait subir
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l'article de « l'italie b 371
au canevas des cardinaux Satolli et Mazzella des modîHcations radicales. On a retranché, expurgé, biffé, raturé, ajouté. Le document primitif est devenu absolument méconnaissable. Le Pape n'en a laissé subsister que juste assez pour accorder une satisfaction apparente au fort courant antiaméricaniste qui s'était formé à Rome ces derniers mois. Peut-être quelques-uns estimeront-ils que cette satisfaction est encore de trop, mais il faut tenir compte de la situation générale. La coalition surgie ici contre l'américanisme réunissait les éléments les plus divers et dont quelques-uns exercent une influence avec laquelle le Pape est obligé de composer. Le document pontifical sur l'américanisme, document qui ne formule aucune condamnation et qui se borne à donner des avis et des conseils est essentiellement un acte d'opportunisme politique qui trouve son explication et même sa justification dans un ensemble de circonstances.
0 Du momeni que le Pape avait décidé de formuler un avis sur la question, il faut reconnaître qu'il Ta fait avec un esprit relatif de mesure et d'équilibre qu'il est impossible de ne pas reconnaître. Les américanistes auraient sans doute préféré que rien ne fut publié, mais de leur côté les antiaméricanistes ne peuvent se déclarer satisfaits de ce qui a été publié. Telle est la vérité vraie, n
La Justice sociale de Bruxelles se défendit aussi de son lïiieux contre les plaisanteries des libéraux belges. M. l'abbé H. Moellery écrivait:
a Comme Mgr Ireland le dit très bien, c'estl'um^-
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