‹ L'américanisme et la conjuration antichrétienneChapitre 39 sur 73 · COMPRENNENT LA TOI AUTREMENT QUE NOUS. J · texte numérisé non relu

COMPRENNENT LA TOI AUTREMENT QUE NOUS. J

< Souhaiter le retour à l'unité des enfants de Dieu > est bien, tous les bons chrétiens expriment ce souhait au moins deux fois le jour : Adveniat regnum iuum ! Y travailler est mieux, c'est la mission que Notre-Seigneur Jésus-Christ a donnée à tous les prêtres : Pradicate evangeiium / Et c'est pourquoi les portes de l'Eglise doivent toujours rester ouvertes non seulement aux schismatiques et aux hérétiques, mais aux infidèles et aux rationalistes, pour qu'ils puissent y être reçus... mais non s'y faufiler.

Jamais n'ont été admis à y pénétrer i, ceux qui n'ont conservé que leur raison pour guide » ni « ceux qui comprennent la foi autrement que nous >, alors même qu'ils prétendraient aimer Dieu comme nous. La profession de la foi catholique, entière et sincère, pure et simple, a toujours été et sera toujours exigée par la douane, ou mieux par les sentinelles que Dieu a placées aux portes de sa cité. 11 y a des barrières qui ne peuvent être abaissées. Demander que cette douane soit abolie, que ces barrières soient délruHes, c'est vraiment entrer dans des voies toutes nouvelles, tout autres que celles

livies jusqu'ici ; c'est demander à l'Eglise de

LAMÉRICANISME

Dieu de se faire semblable à toutes les sectes qui, elles, acceptent tout venant, sans condition aucune, n'ayant aucune foi bien dé6nie à proposer.

Et en même temps, c'est faire les affaires de « l'Israélitisme libéral et humanitaire. Lui aussi conseille aux siens de ■? se débarrasser de tout ce qui empêche le judaïsme SE FAIRE ACCEPTER, afin de ne point mançtteri au prosHytisme qu'ils doivent exercer > {Arch.' Isr., p. 448, an. 1867). Lui aussi recommande de ^ faire tomber les darrièrei qui séparent ce qui doit se réunir un jour. > {^Arch. Isr., xxv, 514-52C.) Et cela pour l'avancement du grand œuvre en vue duquel ^ tous les hommes éclairés, sans distinction de culte, doivent s'unir, »

^ Le beau jour que celui qui verra tous les hommes, sans distinction d'origine religieuse, réunis dans la même enceinte ; tous les cœttrs remplis des mêmes sentiments d'amour, s'épan^ chant devant le même Dieu, père de tous lesj êtres j où tous seront nourris des mêmes priii" cipes de vertu, de morale et de religion : U haines des sectes disparaîtront, et l'harmonû régnera sur la terre ! Marchons dans cei

voie, fermes et résolus » {Archives Israélites, \iv, p. 628-629, ann. 1886).

Certes nous ne voulons point dire, personne ne peut penser que les Américanistes caressent les mêmes projets que les J uifs de \ Alliance- hraélile-Universelle, mais ils seront bien aveugles s'ils ne finissent point par voir que les idées qu'ils sèment, que les actes qu'ils iiccomplissent, sont de nature à acheminer les chrétiens vers cette religion vague où i. chacun, suivant sa conscience, conservera les pratiques dit culte rendu au Dieu unique et immatériel, ou les réformera d'après les principes d'un Israélïtisme libéral et humanitaire. >

Qui ne remarquera, ici encore, entre le programme de l'Israélitisme et les paroles du P. Hecker, une consonnance étrange.

€ Il savait bien, dit son biographe, que l'Américain non catholique aspire à traiter avec Dieu avec aussi peu de secours extérieurs que possible. Arriver à Dieu par sa seule activité spirituelle, sans s'arrêter aux bornes 'lus ou moins humaines, telle était son ambiliun d'âme. Il ne trouvait de satisfaction relï- ■^ieuse que dans une vie spirituelle oîi il put

traiter direclemenl avec Dieu, son Verl inspiré, son Esprit-Saint » (p. 336).

Non contents de proposer pour l'incor] ration des dissidents des procédés bien nouveaux, les Américanistes en proposent de non moins nouveaux pour maintenir dans l'Eglise — on pourrait presque dire malgré eux — ceux quejusqu'ici elle ne manqua jamais de rejeter de son sein, avec douleur, mais avec empressement.

Toujours, à toutes les époques, il s'est élevé dans l'Eglise de nouvelles hérésies, et toujours ces hérésies ont servi à mettre le dogme catholique dans une plus éclatante lumière.

Comment ce résultat a-t-il été obtenu ? Pj la polémique. Les docteurs, en combati l'erreur, ont fait éclater la vérité.

Il faut changer cela désormais. L'oratei déjà cité, du congrès de Bruxelles, disait : < Ce n'est pas par \a. pol/fniçue, mais par \'îr^niçue que nous aboutirons. »

Pour ceux qui ne savent point le gi disons que le premier mot marque la lutte, discussion, et le second, la paix, la tolérant la conciliation. Donc, selon les Américanisa pour aboutir à faire de tous les hommes

seul troupeau dans un même bercail, il faut désormais éviter toute polémique. La discussion avec les novateurs a jusqu'ici multiplié les divisions et les séparations, les schismes et les hérésies ; désormais, la tolérance, les baisers de paix, maintiendront toutes les brebis dans le bercail du Père de famille. — Peutêtre. Mais quelles brebis ? Et n'auront-elles pas bientôt fait de contaminer le troupeau?

Et jusqu'où devra aller cette tolérance ? Romanus va nous le dire : a. Le progrès des sciences physiques amène nécessairement avec lui des changements dans la croyance...

> Il y a probablement très peu de décrets «- cathedra qui ne puissent être éludés par l'un ou l'autre de ces procédés : adresse des théologiens à prouver par des raisons convaincantes que telle décision gênante, par quelque vice de forme, est dépourvue de force obligatoire, ou bien que la réelle signification de cette décision est tout à fait contraire à ce qui avait été précédemment supposé ou accepté, ou même contraire à ce qui paraît être sa vraie- signification. > (Contentporary review.)

Faire reculer le dogme au fur et à mesure

des prétentions de la science, lui sacrifier même les décrets ex caUiedra : ce serait peutêtre en effet le moyen d'avoir un catholicisme numériquement plus étendu que ne l'est la Sainte Eglise, mais ce catholicisme serait-il autre chose que la « religion universelle t révéc par \' Alliance Israélite ?

La morale du moins nous resterait- elle ? Oh ! pour ellt:, ils veulent la garder.

< Etant donnée l'absolue persuasion où est rAméricain que son pays est destiné à produire un étal social supérieur à ce qu'on a vu jusqu'ici, /a prtmière chose qu'il (Umande à mrnt rv/^ÀM, c'est de montrer de quoi elle est capable en cet ordre de choses (former tes vertus méturtZ/és 4t soda/rs). >

< ht pei^ilc améncain donne peu d'attentkux «ux clK^ses abstraites (comme le sont les ilo^imes) : ."'«/ // n'sMÙai qu'il eoHStdère dass t.A Mvu;„\tK. > (Introduction à la Vit du /V

HtVifr, pk XLV.)

Mm» dès que U OMcale est indépen< du dvigilke. tt «K kkistUe à chacun de l'entendre AMlln^'tt Etidtaa)Klfisvi£uxde\'AlltaH££f^méèlti t'm'wwtt seroot comblés. Chacun Jouant 4t < hi Kboté prmtifue > que les

du P.

Archives Israélites annonçaient en 1 868 comme devant être le partage de tous ceux qui entreraient dans i. la religion, universelle > où « aucune conscience ne serait troublée (i). »

Quiconque a lu l'histoire ne peut s'étonner de telles aberrations ; et pour les autres ils doivent se souvenir de la parole de Notre- Seigneur ; « Il est nécessaire qu'il arrive des scandales. » Ils sont nécessaires pour la même raison que tous les autres maux, pour la formation, l'épreuve et le perfectionnement des élus.

D'ailleurs, qu'on le remarque, les propositions que nous avons reproduites se présentent ici aux yeux du lecteur dans leur crudité. Elles n'ont point le même aspect dans les textes d'où elles sont tirëes. Là, elles sont entourées, enveloppées d'autres propositions acceptables, quelques-unes même fort séduisantes, qui jettent leur brillant sur les erreurs qu'elles amènent et en cachent le défaut aux yeux du lecteur inattentif, peut-être même aux yeux de l'auteur. Séduit, le premier, par le

î. Voit aux Documents, N. xxiv.

mirage de ses mots, c'est de la meilleure foi du monde qu'il séduit les autres.

C'est pour cela qu'il est nécessaire de dégager ces propositions, de les montrer dans leur nudité, et de dire : Voyez ce qu'elles sont ! (l)

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