‹ L'américanisme et la conjuration antichrétienneChapitre 51 sur 73 · QUELQUES LUEURS · texte numérisé non relu

QUELQUES LUEURS

'antichristianisme, qui a pris naissance -y avec l'Eglise et qui, depuis lors, n'a jsé de miner sourdement l'Œuvre du divin uveur ou de travailler ouvertement à la truire, a pris avec la Révolution une puisice et une universalité qu'il n'avait jamais es ; à ce point que les juifs, qui mènent cette erre depuis dix-huit cents ans, exultent et lent que l'heure du triomphe va enfin sonner ur eux, tandis que, de notre côté, des hom- ;s éminents se demandent si l'heure des der- ;rs efforts de l'enfer n'est pas venue. Une telle perspective est bien faite pour îttre l'abattement sinon le désespoir dans ; âmes.

Et cependant, aujourd'hui pas plus que dans passé, nous ne devons point fermer nos :urs à l'espérance ; nous devrions espérer, )rs même que nous aurions la certitude que l'homme de péché :& va paraître et régner sur jte la surface de la terre.

D'abord, même alors, il sera loisible à chô cun de faire son salut ; et tous ceux qui le vgu dront, recevront des grâces proportionnées â la grandeur de lepreuve. Alors comme aujourd'hui, les afflictions seront courtes, et non seulement courtes, mais légères en comparaison « du poids éternel de gloire surpassant toute mesure » dont seront récompensés les persévérants.

Courte pour chacun, la suprême épreuve le sera aussi pour le monde. D'après une interprétation assez commune d'un passage des Saintes Ecritures, le règne de l'antéchrist ne durera que trois ans et demi. C'est bien alors que l'on pourra dire avec le Psalmiste : « J ,ii vu l'impie au comble de la puissance, éle ■ comme les cèdres du Liban. J'ai passé, ei n'était plus ; je n'aî même pu retrouver ■ place, »

Et si chaque fidèle pourra alors compter su. la grâce de Dieu, la sainte Eglise pourra, dans cette lutte suprême, compter sur une assistance de la Très- Sainte Vierge, plus puissaiv. qu'elle ne l'aura jamais été. Ce qui nous ■ donne l'assurance, c'est que le temps de l'aiu christ doit être le terme de la guerre à mor

ET LA CONJURATION ANTICIIRIÏTIENNE. 22g

déclarée dès le temps des Apôtres, entre la race de la Femme et la race ou la synagogue de Satan, guerre annoncée dès le commencement du monde par ces mots : « Je mettrai des inimitiés entre toi et la Femme, entre ta rttce et la sienne. :& La Femme, c'est l'Eglise, mais c'est aussi Marie. Mère de Dieu. Et si l'Eglise peut dire dans son office que Marie seule a triomphé de toutes les hérésies, cunelas hœreses sola interemisH in unwerso mundo, quelle ne sera pas la puissance de son intervention en cette suprême bataille ?

Déjà, contre l'effort satanique que nous subissons aujourd'hui, cette intervention est manifeste.

Au moment où la Révolution allait entrer dans la phase actuelle, alors que se préparait la guerre d'Italie qui avait pour but la destruction du pouvoir temporel des Papes, et qui devait avoir pour conséquence l'abaissement de la France catholique, l'hégémonie de la Prusse protestante et le triomphe de la juiverie et delà maçonnerie, à ce moment-là même, àla6n de 1854, signum magnum apparuit in cœlo, un grand signe parut dans le cîe! de l'Eglise : une femme enveloppée du soleil,

Marie parée de la grâce sanctifiante depuis le premier instant de son existence, Marie conçue sans péché! Et depuis, l'Immaculée est restée dans notre ciel, multipliant les miracles pour nous dire : Ne craignez rien, je suis ave: vous ! Et aujourd'hui que les jours sont deve nus plus mauvais et les ténèbres plus épaisses la voix du Souverain Pontife, la voix de l.i vigie placée par Dieu dans la hune de la barque de Pierre ne cesse de nous crier Respice steltam. voca Mariam. En haut Vi regards ! sur l'Etoile ! et que des cœurs s'élève puissante la prière à Marie! Chaque année, il invite le monde entier à réciter le Rosaire; chaque matin, au moment le plus solennel de la journée, après la célébration du saint sacrifice de la messe, il fait dire, sur toute la sur* face de la terre, cette prière où Marie est invo^ quée avec saint Joseph le patron de la saioM Eglise, et saint Michel l'adversaire, le vaûb queurde Satan.

Ni nous, ni l'Eglise ne sommes donc actuc lement sans secours, et nous le serions mcMi encore si l'épreuve devait atteindre l'apogè prédit dès le commencement. Mais de pli nous ne sommes f»oint sans quelque espoir

voir des temps meilleurs succéder à l'épreuve.

On croit généralement que le règne de l'homme de péché doit être la dernière scène de la vie du monde et que sa défaite et sa mort doivent précéder immédiatement le second avènement de Notre- Seigneur JÉSOS- Christ, celui où il viendra, en grande majesté, juger les vivants et les morts.

Il est possible qu'il en soît ainsi, mais ce n'est point chose certaine.

Le sentiment de plusieurs interprètes de l'Apocalypse, sentiment sérieusement fondé en raison, est que le règne de l'antéchrist ne sera pas la préface du jugement dernier, mais le dernier effort de l'enfer pour s'opposer au règne universel et désormais pacifique de Notre-Seigneur Jésus-Christ dans le monde racheté par son sang ( i ).

Depuis la Pentecôte, l'Eglise a péniblement lutté contre le judaïsme, contre le paganisme, contre le Mahométisme, contre le Protestantisme et toutes les hérésies qui l'ont précédé,

t . Paul plus de développements voir entr'aultes les articles publiât pai le P. Gallois, des Fraies Prêcheurs, parus dans la Hevut biblique et réunis en un volume chez Leihielleux, sous ce lilte : L Apocalypse de saint Jean^ ordonnante et initrpritation des visions allégoriques et prapk/tigues de ce livre.

et aujourd'hui contre la Révolution. L'iniquit;: paraîtra triompher définitivement avec l'anic christ ; mais à son tour il sera terrassé et anéanti. Alors les juifs, qui avaient mis en lui tout leur espoir, ouvriront les yeux, et voyant le triomphe du véritable Christ, le reconnal tront pour le Messie promis à leurs pères ; \h se convertiront en masse, et leur exemple et leurs prédications ramèneront à l'Eglise tou^ les peuples qui l'auront abandonnée et cem mêmes qui n'étaient point encore venus à elle (i). En même temps le dragon, le prini des démons sera enchaîné pour de loiq siècles (2). N. S. P. le Pape nous fait derr der tous les jours cette défaite de Satan et J triomphe de la Sainte Eglise. Le triom[M t'est-à-dire le renouvellement de la soci chrétienne, le parfait épanouissement des pfl cipes de l'Évangile chez tous les peup IViomphante de tous ses ennemis, l'Eglfa

t. Voir aux Documents, N. xxxvi.

2. A rapprocher du texte de l'Apocalypse auquel il e ici alluiion, k prière qui est dite tous les jouis après la messe et qui se termiDC par cette demande : ( Et vous, Prince de la milice célesle, rejetez en enfer, par la vertu divine, Satan Cl les autres esprits malins qui enent dans le monde pour 11 perte des Ames, >

s'épanouiraitavec magnifîcence.sans cependant cesser d'êire toujours identique à elle-même. Essentiellement immuable, elle conserverait dans leur intégrité ses dogmes, sa discipline, son autorité, sa hiérarchie, ses sacrements, ses pratiques ; mais l'empire de ses lois s'étendrait à tout l'univers. Ce serait, comme le dit M, Pradié dans son livre : Le monde nouveau ou h monde de yêsus-Christ, le même grain de sénevé avec ses éléments primitifs, déposés par le Verbe fait chair au sein de l'homme et fécondés par le Saint-Esprit à la Pentecôte, mais développés et épanouis selon toute l'étendue de la prière du divin Sauveur au Père céleste.

Le péché ne disparaîtra point de la terre, il y aura toujours mélange de bons et de méchants, mais, parce que la société sera organisée et régie selons les lois de l'Evangile, les bons prédomineront durant cette heureuse période qui se prolongera durant mille ans, c'est-à-dire durant un temps aussi long qu'indéfini { I ). Et ainsi le niveau passé sur le monde par la Révolution, par les conquêtes de la science et par l'antéchrist, ne ferait que donner

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