‹ L'Amérique Centrale et MéridionaleChapitre 32 sur 33 · GUADELOUPE · texte numérisé non relu

GUADELOUPE

La Guadeloupe reçut son nom de Christophe Colomb, qui l'appela ainsi à cause de la ressemblance de ses montagnes avec celles qui entourent une certaine ville de l'Ëstramadure appelée elle-même Guadeloupe.

Un petit bras de mer, que les habitants désignent sous le nom de rivière Salée^ la divise en deux parties. La partie orientale se nomme Grande-Terre : elle mesure vingt-cinq lieues de long sur six de large : la partie occidentale a quatorze lieues de long sur cinq de large ; on la nomme Basse-Terre.

Découverte par les Espagnols, la Guadeloupe fut dédaignée par eux, et ils la laissèrent aux Caraïbes, ses premiers habitants, qui la possédèrent encore paisiblement pendant l'espace d'un siècle et demi.

iôO L'AMÉRIQUE lIÉRlDIONALt;.

Mais, en 1655, six cents Français, sous la conduite de fcolive et de Duplessis, s'embarquèrent à Dieppe et arrivèrent à la Guadeloupe le 22 juin de la même année. On les lajssa paisiblement prendre terre. Malheureusement, ils eurent bientôt épuisé leurs provisions, et ils s'adressèrent aux Caraïbes pour leur en demander d'autres. Ceux-ci ne voulurent ou ne purent les satisfaire. Les Français furieux attaquèrent les malheureux indigènes et en tuèrent un certain nombre; mais les Caraïbes comptèrent leurs ennemis et se comptèrent ; — ils sentirent renaître leur courage, reprirent bientôt l'offensive, et firent aux Français une guerre de surprise et d'embûches qui les réduisit à la dernière extrémité.

On leur envoya de la Martinique un secours dont l'urgence se faisait vivement sentir. Les Caraïbes furent refoulés, et, de ce côlo-là du moins, la colonie n'eut plus rien à redouter. Il n'en fut pas de même du côté de la mer. Les flibustiers ravagèrent ses côtes à plus d'une reprise, et contraignirent ses malheureux habitants à s'expatrier. La plupart se retirèrent à la Martinique.

Les développements de la Guadeloupe furent donc longtemps incertains et difficiles.

Cependant, en 1755, la colonie, nous dit une statistique curieuse à consulter, était peuplée par 9,643 blancs et 41,140 esclaves. Les articles d'exportation étaient leproduit de334 plantations de sucre, 15 terres cultivées en indigo, 46,840 tiges de cacao, 11,700 de tabac, 2,257,725 de café et 12,748,447 de coton. Pour ses consommations intérieures, elle avait 29 carrés de riz et de maïs, et 1,219 de patates, 21,028,529 bananiers, 52,577,950 plants de manioc. Le bétail se composait de 4,924 chevaux, 2,924 mules, 125 ânes, 15,716 bêtes à cornes, 11,162 moutons ou chèvres et 2,444 pocrs.

Les Anglais, qui avaieutdéjà essayé de s'en emparer eu 1703, y réussirent en 1750. La Guadeloupe vit paraître dans ses mers

une flotte considérable ; elle crut la résistance impossible et elle se rendit.

Il serait injuste de ne pas reconnaître que, sous la domination anglaise, la prospérité matérielle de l'île s'accrut sensiblement, par suite de son commerce avec les Antilles britanniques. La culture y fut aussi fort améliorée. Pendant les quatre: ans qu'ils la possédèrent, les Anglais y transportèrent près de vingt mille esclaves, qui permirent d'imprimer à tous les travaux une impulsion nouvelle.

Rendue à la France, quatre ans après lui avoir été enlevée, la Guadeloupe fut reprise par l'Angleterre en 1794. — Ses nouveaux maîtres ne la conservèrent que quelques mois; mais ils la reprirent en 1810, pour la conserver jusqu'en 1814. A partir de cette époque, la Guadeloupe est demeurée dans la possession paisible de la France.

Nous glissons légèrement sur les îles de Marje-Galandë et la DésiRADE, sortes de satellites des deux autres, et qui n'ont point, à vrai dire, une originalité propre.

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