‹ L'américanismeChapitre 90 sur 120 · LA GALERIE · texte numérisé non relu

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fées par l'autorité de l'Etat, anathématisées par l'Eglise (i). .

Les adversaires de l'Eglise disaient qu'elle lui avait répondu.

(0 Vie, p. 287.

iphe des inlégristes. — La suppression de la liberté M"* Marie du Sacré-Cœur. — Le chanoine Delassus. — La démocratie chrétienne sera-l-elle condamnée ? — Mgr Ireland en France.

Le 18 mars 1899, le pape, recevant en audience le supérieur de la Congrégation des Frères de Saint-Vincent de Paul, lui disait: « Le docteur Maignen doit être content de ma lettre sur l'américanisme, La soumission se fait bien, mais il faut être vigilant. »

Si édifiante que fût la soumission, les américanistes croyaient généralement que, soit par une permission de la divine Providence, soit parce qu'il y avait eu dans leurs débats plus de quiproquos que d'études sérieuses, les idées fondamentales du P. Hecker et de ses partisans sortaient indemnes de l'intervention pontificale. Les uns jugeaient que le pape avait seulement condamné l'américanisme tel que ses adversaires,

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et peut-être lui-même, se le figuraient; les autres, plus avancés, pensaient que l'encyclique Testem était un document destiné à imposer une paix provisoire, mais qui, comme beaucoup de documents pontificaux, ne correspondant point à Texacte réalité des choses, aurait bientôt besoin d'être expliqué, commenté et même changé.

Néanmoins, si américanîste que l'on fût, il était incontestable que toutes les apparences de la victoire, et même la victoire réelle du moment restait aux antiaméricanistes. Le retrait du commerce des éditions anglaise et française de la Vie du P. Hecker, le désarroi des chefs du parti, les subtilités avec lesquelles ils prétendaient ne point être atteints, semblaient, à leurs yeux mêmes, donner à leurs adversaires, la Vérité Française, La Croix, Le Courrier de Bruxelles, le P. Delattre, l'abbé Maignen, un juste sujet de triomphe. Ceux qui se réclamaient à un titre ou à un autre du P. Hecker furent alors maltraités, et la personne même de leur patron soumise à de dures appréciations (i). Sans aucun doute le zèle dont les vieux partis firent alors preuve était autant politique que doctrinal : pour beaucoup ce fut de l'antidémocratisme et particuHè-

(i) Voyez par exemple La Cf'tii7(à Cat/o/ica des 6 et iStr

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rement une excellente occasion de déconsidérer les abbés démocrates. Le comité catholique et royaliste de Paris (i) émit une circulaire (2) reproduite par toute la France dans les journaux soumis à son influence. On y attaquait surtout M. l'abbé Naudet, « bruyant et prétentieux censeur de la doctrine traditionnelle », promulgateur « d'une sorte de Syllabus socialiste où s'encadraient les pires axiomes de l'école révolutionnaire, intéressant personnage » qui « voulait renouveler la théologie et la morale et bouleverser le catéchisme ».

Lespartiscatholiques réactionnaires et du5/iï/u quo se trouvaient alors d'autant plus forts qu'ils bénéficiaient du courant nationaliste. La crise politique causée par l'affaire Dreyfus compromettait le ralliement auquel ils s'étaient difficilement résignés. Beaucoup de membres du clergé retournaient à leurs anciennes idées absolutistes, rêvant du sabre et du coup d'état, sans même se demander ce qu'il adviendrait si le sabre était

([) Ce comité a porté les noms d'Union de la France chrétienne ei de Comité catholique de Paris; le cardinal Richard en fut le protecteur; MM, Chesnelong, Keller et d'Herbclot en élaient membres.

(i) Celte pièce commence par les mots; « Peu de temps avant de subir la crise qui a faiÈli l'enlever à notre affection, Léon Xlil, etc. » et dans les journaux motus dévols a la crise dont il n'est point encore remis. » Voyez par exemple La Vérité Française et te Moniteur du Cantal du 1 1 mars.

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anticlérical. Le libéralisme entrait dans une période d'éclipsé et des chefs de l'ultramontanisme s'exprimaient comme s'ils eussent préparé la suppression de la liberté de conscience, l'expulsion de France des juifs, des protestants et de leurs amis (i).

« Le grand mal social, disait un publiciste catholique, le mal profond, c'est la révolution protestante et libérale qui, depuis plusieurs siècles, a transformé et détruit l'ancienne société chrétienne ; c'est la liberté des cultes qui a conduit à l'indifférence religieuse et, par elle, à la laïcisation. La France ne se relèvera pas moralement, malgré tous ses efforts pour redevenir une nation prospère et forte, tant qu'elle ne sera pas guérie de ce mal radical. Ne peuton pas espérer d'elle qu'elle reviendra à l'ordre ?

« En somme, ce qui se passe à l'heure actuelle est une réaction inconciente, mais réelle, cpntre la liberté des cultes. L'instinct du salut, le vieil attachement à la tradition, le patriotisme ramènent, malgré elle, la France honnête, la France conservatrice à la loi catholique. Elle éprouve le besoin de se débarrasser des éléments étrangers qui l'ont envahie et qui la dissolvent. Elle ne veut être ni juive, ni protestante. Elle prend conscience du péril qui la menace du

(i) La littérature aniL-protesianie commence i Voyez les livres d'Ernesl Renauld, Le Péri! protestant (1899), La Conquête protestante {1900), el leur réfutation par Gaston Mercier, L'Esprit protestant el Anatole Leroy-Beau lieu, Les doctrines de haine (1901).

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