‹ L'Amérique; anthologie géographiqueChapitre 22 sur 151 · TERRITOIRE DU NORD-OUEST · texte numérisé non relu

TERRITOIRE DU NORD-OUEST

elles sont généralement ondulées, et de beau* bois de construction se dressent sur les bords des cours d'eau qui les sillonnent. C'est celle même alternative de la prairie et de la forêt qui constitue le grand avantage que le nord-ouest canadien oiïre au s colons, avantage qu'ont appris à bien apprécier ceux qui connaissent par expérience toutes les peines et les difficultés d'un défrichement en plein bois'. » (L. Kemuhs,

i Journal des Économistes, juillet 1880, p. 38.) Il comprend les Barrm-grounds, terrains exclusivement propres à la chasse, â. lapGche et a resploiUitkni minière, traversés par le grand fleuve Mackensic, et couverts 'le lars immiitaci. Les Anglais y ont établi des postes pour la traite des pelleteries et des fourrures; les plus éloigné? sont, le fort lîaé, au fond île la baie nord du grand lac des Esclaves, le fort Audersoii.le fort Norman-Franklin" â l'ouest du lac des Ours, le fort Bonne-Espérance sur le Mackeusie, le fort Mac-I'liei'bon construit en 1818.

Fort Mac-Pherson. — >< A 30 lieues du Mackeusie, et à 130 du fort Bon ne- Espérance, sur un plateau dont la falaise s'éboule, et dans un terrain si marécageux que les bâtisses y éprouvent des failles continuelles, s'clcve cl s'élend le fort Mac-Pherson, construit en 184S par M. Bell, officier de la compagnie d'Hudson.

Dûment couché sur les cartes anglaises comme une ville de troisième ordre, Mac-Pherson n'est qu'une simple enceinte de 100 mètres carrés de palissades mi-croulantes, de bastions vermoulus, par les meurlriêres desquels ne passa jamais un fusil, et surmonté d'un blockhaus qui n'est la que pour la flgUTe, puisqu'on ne peut pas même y monter.

Quatre maisons, ou plulôt quatre baraques de troncs d'ar-

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bres équarris, composées d'un simple rez-de-chaussée, sont disposées sur trois côtés de ce quadrilatère, laissant libre, sur celui de devant, une cour ou préau.

Au fond est la maison du traiteur, qui ne se compose que de deux pièces et d'une entrée ; de chaque côté les magasins et les cases des servants, blonds et grands Orkneys.

... Dans la paroi du store aux marchandises on voit un vasistas que défend un volet à coulisse, comme cela se pratique dans les cabanons de fous.

C'est derrière ce fenestron que se tient le chef du poste ; c'est par là qu'il reçoit et compte les fourrures des farouches Esquimaux, entre deux revolvers chargés et déposés sur un comptoir : c'est par là que ces sauvages reçoivent de la main à la main, et séance tenante, le prix de leurs pelleteries, sans qu'ils soient jamais admis à pénétrer dans le magasin... » (E. Petitot, Grands Esquimaux, Pion édit., 1887, p. 134.)

Le factotum du fort, quand il fut visité par le missionnaire Petitot de 1867 à 1877, était Baptiste Boucher, ancien interprète de Franklin et de Richardson.

L'hiver. — « ... Un hiver de huit mois : c'est la plus rude épreuve que puisse éprouver un Européen sous le cercle polaire. Mais pour un Méridional, le long et effrayant hiver comporte de plus quelque chose de fatal. Il produit sur l'imagination une dépression morbide, dans le caractère une mélancolie qui a son contre-coup sur le tempérament. De sanguin, par exemple, celui-ci devient nerveux, impressionnable. De joviale, l'humeur tourne morose, hargneuse, peut facilement tomber dans l'hypocondrie et le marasme. J'en ai connu qui passaient des semaines entières sans prononcer un mot. » (E. Petitot, Quinze Ans sous le cercle polaire, Dentu, 1889, p. 82. }

L'été au fort Bonne-Espérance1. — « Le 31 mai, la neige était entièrement fondue par une température qui se maintint, au nord et à l'ombre, entre + 4° et + 12°... Le 5 juin, la végé-

1. Poste de provisions pour le ravitaillement des barques du Mackensie;il fournit surtout des approvisionnements de chasse aux Indiens, et expédie au chef-lieu de la Compagnie des castors (environ 3,000), des martres, etc.

TERRITOIRE DU NORD-OUEST tatîon commença à 3e développer, les saules à s'ornei chatons veloutés, la noire verdure des sapins à rajeunit sol à se couvrir de riches pelouses d'un vert tendre.

Une ou deux chaudes journées suffisent pour cela.

Le 7, pendant la nuit, eut lieu la petite débâcle qui précède la grande d'une journée; cette année-là (I86S), elle ne le f que de quelques heures. A 6 heures du matin, de formidables détonations se firent entendre ainsi qu'un fracas infernal. La grosse glace débâclait. Il n'est rien qui donne une idée plus frappante du chaos primitif et de la confusion derniÈre. C'est un mélange monstrueux, informe, unique, de masses gigantesques, hautes comme des maisons, grosses comme des chers, qui s'en vont, mugissant, hurlant, majestueuses ou courroucées, se rompre contre d'autres plus monstrueuses encore, puis retombent en couvrant de leurs débris les flancs des colosses contre lesquels elles se sont heurtées. Elles s'engl tissentdiins le flot qui marche, pour reparaître plus loin, ! gissant au milieu de glaçons moindre, qu'elles déplacent,; lèvent et culbutent.

L'imagination prête vie et sentiment a ces monstres qui se meuvent, se retournent, chevauchent les uns sur les autres, se bousculent, se pressent et s'agglutinent. Lorsque le volume des glaces excède lit luc^ur du fleuve, bien qu'il ail ici 3 kilomètres, celles-ci se soulèvent sur les rivages en remparts d'une maçonnerie titanesque; elles se suspendent à une grande hauteur, semblables à des constructions cyclopéennea. En même temps elles labourent les rives, entassent les terres, se creusent des godets profonds, montent des rochers avec elles dans un déploiement de forces dont rien ne peut donner une idée.

,., Cet affreux mais grandiose spectacle dura trois jours. C'est au delta inférieur qu'il ferait beau en contempler les effets, alors que les Iles disparaissent sous les ondes jaunâtres, que les forêts sont noyées, le cours des affluents suspendu, les arbres déracinés, toutes les communications interrompues.

Le 9 juin leMackensie redevint libre et ouvert pour jusqu'au 1" novembre suivant... Immédiate nient derrière la débâcle arriva la barque il n fort Simpson qui la talonnait, el, dès le lendemain 10 juin, vingt-cinq Peaux-de-Liévro partaient avec elle et une seconde barque pour le lointain portage de la Loche1.

I. On rappelle le Grand Portage ; 11 marque la limite du bania do l'océan Glu-

Si l'hiver est long et le temps lent dans l'extrême nord, par contre les habitants y sont prompts et alertes. C'est indispensable. Les instants sont précieux après de longs mois d'immobilité, et quand on sait que l'été avare n'accorde jamais un nombre de trois mois pleins.

D'ailleurs, tout était redevenu vert dans la nature, plein de cris d'oiseaux, de glouglous de ruisseaux et d'allégresse humaine. En huit jours la terre, sortant des frimas de neuf mois, s'était entièrement parée. La première avait duré une semaine, comme aux jours de la création.

... Pendant l'été la température s'éleva, à l'ombre et au nord, de +20° à +33°. Cette chaleur intense était d'autant plus énervante que le soleil ne se couchait pas de quinze jours; aussi les eaux limpides et échauffées de la petite rivière aux Brochets, qui avoisinait nos demeures, devenait-elle chaque jour le théâtre de nos évolutions natatoires... » (E. Petitot, Quinze Ans sous le cercle polaire, Dentu, 4889, p. i 51-154.)

Les rennes. — « Je n'ai pas parcouru une seule fois la surface de la baie de Smith (grand lac des Ours) sans en voir la surface couverte d'empreintes de pas de rennes. Dans la présente occurrence, elle en était littéralement piétinée, labourée, défoncée par des milliers de ces gentils animaux. A peine nous étions-nous élancés sur la glace, que les clochettes de mes chiens y attirèrent, des steppes où ils broutaient le lichen, une telle armée de rennes que le bruit de leurs petits sabots faisait l'effet d'un orage de grêle tombant sur l'asphalte de nos rues.

Enhardies parleur nombre, curieuses de lier connaissance avec les êtres étranges qu'elles apercevaient peut-être pour la première fois, les gracieuses bêtes fondirent sur nous par grands bataillons, serrant leurs rangs comme des brebis, enchevêtrant et entre-choquant leurs vastes ramures et nous considérant avec intérêt de leurs grands yeux limpides au regard innocent d'enfance ignorante et naïve.

Insouciants du danger auxquels ils s'exposaient, les rennes se laissaient charmer par le tintement des clochettes d'argent, dédaigneux de nos personnes, oubliant que les chiens de ce pays ont des crocs presque aussi redoutables que ceux des

cial. C'est un plateau sablonneux, granitique à l'est, d'une largeur qui dépasse un peu quatre lieues; il fait partie de la chaîne appelée montagne de la Biche .

TElttUTOlItE DU KOHD-OUEST

loups. Si svelto est leur démarche ; si déliées sont leurs jam bes rapides; si élégants leurs petits sabots, dont la morsure découpe sur la neige durcie autan 1 de petits croissants à l'emporte-pièce: si intelligente est leur belle tète, en dépit d'une bêtise dont les chasseurs danites profitent habilement; si doux et mélancolique est leur regard, si noble et majestuei port de leur panache d'ivoire, que je conçois comment, à leur vue, les Indiens se sentent émus, comment leur pensée encore dans les langes évoque le souvenir d'hommes qui ne sont plus et dont les âmes auraient assumé ces formes animales si douces, ai belles et si sympathiques... » (E. Petitot, Exploration de la région du grand lac des Ours, Téqui, 1893, p. 42-44."

« Ils trouvent leur alimentation de lichen dans les steppe: environnent le grand lac des Ours. Les steppes de lichen blanc bordent les plages sablonneuses du sud et de l'ouest espace immense, qui n'a de limites que la chaîne des montagnes qui bordent la rive droite du Mackensie... C'est le pâturage par excellence et intarissable d'immenses troupeaux de rennes, la boucherie où il s'en abat des quantités insensées, la terre de promission des Indiens où, à la vérité, le lait et le miel ne coulent pas comme des ruisseaux, mais où la viande grasse, In graisse et les langues de rennes s'accumulent par monceaux. Aussi ces sauvages passent-iis au milieu de ces affreux déserts la majeure partie de leur vie dans l'abondance et les plaisirs de la chasse sans cesse renouvelés. » (Id., ibid., p. KG.)

« ... J'yfusl'beureuï témoin de ce spectacle étrange el inoui pour un Européen : un steppe plein de rennes libres, mais familiers et pas du tout sauvages, et qui seraient d'une facile capture au moyen d'enceintes palissadées. Hennés épars de tous côtés comme les étoiles dn.ns le linnauicnL; rennes broutant par petits groupes de trois à dis têtes; rennes agglomérés par troupeaux de cent tètes et plus, et venant braver le chasseur de leur front de bandiére cornu; rennes assemblés par armées d'un ou deux milliers d'individus, nullement effarouchés à notre approche, se dirigeant droit devant eux, comme assurés de commander le respect et d'acquérir l'impunité par leur multitude, forts et enhardis par leur grand nombre, sorte de voie lactée immense et animée qui se répandait dans le steppe... lionnes devant et derrière, rennes à droite et à gauche, en repos et ruminant leur lichen, ou debout et somnolents; rennes piochant le steppe de leur fourchu de petites vaches bretonnes, ou broutant la mousse

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avec la neige qui la couvre. A notre vue ils relèvent la tête d'un air interrogateur et cessent de pacager. Immobiles, ils hument l'air dans notre direction, puis ils retournent paisiblement à leurs pâturages comme de douces brebis. D'autres, repus et n'ayant qu'à contenter leur curiosité, se promènent avec indolence en se dirigeant vers nous pour nous contempler de plus près. Ils cheminent ou trottent en longue file indienne, les plus vieux en tête, calmes et dignes dans leur barbe vénérable et leur blanc poitrail, tandis que les jeunes faons bondissent sur leurs pieds de derrière et sautillent comme des enfants autour de leur mère... »

Les indigènes du nord de l'Amérique, Indiens et Eskimos, refusent de domestiquer le renne, par superstition et par esprit de routine : ils sont persuadés que les rennes, d'anciens hommesy émigréraient si on les traitait en esclaves. Le voyageur arrive dans un camp indien :

« Ce camp indien ressemblait à un abattoir, et chaque loge à un étal de boucher. Des morceaux de viande de renne congelée se dressaient sur des échafauds ou flanquaient les derrières des tentes. Les chiens, repus, n'y touchaient pas, et les corbeaux mêmes les respectaient. Le renne était tellement abondant tout autour du camp que le seul Grand-Monstre (un Indien) en tuait jusqu'à 40 par jour. Sa femme et ses enfants ne suffisaient pas à tout épurer et charrier; on nageait dans la graisse. » (Id. ibid., p. 133.)

« ... Pendant tout le printemps de 1867, le renne surabonda à un tel point au grand lac des Ours que sans beaucoup de frais je ramassai assez de provisions de bouche pour tout l'été suivant, ainsi que pour ma résidence du fort Bonne- Espérance. Je comptai jusqu'à 18 rennes dans mon magasin à vivres, plus de 50 pains de graisse fondue et 80 langues fumées de cet animal. C'était beaucoup pour un homme seul. » (Id., ibid., p. 145.)

Leurs principales tribus. — « En 1871 ils formaient une population de 102,000 individus vivant sur des réserves; leur nombre a augmenté depuis; ils peuvent s'émanciper, quitter la tribu et vivre comme les blancs. On trouve encore quelques familles d'Iroquois sur les bords du Saint-Laurent; ils peu-

plent un village en face de Montréal, et ont conservé l'habitude d'envoyer un présent de fourrures à chaque nouveau souverain de France ; le dernier de ces présents fut fait h Napoléon 111'. Les Siom, qui peuplent surtout le nord des États-Unis, appartiennent an même groupe.

Vers le nord, dans les plaines du nord-ouest, vivent les Sauteurs, et dans les Montagnes Rocheuses les Montrii/aais, qui comprennent de nombreuses tribus : les Mangeurs de caribous, les Castors, les Couteaux-Jaunes, testtené, etc. Les Indiens de la Colombie anglaise forment un groupe particulier de 38,000 individus qui ont beaucoup de ressemblance avec les races asiatiques : ou croit qu'ils descendent de matelots japonais. Plusieurs tribus ont conservé l'usage do conipi-icin-i- le front de leurs enfants à la naissance, de là le surnom de Tétes-Plates a.

Leur malpropreté. — Un Européen ne peut imaginer ce que souffre un homme civilisé dans ce milieu sauvage où j'avais séjourné plus d'un mois. Il y couche entre des gens puanls et pouilleux, qui ne se lavent jamais le corps ni ne changent de linge; au milieu d'enfants sales, de chiens har- {rneux ei familiers qui viennent se battre ou se reposer sur lui pendant sou sommeil. Il y mange à terre parmi les ordures et les, cendres, dans une vaisselle rudimentnire qui ne reçoit d'autre rinçage que le coup de langue de l'hôtesse ou le torchon de sa robe de peau. Il y demeure dans une boucane épaisse qui l'impii-yne des senteurs acres de la graisse brûlée ou du bois pourri, qui l'enfume et le roussit comme un hareng saur, en lui faisant verser nuit et jour des larmes amères sur sa triste destinée. Par le haut de sa loge il reçoit le vent, la pluie et la neige, tandis que le froid traverse la tente, souvent i;<msl.ellée rie mille trous. Il y est dévoré d'une vermine pullulante, que rien ne détruit et qui lui occasionne des nuits d'insomnie. Il s'y repaît de viande a peine cuite et sans nul apprêt. Son bouillon est plein de crottins de lièvres, de feuilles amères de sapin et de ledvm, et autres ordures cohérentes à la viande gelée que l'on a mise dans le chaudron sans aucun lavage préalable. Il ne boit que de l'eau de neige, souvent bouillie ou roussie et pleine des mêmes or-

dures. Il doit souffrir qu'un chacun plonge la main dans son chaudron, boive son bouillon, fasse usage de son gobelet et de son service de table, sans se permettre des observations qui lui feraient une réputation d'homme orgueilleux et difficile. Il doit lutter sans colère ni impatience contre une nuée de maupiteux et d'importuns qui lui enlèveraient jusqu'à sa chemise s'il prêtait l'oreille à leurs demandes. Il doit souffrir fraternellement les grossièretés, les incongruités, les obscénités mêmes, sans se répandre en plaintes amères, sans se mettre en colère, de crainte qu'on ne joigne l'irrévérence au sans-gêne, l'entêtement dans le mal à la faute matérielle et inconsciente... » (E. Petitot, Autour du grand lac des Esclaves, Savine, 1891, p. 256-257.)

Les Indiens, surveillés par des agents anglais, sont devenus moins belliqueux ; mais on a conservé le souvenir de leurs habitudes guerrières, dont la plus terrible était le scalpage. Voici comment il se pratiquait :

Scalpage. — « La chevelure de l'ennemi était un des trophées du sauvage. La manière d'enlever cette chevelure est une opération qui demande un apprentissage et de l'adresse : elle s'appelle scalpage. Quand la victime est frappée du tomahawk (hache perfectionnée), elle tombe aussitôt; le vainqueur saisit d'une main ses cheveux, les entortille ensemble avec force pour séparer la peau de la tête, et, lui mettant les genoux sur la poitrine, il tire du fourreau avec l'autre main le fatal couteau, et cerne la peau du front avec ses dents pour l'arracher : l'opération ne dure pas ordinairement plus de deux minutes. La chevelure est alors étendue sur trois arceaux ; on la fait ensuite sécher au soleil et on la peint avec du vermillon.

Il y a des exemples de personnes qui ont subi cette opération sans en mourir. » (Dainville, Beautés de l'histoire du Canada, Bossange, 1821, p. 75.)

BOIS-BRULES

Leurs caractères physiques. — « Les individus qui composent la race métisse franco-canadienne sont des hommes

BOIS-BRULES

de taille moyenne eL Lien proportionnés, au teint foncé, avec des traits réguliers, un visage ouvert et agréable, plutôt riant que sévère. Si l'on peut retrouver chez eu* les traits caractéristiques de la race indienne : les pommettes saillantes le nez busqué, le prolïl en demi-lune, etc., le plus souvent ces traits sont tellement atténués que chez beaucoup ils sout presque méconnaissables1. Les métis ont les mains et les pieds petits et bien conformés; chez eus les muscles des jambes sont bien développés, mais le corps, comme ensemble, est plutôt svelle que chargé d'un embonpoint superllu. Leur teint bronzé présente cependant les nuances les plus diverses, variant de la couleur presque cuivre au blanc à peu près pur. Sous le rapport de la couleur et de la physionomie, beaucoup ont une ressemblance frappante avec les Mexicains des frontières...

Comme les Indiens, les métis n'ont point de barbe et laissent croître leurs cheveux. Pour un moment donné, ils in sont pas plus forts que les blancs, peut-être même ne seraientils pas capables d'un ellorl momentané aussi puissant la force de résistance qu'ils possèdent est remarquable, et pour une course prolongée ils auraient facilement ces derniers. Cù sont des marcheurs infatigables, qui pendant le long hiver du Nord-Ouest parcourent avec leurs raquettes des espaces immenses, faisant facilement trente et quarante milles parjour. Avec un traîneau ft chiens, ils parcourent des distances encore plus considérables, tantôt trottant à côté de leur attelage, tantôt, quand la ncica est unie, assis à l'arrière du léger véhicule, mais toujours prêts à sauter sur leurs jambes pour pousser à l'arrière avec un pieu dansles passages difficiles et stimuler l'ardeur de leurs bétes hor& d'haleine par quelques imprécations retentissantes. Commecanotiers, ils montrent une vigueur, une adresse et une force

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