I. Voir aux DocUMtNTS, N. xxv
i De la sorte, les religions sofU regardées du \ côté de l'homme. Elles sont considérées, moins comme des doctrines abstraites, plus comme un aliment de la personnalité morale, et IL ne
s'agit point tant de credo et de VÉRlTf, QUE d'aMEs croyantes ET DE SINCÉRITÉ. >
Donc plus de Credo, plus de vérités révélées : une idée, et encore une idée dans sa forme la plus générale ; voilà ce à quoi les congrès des religions doivent amener la religion. Car si l'on veut y préciser l'idée religieuse, la polémique se réveillera, encore une fois la religion ne sera plus « la charité > ; on verra reparaître € les divisions *, se renouveler « les hostilités religieuses » et « les haines sectaires ». Ecartons donc les dogmes et ne considérons la religion que du côté de l'homme et du bienfait que l'idée religieui peut lui apporter.
On conçoit qu'après avoir tracé ce gramme, le promoteur du congrès de Paris a ajouté ;
« C'est l'Eglise catholique, chacun en a le sentiment, qui devra faire, pour cette grande idée du congrès universel des religions, les, concessions les plus généreuses, j
Eh ! sans doute, seule elle a des dogmes immuables, seule elle aurait à se diminuer, ou (ilutôt à s'anéantir. L'auteur de ces lignes, M. Charbonnel, voulait bien donner l'assurance que 3 cette générosité (!) aurait son retour ».
Qu'on n'objecte point que ce programme est celui d'un apostat. M. Charbonnel. lorsqu'il le traça, non seulement était encore abbé, mais c'est après l'avoir tracé qu'il reçut les adhésions qu'on lira aux documents, et qu'il fut reconnu sans conteste organisateur du congrès projeté.
Mgr Keane avait donné de ces congrès à peu près la même idée dans le Bulletin de r Institut catholique de Paris par des paroles que nous avons déjà citées, en partie du moins, et qu'il faut relire ici :
« Puisqu'un trait distinctif de la mission de r Amérique est, par la destruction des barrières et des hostilités qui séparent les races, le retour à l'unité des enfants de Dieu longtemps divisés, pourquoi quelque chose d'analogue ne pourrait' il pas se faire en ce qui concerne les divisions et les hostilités religieuses ? Pourquoi les congrès religieux n'aboutiraient-
ils pas à un congrès international des religions où tous viendraient s'unir dans une tolérance et une charité mutuelles, où toutes les formes de religions se dresseraient ensemble contre tomes les formes d'irréligion ? %
Le premier de ces congrès — et, il faut l'espérer, le dernier, — eut lieu à Chicago. « 11 y avait là, dit Mgr Keane, des représentants de l'univers tout entier. Ils étaient venus de rinde, de la Chine, du Japon, de la Perse, de la Palestine, du monde entier. » Les instantanés photographiques qui furent pris montrent sur l'estrade des popes, des muphtis, des bonzes, mêmes des femmes, et l'une d'elles présidé certaine séance. On y voit aussi di prêtres ou prélats catholiques, et des représentants des innombrables sectes protestantes d'Amérique. Le congrès dura dix-sept jours, du II au 28 septembre 1893.
« Ils furent consacrés à l'étude de ces qui lions d'ordre plutôt philosophique que théoli gique, sur lesquelles confgcianistes, shintoïsl* grecs orthodoxes, chrétiens d'Arménie, prolestants, libres -penseurs, se firent tour à tour les interprètes des doctrines qu'ils représentaient. >
les
;es
j Le compte-rendu officiel fut publié en deux ^UTOS volumes de 1600 pages environ chacun. ^Ea place qu'y occupent les catholiques est fort petite.
Le P. Elliot présenta < un essai sur la nature intime et les fins de la religion, dans lequel on pouvait aisément distinguer les enseignements et l'esprit de son maître, le savant et aimable P. Hecker. j
Mgr Ireland prononça un discours sur les harmonies de la religion catholique avec l'état actuel de la vie moderne.
Le sujet traité par Mgr Keane fut la Religion finale, € The ultimate religion ;&. Titre étrange, qui fait penser aux néo-chrétiens et aussi aux juifs de l'Alliance- Israélite-Universelle, qui poursuivent les uns et les autres, nous lavons vu, le projet d'établir au-dessus de toutes les religions une religion définitive. où il ne s'agira plus tant de credo et de vérité que d'âmes croyantes et de sincérité.
Mgr Keane dit des « cinq mille hommes î qui l'entendirent : « Si vous les aviez vus se jeter sur moi pour me remercier ! » Et plus loin : *; Ces applaudissements formaient un consolant contraste avec la soupçonneuse et sec-
taire rancune qui a si tristement rempli l'histoire de la religion dans les siècles passés. »
Le prélat voyait sans doute dans celte ovation la démonstration éclatante de la supériorité de Xirénique sur la poléinique dans l'apostolat. Mais si les Pères et les Docteurs de l'Eglise n'avaient point « tristement rempli l'histoire de la religion » de leurs luttes contre l'erreur, nous auraient-ils transmis la foi dans son intégrité et maintenu l'Eglise dans la pureté immaculée de la doctrine du Christ ?■ Où en serions-nous s'ils avaient donné l'accofl lade à Pelage, à Arius, à Luther et à tatffl d'autres, vrais « sectaires >, ceux-ci ? Est-oH d'eux que le même orateur, dans le même d»^ cours, dit; « Des hommes de bonne foi et ardents ont incarné de bonnes et nobles idées dans des organisations séparées de leur créa?tion. Ils avaient raison dans leurs idêSî