V. Vill
les combats de coq» :
x exemple de la passion qu'inspirent
■ Parmi les visites que j'avais à rendre à Quito, dit-il, il y ■en avait une à un vieux docteur en droit de la plus belle eau, un vrai docteur espagnol du moyen âge, ignorant, entêté, et même orgueilleux de son litre de docteur. Mon vieux Barlholo et sa dévota compagne habitaient une maison fort sale, rendue plus sale encore par la présence de leurs coqs de combat; sur les rampes d'escaliers, sur tous les balustres, perchaient les héros du logis. Ces coqs guerriers sont affreux à voir : mutilés des combats de toute leur vie, saignants de leurs derniers exploits, rouges, l'œil ivre de colère stupide, ils semblent les génies de la brutalité plutôt que ceux de lî
vaillance. Le docteur, comme beaucoup de ses compatriotes, nourrissait la passion des combats de coqs, et s'y livrait dans le secret de sa maison. Il faut aimer le sang pour le sang, et trouver dans la vue de la douleur une honteuse volupté, pour goûter ce plaisir barbare. » (Correspondant du 25 juillet 1874, p. 422.)