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LÉS VOLCANS

Pichincha. — Le volcan qui domine Quito présente plusieurs sommets : le Rucu-Pichincha ou Vieux-Pichincha mesure 4,639 mètres; le Huahua-Pichincha ou Jeune- Pichincha, 4,787 m. ; le Paila- Cuchu, 4,656 m.; le Padre-Encantado, 4,558 m.; le Paluampa, 4,637 m.

« C'est au pied du Paila-Cuchu que s'ouvre le couloir par lequel on accède dans le cratère, dont les éruptions, notamment celles de 1540, 1575, 1660, 1690 et 1859 ont dévasté les. contrées environnantes. Le monstre n'a pas encore rendu le dernier soupir; le feu couve sous les cendres. Toutefois l'activité ne se traduit aujourd'hui que par des jets de vapeur sulfureuse... Ce fut sur un des sommets que les savants La Condamine, Bouguer et Godin élevèrent la croix qui devait servir de point de repère pour leur triangulation. » (M. Monnier, Des Andes au Para, Pion, p. 86.)

J. Remy en fit l'ascension le 1*' octobre 1856; son récit intéressant est dans les Nouvelles Annales des voyages, 1865, 1, p. 129-163. Nous donnons ici le récit de Wisse, qui descendit dans le cratère de Rucu-Pichincha en compagnie du jeune Garcia M oreno, qui devait être le plus grand homme d'État et le plus illustre président de la République ; Moreno devait périr assassiné sur une place de Quito le 6 août 1875.

Ascension du volcan. — « Quoique Quito soit fort près du Pichincha, ce sol volcanique est si tourmenté, si découpé par de profonds ravins, qu'il faut une grande journée de marche pour arriver au sommet. Je partis donc le 14 janvier (1845), à trois heures du soir, accompagné de mon meilleur élève, M. Garcia Moreno , pour aller coucher dans une ferme située dans une petite plaine au pied du volcan. Nous en partîmes le lendemain, à sept heures du matin, et nous montâmes avec nos mules jusqu'à la limite de la végétation, point où il fallait mettre pied à terre. Je laissai les bêtes aux soins de mon domestique, et nous commençâmes à grimper avec un Indien qui nous servait de guide. La pente sur laquelle nous montions est excessivement raide, et nous ne pouvions avancer qu'en décrivant des zigzags. A cela il faut ajouter que la partie supérieure du volcan est toute couverte d'une ponce menue dans laquelle on enfonce ius-

qu'à 2 décimètres, et il faut faire les plus grands efforts pour ne pas reculer sur le sol mouvant plus que Ton n'a avancé. Nous nous dirigions sur un pic que nous apercevions par instants, et dont nous atteignîmes le point le plus élevé à i i heures et demie. Grand désappointement î Un brouillard des plus épais ne nous permettait pas de voir à 15 mètres. Là, je fis bouillir l'eau, je pris la hauteur barométrique, d'où je conclus l'altitude 4,775 m. 60 de ce point.

Descente dans le cratère. — Notre vue commença à pénétrer dans Tintérieur du noir et terrible cratère, mais sans pouvoir en atteindre le fond. Descendons au cratère! Telle fut notre exclamation, et nous voilà lancés comme des fous dans l'entreprise la plus téméraire, et livrés à des périls que jamais homme, peut-être, n'avait osé affronter. Il était midi, notre guide ne voulut plus nous suivre : nous lui laissâmes nos ponchos, espèce de manteaux du pays, et tout ce qui pouvait gêner notre marche. Un grand chien descendit avec nous; mais bientôt, effrayé par les blocs de pierre qui se détachent continuellement des parois et roulent au fond du cratère avec un vacarme épouvantable, il nous abandonna. Nous continuâmes notre pénible descente.

Pendant ce temps-là le vent chasse un peu les nuages, et nous découvrons le fond du cratère et son bord opposé. Enfin nous nous trouvons dans un profond ravin, long, étroit, ouvert à notre gauche et hérissé de toutes sortes d'énormes masses de pierre détachées des parois. Au milieu se dessine un torrent alors à sec. Mon baromètre suspendu à un gros bloc me montre que nous avons descendu de plus de 300 mètres.

Nous continuons notre route par la droite, et nous atteignons, par une pente assez douce, le point le plus bas de la crête qui sépare les deux cratères. Alors nous percevons plus fortement l'odeur des vapeurs sulfureuses, dont nous étions déterminés à découvrir la source. Nous descendons donc, à la grâce de Dieu, sans savoir où nous arriverons, et «n suivant un chemin de plus en plus difficile, car les parois du second cratère sont plus raides que celles du premier... Avant d'arriver au bas nous découvrons un monticule, ou une presqu'île placée au milieu du cratère; nous voyons sur notre gauche des fumées que nous prenons d'abord pour des brouillards, et enfin de longues zones jaunâtres qui couvrent -çà et là le sol. Il n'y a plus de doute, nous arrivons aux bouches du volcan. Nous nous dirigeons sur ces terres sulfu-

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