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LE GRAND GEYSER

Ces orifices ou plutôt ces cheminées n'ont aucune communication avec les eaux du lac, La vapeur s'échappe des entonnoirs, et l'on remarque avec étonnement au-dessus des margelles de ces puits naturels une sorte de composition vitrifiée ressemblant fort à de la porcelaine.

C'est particulièrement vers le côté ouest de la rivière Gardiner que sont situées les sources d'eau chaude les plus remarquables de cette vallée du Grand Parc National. Elles ne sont, à vrai dire, ni aussi nombreuses ni aussi surprenantes que celles de la vallée de Yellowstone, ou du Fire Hole Basin, mais les restes de ces fontaines méritent une étude spéciale, eu égard aux dépôts calcaires qui couvrent un espace de 2 milles carrés. Il est à noter que ces sources volcaniques sont situées à 6,545 pieds au-dessus du niveau de la mer. C'est là qu'est le cratère le plus ancien du territoire.

Lorsqu'on a remonté un des côtés de la montagne, au-dessus du lit de la rivière Gardiner, on jouit d'un coup d'œil féerique, car on a devant les yeux un travail de la nature qui défie toute description exacte, Nous dirons seulement qu'on se croirait en présence d'une cascade glacée, et c’est à cette blancheur d’albâtre qu'il faut attribuer le nom qui a été donné à ce site curieux, que l'on désigne ainsi : « la Source chaude de la Montagne Blanche ».

Les touristes dressent leur campement vers la base de la roche la plus élevée, sur les bords d'un ruisseau qui servait de récipient aux eaux des sources chaudes, lesquelles, en descendant, se refroidissent et peuvent être utilisées pour les besoins des voyageurs.

Cette montagne est composée de débris calcaires, si bien que l'on y voit avec étonnement des étages superposés, comme des escaliers de géants. Ces temps d'arrêt servent de récipients aux eaux qui ruissellent de bassin en bassin, jusqu'aux margelles ciselées et ornées de broderies, ou de festons pétrifiés.

Toutes ces cuvettes ont des formes diverses et des dimensions qui ne se ressemblent point: les unes très creuses, les autres plates. Sur le sommet de la montagne se déverse la plus belle source de tout le pays, du diamètre de 25 pieds de long sur 40 de large. L'eau qui jaillit de ce puits est d'une telle limpidité qu'on peut voir jusqu'au fond du bassin,

Tous les rebords de ce récipient naturel sont ornés de coraux grisâtres, bleus, blancs, jaunes, qui ,réfléchis par le miroir fragile, donnent au liquide une teinte féerique. Sur la partie du fond on peut admirer des stalactites de toutes les formes qui ajoutent au pittoresque de ces curiosités du Grand Parc National.

On trouve sur le côté ouest, à un tiers du chemin de la Montagne-Blanche, des cratères anciens aboutissant à des cavernes souterraines placées sous la croûte volcanique. Tout autour, sur des terrasses étagées, on rencontre encore des bassins, les uns vides, les autres pleins d'eau, au fond desquels se trouve un sédiment aussi fin que du sel et d'une blancheur de neige.

Sur le sommet, on aperçoit enfin un cône très remarquable, de 50 pieds de haut sur 25 de circonférence qui, eu égard à sa forme, a été nommé le « Bonnet de la Liberté ». Tout porte à supposer que c'est là le reste d’un geyser éteint.

Toute cette vallée du Yellowstone est plus ou moins remplie de ces bassins-fontaines pleins ou vides, Quant aux vasques naturelles qui n'ont plus d'eau, on remarque sur les lèvres de ces cuvettes des dépôts de fer qui bordent le lit dans lequel les eaux s'écoulaient.

La température des eaux bouillantes varie de 99 à 120 degrés; quelques-unes de ces sources ont 192 degrés de chaleur.

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