I. QuetlioH fuive, p. 9, an. [S
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Mais son action ne se borne point à cela : eîle la porte aussi dans l'ordre des idées, et nous avons vu en quel sens. Si elle coopère aux desseins de Dieu en contribuant, dans une large part, à l'œuvre d'unification du genre humain, elle s'efforce de faire aboutir cette unification non point au règne de Notre- Seigneur Jésus- Christ sur tous les peuples, sur tous les hommes, mais au contraire à lui arracher les âmes et les nations qui se sont placées sous sa loi pour les confondre toutes dans un Israélitisme libéral et humanitaire.
Peut-elle espérer réussir ?
Nous avons vu qu'elle a entre les mains les plus puissants moyens et qu'elle en use. Nous avons vu que, grâce surtout à son action, aussi générale qu'incessante, l'indifférence religieuse gagne tous les jours du terrain, et fait progresser vers cette « Jérusalem de nouvel ordre > que ses adeptes appellent de leurs vœux.
Pour arriver à cette fin, ils travaillent d'une part à anéantir tout patriotisme, d'autre part à détruire toute conviction religieuse. Sous leur direction, la presse s'emploie à ce labeur, tous les jours, dans le monde entier, avec une ardeur infatigable, par le sophisme, par la
divulgation des faits qu'elle juge favorables à sa cause et la falsification de ceux qui y sont contraires, et surtout par la corruption des mœurs. Puis, quand le travail est assez avancé sur un point ou sur un autre, les législateurs, auxquels commandent les sociétés secrètes, viennent courber tous les citoyens sous le joug d'une nouvelle loi qui aura pour effet de restreindre encore, de restreindre toujours, le champ où la liberté chrétienne pouvait se mouvoir, et par là de préparer des générations de plus en plus indifférentes et de mieux en mieux disposées à entrer dans le moule de risraélitisme libéral et humanitaire.
Déjà de Maistre observait que « le protl tantisme, le philosophisme et mille sectes plus ou moins perverses ou extraj gantes avaient prodigieusement c/iîninu/ /cs% rilês parmi ki homtnes, » Et il ajoutait : <i genre humain ne peut demeurer dans l'é où il se trouve. » {Du Pape, xxxvii.) « | ne se fait pas une révolution morale en '. rope, si l'esprit religieux n'est pas renforê dans cette partie du monde, le lien social est dissous. On ne peut rien deviner, et il fauLs'attendre à tout. % [Consid. 26.)
Cinquante ans plus tard. Blanc de Saint- Bonnet, remarquant que le mal ne faisait que progresser, disait : « Le monde semble à la veille ou de finir ou de subir une transformation religieuse Le protestantisme, te libéralisme et le socialisme sont nos trois grands pas vers l'abîme, i {Reslauration/rançaise, 457-8.)
Que dirons-nous aujourd'hui ?
Certes le monde renferme encore maintenant, en grand nombre, des âmes admirables ; mais nulle part la société humaine ne rend plus à Dieu le culte social qui lui est dii, et l'indifférence religieuse gagne chaque jour du terrain. Dans la société comme dans les âmes, l'œuvre poursuivie par Israël est avancée à un point que peu d'hommes peuvent saisir, parce que les dehors paraissent toujours un peu les mêmes aujourd'hui qu'hier : lorsque les convictions tombent, les habitudes en gardent pendant quelque temps encore une ombre trompeuse.
D'ailleurs, les mœurs sont là pour dire à quel point l'empire que la religion tire des convictions, biiisse dans les âmes. Voyez comme les crimes se multiplient et comme les criminels croissent en scélératesse ! Tous les
jours les feuilles publiques nous présenteni des types nouveaux de criminalité et nous apportent des récits qui surpassent en horreur ceux de la veille. Voici que l'enfance ellemême connaît toutes les formes du mal et ne recule devant rien.
Oui cela nous mène-t-il ? II faut dire avec de Maistre ; € On ne peut rien deviner et il faut s'attendre à tout... Les circonstances oii nous sommes ne ressemblent à rien et ne peuvent être jugées par l'histoire... Ce qu'il y a de sûr, c'est que le monde ne saurait demeurer où il en est. Nous marchons à grands pas
vers Ah ! mon Dieu, quel trou ! la tête me
tourne (i). 1^
L'épouvante que ressentait cet homme de génie au milieu même de cette période que l'on crut pijuvoir décorer du nom de Restau-, ration, avec quelle puissance elle s'im] aujourd'hui à toute âme capable de voir et réfléchir !
L'œuvre commencée il y a un siècle va-ts'achever.'' On ne voit actuellement dans le monde rien qui essaie de l'enrayer. Les catholiques ne se défendent plus. Depuis vingt