COTES DE L'ÉTAT DU MAINE ET RIVAGES DE L'EST AMÉRICAIN
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En avançant encore le long des rivages de l'est, on arrive à Salem, une autre colonie des anciens pèlerins plus ancienne encore que celle dont il vient d'être question, Endicott — un des « saints », — lors de la séparation en districts de Merrimac et de Charles, sept ans après l'arrivée des émigrants religieux, — fonda Salem, dont l'étymologie veut dire « paix ». Cette petite ville a réellement l'aspect d'une vieille cité anglaise, aux rues larges et aux maisons sérieuses. Salem faisait autrefois un commerce suivi avec les grandes Indes , et ses magasins étaient remplis des plus belles étoffes, des produits les plus riches de l'extréme Orient. Dans le musée de la ville on montre, précieusement conservée, la charte du roi Charles I" qui garantissait la propriété de la baie de Massachussets. C'est à Salem que l'on peut visiter la plus vieille église de la Nouvelle-Angleterre, bâtie en 1634. La superstition — qui se mêle toujours plus ou moins à la religion — avait cru devoir assigner Salem pour séjour.aux « fées » du pays. On pendait, au xvn* siècle, toutes les vieilles femmes suspectées d'entretcu.. des relations avec les sorciers, et l'on voit encore sur la montagne le lieu où était dressé le gibet. En côtoyant les rives qui s'étendent au delà de Salem, on arrive au cap Ann, qui est la frontière nord de la baie de Massachussets; plus loin on peut atterrir au rendez-vous d'été de tous les excursionnistes, l'ile Lowell, vis-à-vis de laquelle, sur la terre ferme, est située la vieille ville de Beverley.
En continuant cette exploration, le touriste pénètre dans le pays de Venhau, près duquel un joli lac attire les promeneurs, qui l'ont nommé le «Paradis sur terre».
On passe à Ipswitch, célèbre par ses collines vivifiantes et son « collège » pour les demoiselles où — au dire d’un historien — tous les étudiants d'Andover doivent choisir leurs femmes parmi les filles des vieux puritains. A la suite on visite Manchester aux rivages sévères et enfin on pénètre dans l’anse de Glocester, métropole des pêcheries du nord de la Nouvelle-Angleterre, retraite des capitaines âgés et des pêcheurs ayant amassé quelque bien.
Dans le voisinage de cet écueil on montre au voyageur le Rafe's Chasm, fissure de deux rochers de cent cinquante pieds de haut, au fond de laquelle roulent les eaux de la mer à une profondeur de soixante à soixante-dix pieds. Non loin de là, à Goldsmith Point, où sont bâties des villas élégantes, on parvient à un autre abime également curieux.
Le cap Ann est, à proprement parler, üne ile séparée du continent par le Squam River et par un canal nommé le Cut — la coupure, — Le sol est rocailleux et, à peu d'exceptions près, dénudé; quelques arbres touffus poussent cependant au milieu de ce point isolé. On jouit, du haut du promontoire, d’une vue très étendue, car on aperçoit à l'horizon Boston et la coupole du State House du côté du sud et le mont Monadnock au nord. La campagne est superbe dans les environs, qui sont réputés pour l'abondance de leurs fruits et de leurs fleurs. Dans les forêts les arbres des essences les plus précieuses croissent à volonté, et ils profitent de l'air et de l'espace favorable à leur développement. Le parfum des roses et des violettes embaume l'atmosphère; on se croirait près des orangers de Nice et de Monaco. Un site très visité est celui de Pigeon’s Cave, coin de terre percé de splendides avenues ombragéés, et planté de jardins qui entourent des villas élégantes.
Au nord du cap Ann, après avoir suivi un chemin couvert planté de saules qui forment un dôme au-dessus de la tête des passants, on parvient sur le bord de la mer à Annisquam, puis à Essex, deux villages très bien situés au sud de la baie de Merrimac.
L'on aperçoit de là la vieille ville historique de Newburg, port qui, comme Salem et
Marblehead, est d'une origine très ancienne. Entre Newburgport et Portsmouth la plage,
autrefois rocailleuse et hérissée de pierres, est devenue unie et sablonneuse, On trouve
Salisbury, Hampton et Rye, stations de bains de mer très fréquentées, quand la saison
d'été est venue. Portsmouth, bâti à trois milles de distance du rivage de la mer, est séparé de
l'Etat du Maine, par une baie préservée par une ile Contre les ébats des vagues irritées. Son
origine date de 1623. Dans le voisinage de Portsmouth on trouve les îles des bancs de
sable — Shoal Islands — au nombre de huit, toutes plus dénudées les unes que les
autres, Le plus grand de ces îlots, ayant pour nom Appledore, dresse sa tête de pierre à
cinquante pieds au-dessus de la mer.
Un peu plus loin voici Smatty Nose Island, un récif souvent fatal aux navires; Scavey et Duck, deux ilots également périlleux, fréquentés par les gros oiseaux de mer.
Au delà de Portsmouth, la côte est assez droite, mais au delà de Wells Harbour elle se dirige au nord-est jusqu'à l'embouchure, cachée par les îles, de la rivière Saco. Çà et là des villages habités par des pêcheurs, puis entre Portsmouth et Portland une grande plage nommée York.
La baie de Casco est couverte d'ilots dont le nombre, dit-on, égale celui des jours de l'année. Les Américains comparent ce point maritime de leur territoire à la baie de Naples. Deux phares « ‘Twin sorten » éclairent l'entrée de ce havre. Il y a également, à peu de distance, l'ile Cushing, boisée, gazonnée et bordée par des rochers pittoresques.
Voici les forts Preble, Scammet et George; le phare de Portland à l'horizon, les quais où s'agite la population de la ville, et enfin, là-bas, la cime neigeuse du mont Washington, qui devrait fumer comme le Vésuve, peut rendre le tableau plus frappant encore.
L'ORÉLISQUE.