‹ L'américanismeChapitre 82 sur 120 · DISTINCTIONS · texte numérisé non relu

DISTINCTIONS

Dès 1898, Mgr O'Connell avait déclaré l'Heckerisme stupide et méprisable, en se proclamant partisan de raméricanisme. L'abbé Dufresne, au contraire, avait rejeté l'américanisme dont le nom lui semblait tout aussi fâcheux et malsonnant que le gallicanisme et l'anglicanisme, et il avait conservé toutes ses anciennes prédilections pour le fondateur des paulistes.

Après l'encyclique les distinctions se multiplièrent. Pour les uns ce qui était condamné c'était le « Kleinisme » et M. l'abbé Klein était le seul auteur du trouble de l'Eglise, et par l'exagération de sa préface et par l'infidélité supposée de la traduction de la Vie du Père Hecker{i). D'aucuns qui reconnaissaient combien au contraire la vie avait été exactement traduite dans son ensemble, et combien elle avait, en quelques détails, prudemment estompé des libertés de langage tout américaines, n'incriminaient point M, Klein, mais ils parlaient d'un Heckerisme continental et c'était précisément le sens condamné [2). Quant à l'Heckerisme américain et à la personne même du Père

(1) Système formulé d'abord dans la brochure de M. Coppinger : La polémique Française sur la Vie du P. Hecker.

(s) Voy. La Voce del Popolo (Locarno. 4 mars rSgg; La Galette de Lausanne, 38 février 1899; il y a des nuances enirc

ivC.(.H)glc

Hecker, on les déclarait indemnes de toutes censures (i). D'autres sacrifiaient le Père Hecker qu'ils jugeaient excentrique et indéfendable, pour sauver l'américanisme (2). Enfin se produisit la distinction du pseudo-américanisme a justement flétri par le Saint-Siège et par Mgr Ireland (3) » et le vrai américanisme, l'américanisme politique, celui du P. Hecker et de

les expressions de toutes ces distinctions même dans les journaux qui semblent adopter ou exposer la même position.

M. l'abbé Naudet, Justice sociale (Paris), ii mars, semblait se rallier à ce système en disant qu'il y aurait n une distinction très réelle à établir entre ce que I' « Américanisme ï a de sagement audacieux et ce que 1' « Heckerianisme » peut avoir de prématuré et aussi d'aventureux, u

0 L'abbé Klein, ajoutait-Il, esprit très distingué et d'une grande élévation de sentiments, n'avait peut-être pas fait suffisamment !e départ de ces deux esprits dont le second pouvait aller jusqu'à fausser une méthode excellente en l'exagérant. Il avait vu l'idée, il l'avait trouvée noble et belle et il était parti afin de l'exposer à ceux qui ne la connaissaient pas. B Article réimprimé dans la Démocratie el les Démocrates chrétiens, p. 144-146.

[1) Voyez un article de Richeville dans La Vie catholique du 11 avril 1899; cf. Vérité, 5 juin 1901, art. de M. Maignen, reproduit dans Nouv. cath,, p. [58-[6i.

(3] Là dessus voy. un article de M. Coppinger dans la Vie catholique du 5 avril 1899. Le Soleil du 7 mars, The Irish Catholic, Dahlia, [5 avril, he Journal de Genève, 17 février, donne cette distinction comme formulée par un ami de Mgr Ireland.

(3) Expression et distinction de Mme Bellamy Storer.femme de l'ambassadeur, dans un article de Durendal, revue catholique d'art et de littérature, éditée à Bruxelles, n° de mal

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Mgr Ireland, celui qui avait été « approuvé et béni» par Léon XIII (i).

Bien que M. Charbonnel fût sorti de l'Eglise et que, semble-t-il, il eût eu intérêt à représenter les libéraux qui s'obstinaient à y rester comme déloyaux et hérétiques, il alla pareillement à leur secours. Il écrivait :

■1 Une belle et noble défense de VAméricatiisme^ pourtant, était à instituer. Et elle eût pu l'être avec un respect sincère de la condamnation pontificale. C'est qu'en effet le pape a argumenté comme à l'ordinaire les théologiens et qu'il a mis au compte des Américanistes, pour les mieux combattre, des » extravagances » (selon le mot de Mgr Ireland), et des a erreurs » qu'ils n'ont, je croîs, jamais soutenues. Encore une fois, les cinq proposiiions n'auront pas été dans Janscnius. Il eût été aisé à Mgr Ireland et à M. l'abbé Félix Klein de le démontrer.

a i" Les Américanisles, par exemple, n'ont jamais dit que l'on dùi taire certains points de doctrine comme étant de moindre importance, ou que l'on diit les atténuer jusqu'à en changer le sens. Ils ont dit et pu dire avec raison qu'il est vain de s'attarder en de vieilles affirmations et querelles dogmatiques anciennement résolues, et qu'il faut tirer des doctrines,

(1) La Genèse, p. N-y. — Voyez la brochure de Mgr O'Connell. VAméricanisme. Il y esl dit que ce moi, dans l'esprit du P. Hecker révélait un double sens: l'un politique, l'autre ecclésiastique. Comme le sens ecclésiastique désigne « cette relation particulière qui existe entre l'Eglise et l'Etat en Amérique, s ce sens est également politique.

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