‹ L'Amérique; anthologie géographiqueChapitre 88 sur 151 · COMBATS DE COQS · texte numérisé non relu

COMBATS DE COQS

ment sans rival au Darien. Son poulailler est tenu en estime, et l'on aventure de fortes sommes sur ses champions. Les bookmakers n'étant pas encore connus là-bas, on ne parie pas à la cote, mais au pair, moyen plus simple et presque aussi sûr de perdre son argent.

Je ne crois pas qu'on sache ici entraîner réellement les coqs; on se contente de les soumettre à un régime particulier. Ces victimes infortunées sont toujours à l'attache ; on leur plume la tête, le bas du cou, le dos et presque tout le ventre, pour ne laisser que les grandes pennes. Les parties mises a nu sont frottées alternativement d'huile et d'alcool, puis on expose les coqs au soleil depuis le matin jusqu'à midi; d'abord rouge et très douloureuse, la peau durcit peu à peu et devient insensible. Pour l'aire aux combattants un caractère hargneux, on laisse à la corde qui flse chacun d'eux à son piquel juste assez de longueur pour que les becs se touchent, et les malheureux volatiles restent tout le jour en arrêt l'un contre l'autre, le bec en avant, les plumes du cou hérissées, les ailes à moitié ouvertes, à la fois pour se protéger les flancs et pour porter des coups vigoureux à l'adversaire. Ils se délient sans cesse par de belliqueux cocoricos. Fredericio en possède une quarantaine, toutes bétesde race, dont plusieurs se vendraient cinq cents et mille francs. Il les envoie combattre à Panama, où il a souvent le dessous; mais dans tous les villages du Darien il ralle immanquablement les paris : par malheur, le total de ses gains est loin de compenser l'importance de ses pertes. » (Arhand Reclus, Panama et Darien, Hachette, 1831,

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