COLOMBIE, VENEZUELA ET EQUATEUR
C. Colorai) au golfe de Paria. — C. Colomb y aborda le premier dans soq voyage de U'..'S; après avoir découvert l'Ile aux [rots monts, — Ifi Trinité, — il vint s'irrili' près de la pnhite de Peaa; malade, Colomb ne quitta pas sou vaisseau; usais les Espagnols entrèrent eu rapport avec les iudigéues et eu forent bien accueillis. Ils donnèrent A celle terre le iiouj de Paria, mot qui, d'après Crevaui, désigne l'arc des sauvages et le bois très dur avec lequel ou le fabrique. Colomb fut persuadé qu'il avait trouve uu continent, et un couliuent 1res étendu : y n-m '/w esta tierra... iea gr dissima. Il eu jugeait ainsi d'après le courant d'eau douce qu'il avait constaté et étudie dans le golfe : c'était celui de l'Orénoque.
Découvertes de A. de Hojeda. — Le 1(1 avril U9S, le roi d'Espagne avait accordé nue licence générale d'organiser des voyages d'exploration ou d'exploitation, à la condition de verser au trésor une part dcsljéuétices (lu quart ou le cinquième), Alonzo de Hojeda fut uu des premiers A proliter de cette lile-rlé : llojeda avait accompagné. Colomb daas son second voyage et donné la preuve du plus grand courage A Hispnniola. Revenu eu Espagne, il se laissa influencer par lea ennemis de Colomb, qui le décidèrent a naviguer pour son compte. Il partit de Sévilla eu 1499 avec Jean de la Cosa, Americo Vespucci, et aborda sur un point de la cote brésilienne quel'ou. 11e peut déterminer; il longea le littoral des Guyaues, entra en lutte avec des indigènes, et découvrit le ^ranrl golfe de Maracalho; il fut surpris de trouver là des coustruclions lacustres sur pilotis, et appela le pays Venezuela, la petite Venise, llojeda revint plusieurs fois sur ce littoral, dont il fut le grand explorateur, le véritable conquérant, mais dont il ne sut pas exploiter les richesses.
Kino et Bastidas. — l'tdro-Alomo Niiio fut plus heureux; venu sur les eûtes du Venezuela un peu après llojeda (1199), il s'arrêta dans l'Ile Mnrgarita, dans la bain de Cumaiia. où il échangea ses cotilles contre des perles; il y retourna eu I8QQ et rapporta 961ivrcs de perles grosses comme des noisettes, dit P. Martyr. La cote s'appela désormais cClc des Pales; elle prit aussi le nom plus général de Tni-ir-l^niit-, depuis le golfe de l'aria jusqu'à l'isthme de Darieu. Elle lut encore explorée de iîlufl à i.'ilH par Rodrigo de Bastidas, qui fit une compagne fructueuse.
Il découvrit la ville indienne de la Calamari (1501), qui fut remplacée en 1533 par la ville espagnole de Carthagène.
Balboa. — En 1509 l'amiral dom Diego (fils de Chr. Colomb), gouverneur de Saint-Domingue, voulut coloniser la Terre-Ferme et en partagea le littoral entre Hojeda et Nicuessa. Hojeda eut la partie orientale, du cap Vêla au golfe d'Uraba, qui s'appela la Nouvelle- Andalousie; Nicuessa obtint les côtes de l'Amérique centrale, d'Uraba au cap Gracias- a-Dio s; on appela cette région la Castilled'Or. Vasco Nunez de Balboa, noble castillan, qui avait pris part au voyage de Rodrigo de Bastidas, fut intéressé à l'entreprise; après le départ de Hojeda, qui vint mourir pauvre à San-Domingo, si pauvre qu'il fallut mendier un linceul pour l'ensevelir1, Balboa prit la direction de la colonie ; il fonda Sainte-Marie l'Ancienne du Darien (Santa-Maria la Antigua del Darien)y sur la rive gauche du golfe d'Uraba, et réussit à se débarrasser de Nicuessa, qui fut embarqué sur un mauvais brigantin dont on n'entendit plus parler dans la suite (1511). Balboa fut un administrateur habile de la Castille-d'Or ; prévenu par le fils d'un cacique de l'existence d'un grand océan, il découvrit la mer du Sud le 25 septembre 1513 et arriva sur la côte de la baie Saint-Michel le 29. lljfut mal récompensé; Ferdinand envoya en 1515 un nouveau gouverneur, Pedrarias Davila, qui fit périr le conquérant d'une façon indigne, en 1517. Ce Pedrarias fonda Panama en 1518.
Les Allemands au Venezuela. — L'audience royale de Saint-Domingue recevait souvent des plaintes contre des particuliers de l'île qui allaient dépeupler la Terre-Ferme; on y envoya en 1527 le facteur royal Jean d'Ampuez, qui fonda, dans un endroit appelé par les Indiens la Coriane, la ville de Coro, qui devint très florissante. Jean d'Ampuez occupa aussi les trois lies Curaçao, Oruba, Buenaire. En 1528 Charles-Quint livra le Venezuela aux Fugger, d'Augsbourg, qui espéraient se dédommager des avances faites à l'empereur en exploitant l'or du pays. La colonie allemande, conduite par Alfinger et Barthélémy Sailler, partit de Coro en 1529 pour exploiter les tribus indiennes, qui furent durement traitées : les Indiens périrent par milliers. Alfinger entendit parler d'une maison dor située dans l'intérieur; il partit avec un convoi de porteurs indiens enchaînés comme des galériens, et chacun, avec sa chaîne qui lui pendait au cou, avait à porter une charge qu'on n'aurait pas voulu donner à des mulets. Quand un tombait, on ne prenait pas la peine de détacher le collier qui le tenait attaché avec les autres, on lu coupait la tête. Alfinger mourut, ainsi que son lieutenant; les Fug-
1. « Jamais homme ne fut plus propre pour un coup de main, pour faire et pour souffrir de grandes choses sous les ordres ou la direction d'un autre; n'eut Je cœur plus haut, ni plus d'ambition de se faire un grand nom, ne s'embarrassa moins de la fortune, ne montra plus de fermeté d'âme et ne trouva plus de resmrccs dans son couraye, mais ne fut moins fait pour être chargé en chef d'une ande entreprise, la conduite et le bonheur lui ayant toujours manqué égalent. » (Charleyoix, Histoire dç Saint-Domingue; II, 89-90.)