‹ L'Amérique du Nord pittoresque [microforme]Chapitre 52 sur 211 · LA VALLEE DE GENESEE PITA · texte numérisé non relu

LA VALLEE DE GENESEE PITA

commerce s'enraciner et prospérer sur chaque point, grâce au déversement du trop plein de la population de l'Europe, qui vient chercher en Amérique un bien-être inconnu sur le vidux continent,

Ce bouleversement complet, survenu aux États-Unis, dans la période d'un siècle est-il fn bien ou un mal? Ce n'est pas à nous à décider la question, Nous nous bornons à constater le fait, Ce qu'il y a de certain, c'est que si les Etats-Unis et le reste du nouveau monde n'existuient pas, la vieille Europe serait dans l'impossibilité de nourrir ses enfants, Tout est donc pour le mieux et, comme l'a dit le bon La Fontaine :

Dieu fait bien ce qu'il fait, sans en chercher la preuve...

En dessous de Rochester on montre aux touristes les Hautes Cascades, — Upper Falls, — dont l'élévation est de 06 pieds. Cette force motrice n'est malheurensement pas dans la ville même, sans cela on aurait pu l'employer à y faire des merveilles ; toutefois on à utilisé le courant d'eau pour la mise en mouvement des usines à farine qui bordent les rivages du Genesce.

Cette première cascade au-dessous de Rochester est suivie de plusieurs autres, comme dans le pays espacé entre Portage et Mount Morris, Toutes ces chutes d'eau varient de 300 à 160 pieds d'élévation. La force de ces cascades est donc de près de 40,000 chevaux,

Rochester se targue, avec raison, d'avoir dans ses environs les plus belles pépinières et des jardins semis connus dans toute l'Union, voire mème dans le monde entier.

Les habiles jardiniers qui se sont consacrés à ce genre de culture ont voulu se procurer les plants les plus rares d'arbres de toutes les essences de l'univers, Les uns sont reproduits en pleine terre, dans des carrés spécialement destinés à telle ou telle variété; les autres sont placés sous les abris protecteurs de vastes serres, où la chaleur factice remplace les rayons du soleil indispensables à leur développement, On trouve dans les plantations grandioses de Rochester la flore de toutes les zones du globe, et celui qui veut s'approvisionner Chez les pépiniéristes de cette ville n'a qu'à faire son choix sur les catalogues que l'on expédie à ceux qui les demandent.

Comme à l'Isola-Bella du lac Majeur, on trouve à Rochester des palmiers, des orangers, des citronniers, des cédratiers, des figuiers de Barbarie à raquettes, des aloës, des bégonias, des lauriers-roses, des bananiers, des néfliers du Japon, ete., qui, en pleine terre, ou sous l'abri des toits de verre, donnent en toutes saisons, hiver comme été, des fleurs et des fruits à ceux qui les cultivent,

Les semis de plantes des jardins ont également attiré l'attention des spéculateurs jardiniers. Correspondant avec toutes les parties du monde, ils ont fait venir de la Perse, de l'Égypte, de la Chine, du Japon, de l'Australie, des grandes Indes, des iles du Pacifique, de l'Amérique du Sud, du Mexique, de la Havane, et de la France même, — en cela ils ont agi sagement, — des graines et des boutures qui ont prospéré de toutes façons chez eux.

Les jardins de Rochester et de ses environs sont de vrais paradis terrestres. Il y a tel pépiniériste qui en remontrerait au plus habile de nos agriculteurs et horticulteurs de Paris et de ses environs. Nous avons toujours été étonnés, en visitant ce coin des États- Unis, de la multiplicité de la flore universelle, qui n'a rien de pareil en aucun lieu des

pays civilisés, C'est un bel exemple à suivre pour tous les « Jardins des Plantes » de nos grandes villes d'Europe. Ce que les institutions publiques ne peuvent réaliser se trouve accompli en Amérique par de simples particuliers associés ensemble pour arriver à un but extraordinaire.

Le voyageur qui se rend de New-York à Rochester est réellement bien récompensé par la contemplation de ces curiosités sylvestres et florales,

La rivière Genesce, lorsqu'elle va se jeter dans le lac Ontario, s'étend à droite et à gauche, de façon à former une vaste baie au milieu de laquelle les navires se placent à l'abri des vents et des tempêtes. Quelques-unes de ces embarcations S'aventurent même jusqu'au pied de la dernière cataracte; mais le véritable port pour les navires caboteurs est placé à l'endroit où a été bâti le village de Charlotte. Un phare, des quais et une station de chemin de fer qui met en communication Rochester avec les négociants en farines ct

autres, ont fait de ce voint du littoral un séjour très animé

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