LA QUINZAINE
Au moment où M. Charbonnel publiait sa thèse, M. Georges Fonsegrîve dans la Quinzaine du I" avril essayait de rétablir les affaires de son parti, en prouvant que les formules n'ont point le même sens pour les Français que pour les Américains, et que nombre de théories prétendues américanistes sont inattaquables entetidues « hypothétiquement », comme le disent les théologiens, c'est-à-dire provisoirement et par tactique (1).
Mais si tous ceux qui étaient suspects d'hérésie essayaient de justifier ou tout au moins de nier leur mauvais cas, le public pouvait croire qu'ils étaient accusés et condamnés à tort, ce qui était fâcheux pour les accusateurs et pour le juge infaillible. L'évêque de Nancy porta donc ce jugement sur la thèse de M, Fonsegrive ;
a La conclusion de cet article que l'auteur essaie de dissimuler sous des formes vagues, sophistiques et parfois inintelligibles, mais qui s'impose logiquement, est que la lettre du Pape à S. Em. le cardinal Gibbons sur ï Américanisme doit être tenue pour aveugle et inique. »
Aussi le prélat condamna-t-il l'ariicle par un acte solennel, longuement motivé.
(1) L'article de M. Fonsegrive a élé critii^ué par M. Maignen dans Nouv. catk., pp. 70-83.
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LA QUINZAINE ij^
« Considérant, écrivaîl-il, que Nous ne pouvons pas permettre qu'une revue catholique, destinée spécialement aux ecclésiastiques et dont un certain nombre d'exemplaires circulent dans Noire diocèse, égare le clergé et les fidèles sur des opinions et des doctrines que Noire Saint-Père le Pape a condamnées pour « sauvegarder » — il l'a dit lui-même — B l'intégrité de la foi et veiller au salut des âmes ».
a En vertu de Notre autorité épiscopale, accomplissant un des grands devoirs de Notre charge, Nous déclarons repousser et condamner l'article de la livraison de la Quini^aine du i" avril 1899, intitulé : Américanisme et Américains, comme donnant de la lettre de Notre Saini-Père le Pape à S. Em. le cardinal Gibbons, du 22 janvier 1899, une interprétation inexacte, erronée et très gravement injurieuse à l'égard de l'autorité du Saint-Siège apostolique et de la personne auguste de Léon Xltl ([}. »
L'évêque d'Annecy adhéra aussitôt à cette condamnation par la lettre suivante :
« Monseigneur,
a Je reçois avec beaucoup de reconnaissance la communication que vous voulez bien me faire de la condamnation que vous allez porter contre un article
(i) Cet acte a été reproduii dans La Viriti du i5 avril :8gg, et dans Nouv. catli., pp. 458-465. La Vérité Française du 8
réelle u, t puisque Rome a [ugé nécessaire de la condamner et que la plupart des évéques américains ont proclamé que ce n'écatc point un fantAme. n