‹ L'américanisme et la conjuration antichrétienneChapitre 50 sur 73 · I. Voir aux Uocumknts, N. xxxv · texte numérisé non relu

I. Voir aux Uocumknts, N. xxxv

L'apôtre S. Jean en parlait déjà avant la fin du premier siècle : « Vous avez appris qu'un antéchrist doit venir ; et déjà il y a plusieurs antéchrisls. » Des précurseurs ou des ébauches du dernier antéchrist ont paru successivement dans le cours des siècles. Le dernier, le vrai, celui qui portera eu sa seule personne la synthèse parfaite de toutes les inspirations antichrétiennes qui ont germé dans le monde depuis dix-huit siècles, est-il proche ? C'est possible.

On ne peut n'être pas profondément ému lorsque, après avoir rapproché les caractères que la tradition judaïque donne à son messie, de ceux que la tradition chrétienne donne à l'antéchrîst, on entend les juifs dire : i Les temps sont proches », et que l'on voit la transformation qui s'opère dans le monde depuis un siècle et qui s'accélère de jour en jour.

Son temps est-il aussi proche qu'ils le croient ? Nous n'en savons rien. Personne au monde ne peut le savoir.

Ce que l'on sait, c'est que les Apôtres ont

cru devoir l'annoncer aux contemporains mêmes

I Christ ; c'est que les Pères ont voulu que

chrétiens de leur temps en eussent la

crainte. C'est que. plus près de nous, S. Vincent Ferrier a fait des miracles pour établir qu'il était l'un des anges chargés d'avertir de loin les peuples de son apparition. C'est que Pie IX a lu dans le secret delà Salette le mot : antéchrist ( i).

Ce qui est non moins certain, c'est que. depuis les premiers jours du christianisme, l'antéchrist est une réalité future, assurée que son apparition est un fait nécessairement en voie de formation, en train de nous arriver par les routes que, jour à jour, les événementï lui construisent ; et que nous sommes actuel lement dans un état à' antichristianisme, c'està-dire dans l'état où il est nécessaire qu'il trouve le monde pour en être accepté.

Si cet homme apparaissait aujourd'hui, combien, dans l'état actuel des esprits, l'accU meraient !

Les francs-maçons aussi bien que les juifs se verraient au comble de leurs vœux. El cette multitude que les sociétés secrètes ont

I. Lorsque, sut l'.trdre de Mgr Hriiilianl, rx en préience &t* deux vicatres-gfncraux de Grenoble, de M. le chiuioine Tuii ei de M. Dausse, ine^nieur civil, Mélanîe écitvil son secrd pour éire lemis au Pap« Pie IX, elle demanda la significalîM du mot iH/MliiHtment et l'orthographe du moi antéchri».

séduite dans les deux mondes ; tous ceux qui ont appris, dans les écoles neutres, à renier le Christ ; tous ceux que la presse a remplis d'idées fausses et de sentiments vicieux ; tous ceux dans le cœur desquels on souffle, aujourd'hui plus que jamais, la convoitise et l'envie ; tous ceux qui rêvent du bouleversement des institutions et des sociétés chrétiennes, ne se rangeraient-ils point sous son étendard? El puis viendraient les timides, les faibles, tous ceux que l'exemple entraine et que la menace effraye, c'est-à-dire, le reste de la multitude, car jamais les caractères n'ont été plus débiles ; jamais la vérité, qui seule donne à l'âme sa force, n'a eu moins d'empire sur le grand nombre. Que dïs-je ? n'entendons-nous point dire : Ne parlons pas à la multitude, pour le moment du moins, des espérances éternelles, elle ne nous écouterait point ; ne lui parlons pas de ses devoirs, elle fermerait l'oreille. Apprenons-lui à réclamer des droits, elle dressera l'oreille; promettons-lui le bonheur sur la terre, elle nous suivra. Avec quelle ardeur les foules ainsi préparées se jetteraient dans les k^rasde l'homme qui concentrerait en lui toute ^^p puissance d'Israël et qui viendrait dire à

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tous : « Je suis l'apôtre et le prince de la fraternité universelle (i), ma mission est d'unir les hommes, d'unifier les peuples et de les combler des bîens de la terre. Arrière le Christ, cet austère et sombre ennemi de l'homme! La jouissance de tous les biens ei de toutes les voluptés, voilà la loi suprême à'j l'humanité méconnue, outragée jusqu'à ce jour par les fourbes qui, sous le signe détestable de la croix, ont tyrannisé la terre. >

Il n'y a point à s'y tromper, les caractères du messie talmudîque sont bien les caractères de l'antéchrist. C'est le même sinistre per^ nage qui est annoncé de part et d'autre (2)^ un homme de race juive, devenu roi des juifif concentrera dans son cœur, dans ses discouj dans ses œuvres, tout ce que la malice 1 siècles a pu opposer à Notre-Seigneur JésO!

1. L'afTranchissement de l'humanité e[ la frateniiié unlf verselle sont, on le sait, les deux mois de passe de U ftd maçonnerie.

2. Une parole bien signitîcdtive de Noire -Seigneur Jft Christ paraît favoii^cr cette cpinion très accréditée 1 l'antéchrist seiait bien le messie attendu et acclamé pi juifs : < Je suis venu au nom de mon fère et vous ne^ recevei pas ; mais quand un autre viendra en son propre n nus le recevrez > (Joan. V, 43.I

Christ et à son Eglise ; et Dieu, pour l'accomplissement de ses mystérieux desseins, lui laissera prendre, sur tout l'univers, pour un temps. l'empire le plus redoutable.

Les juifs affirment que son avènement est prochain (i) ; et de fait, depuis un siècle, nous sommes entrés, non dans une crise quelconque, mais dans la Révolution. Or le caractère le plus frappant et le plus essentiel de la Révolution, c'est l'insurrection de l'homme contre Dieu et contre son Christ, c'est I'Antichris- TIANISME, c'est-à-dire un effort plus grand que ceux qui avalent été tentés jusqu'ici pour détruire l'œuvre du Christ dans les mœurs, dans les lois, dans les institutions et jusque dans l'Eglise elle-même : le libéralisme catholique n'est autre chose, en effet, que l'esprit révolutionnaire cherchant à s'introduire dans l'Eglise elle-même.

Cet antichristianisme qui règne dans les sociétés, qui vit dans tant de cœurs, doit-il

1. Dans son numéro du 7 janvier 1E99, la Croix rapportait ce mot d'un Juif :

< C'est noire empire qui se prépare ; c'est celui que vous appelez l'aniéchrist. le juif redouté par vous, qui profitera de lous les nouveaux chemins pour faire rapidement la conquête de la terre. >

finir par s'incarner prochainement dans l'antc christ personnel ? Le règne du dernier de^ antéchrists sera-t-il la finale de la Révolution' Nous ne le savons. A chacun des assauts qur depuis dix-huit siècles, les portes de l'enfct ont livrés à l'œuvre divine, les spectateurs on dit ; C'est le dernier; avec lui viendra la fir, car Satan ne pourra rien trouver qui surpassf ce que nous subissons. Mais en disant toujours : î II n'y a rien au-delà >. on se trompe toujours. Après un moment de relâche. Tassai;: reprend plus terrible et plus séduisant. Il y i aura pourtant un dernier. Et celui que noisubissons à l'heure actuelle a le caractère H'anlichristianïsme au suprême degré ; et ceux qui s'efforcent de le repousser deviennent de plus en plus rares et sont de plus en plus réduits à l'impuissance.

Quel est le devoir en un tel état de choses?

Le premier devoir, le plus urgent, le pUi-' nécessaire, est de se munir soi-même du bou clier de la foi, puis de travailler, chacun seloi son pouvoir, à en maintenir l'intégrité dans l^ monde.

< O Timothée, garde le dépôt, évitant lediscours vains et profanes et les controverst-

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d'une science qui ne mérite pas ce nom ; c'est pour en avoir fait profession que quelques-uns ont erré dans la foi. » {I Tîm. vi, 21.) « L'Esprit dit expressément que, dans les temps qui viendront, quelques-uns abandonneront la foi, pour s'attacher à des esprits d'erreur. » (I Tim. IV, I.)

Il en a été ainsi de tout temps, il en est de même de nos jours. Et si, malgré l'avertissement de l'Apôtre, « les discours vains et profanes » continuent à serpenter, les défections se multiplieront, car jamais milieu intellectuel, social et politique, n'a été mieux préparé pour les faire éclore. Veillons donc à « conserver le mystère de la foi dans un cœur pur >, (I Tim. m, 9), nous souvenant que € l'épreuve de notre foi produit la patience » (Jac. i, 3). que « la patience fait la vertu éprouvée, et que la vertu éprouvée donne l'espérance des biens éternels. » (Tîm. v, 3.)

Mais ce n'est point seulement dans notre âme à nous que nous devons garder, avec une vigilance plus attentive qu'en temps ordinaire, l'intégrité et la pureté de la foi ; c'est dans la société, c'est dans l'Eglise. 11 n'y a pour elle d'espérance de victoire que dans cette intégrité

et cette pureté : Hac est Victoria qua vin, mundum, fidts nostra. C'est la foi, et la i seule qui a donné et qui ne cesse de donner l'Eglise la victoire sur le monde.

Quand cela sera oublié, alors sonnera l'heii de la défaite finale : % Quand le Fils « l'homme viendra, trouvera-t-il la foi sur terre? » (Luc, xviii, 8.)

Arrière donc, aujourd'hui surtout, dans ce suprême assaut livré à la société chrétienne par l'antichristianisme sous toutes ses formes, arrière les compromissions avec Vincréduliié et les concessions à l'erreur, même dans le but de procurer l'expansion de l'Eglise ; arrièrf les mutilations du dogme, les atténuations du surnaturel, les facîlismes de toute nature, même sous le prétexte de son avancement intérieur. Illusions généreuses dans leur intention, mais îllusîonsque l'histoire aussi bien que l'enseignement de nos pères condamne, et qui, si elles s'accentuaient, si elles persévéraieni, conduiraient à la catastrophe finale.

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