‹ L'Amérique du Nord pittoresque [microforme]Chapitre 86 sur 211 · NORTH POINT ; LE CAP DU NORD · texte numérisé non relu

NORTH POINT ; LE CAP DU NORD

vient se baigner dans les ondes du ruisseau et met en fuite les poissons qui ne s'attendaient pas à ce grabuge; mais bientôt les quadrupèdes ont cessé leurs ébats et rentrent sous bois : tout est redevenu calme, jusqu'au moment où le chasseur pressera la détente de son arme et fera parler les échos au milieu desquels la détonation a éclaté.

Les chances sont bien plus grandes pour le sportsman dans les montagnes que celles

qu'il aura sur les rives du fleuve, Non seulement il rencontrera du gibier, mais il jouira des points de vue enchanteurs qui se déroulent à l'horizon de quelque côté qu'il se tourne, Le tumulte des ondes écumantes ne peut parvenir à ses oreilles; il n'aperçoit, au-dessous de lui, que le ruban argenté du fleuve qui a pour origine les rayons du soleil.

Mais, si l’on fait le même trajet, la nuit, par un beau clair de lune, le spectacle est encore plus ravissant.

Ce Détroit du Chasseur est le dernier effort du Susquehanna pour s'élancer hors des barrières qu'il a traversées sur son passage. On retrouve, çà et là, des traces des combats livrés par l'élément contre la roche qui lui barrait la route vers la mer. A Dauphin Point, particulièrement, ces indices sont très visibles. Les montagnes, très élevées, sont minées à leur base; elles offrent au passant qui les examine des formes bizarres, tours, vieux châteaux démantelés, bastions informes, couronnés également par des haies de verdure. Ce sont autant de tableaux présentés aux peintres et aux littérateurs amis de la nature, qui ravissent ceux-ci et les inspirent.

Le tracé du chemin de fer qui a longé le Juanita, sur la rive gauche du Susquehanna, s'éloigne dans une autre direction, à Duncanon, et les montagnes se dressent les unes sur les autres.

A partir de cet endroit, le paysage change d'aspect, car, jusqu'à la partie que l'on appelle le Northumberland, où le courant d'eau se divise en deux, — l’un appelé le Nord, l'autre l'Ouest, — les cimes se sont abaissées, et les rivages du fleuve ne sont plus bordés que par des collines peu élevées, toutes cultivées par d'habiles fermiers, dont les maisons égayent les champs où croît la moisson, où mürissent les fruits.

Les rangs de maïs se pressent les uns contre les autres, le blé se dore à l'abri des côtes protégées par la forêt lointaine, et, sur la rive même du fleuve, les plants de tabac verdoient, grâce à l'humidité qui leur est nécessaire.

Du côté du Northumberland, la base des collines devient plus verte, les arbres sont plus rares; à certains endroits ils n'existent plus. Ce point du territoire est fort curieux à étudier. C’est là que le bras nord retombe dans le bras de l'ouest pour suivre cette direction. Une île déboisée s'est implantée entre ces deux courants d'eau, à la pointe de laquelle le Susquehanna coule majestueusement.

C'est réellement à Northumberland que le commerce des bois a le plus d'importance. Le bras, du côté de l’ouest du Susquehanna, à Williamport, décrit à ce point du pays une grande courbe, en laissant derrière lui la chaîne des Alleghanies, C'est à cet endroit que la rivière Lycoming se jette dans le fleuve et y amène des troncs d'arbres qui sont formés en radeaux pour être plus facilement transportés. Le nombre de ces convois de pins, de cèdres, de chênes, liés ensemble, est réellement énorme. Il y en a partout, dans l’eau, sur la rive. Les enfants jouent à cache-cache derriére les grandes billes de bois et courent comme s'ils glissaient sur celles qui flottent à la surface de l'eau noirâtre. D'aussi loin que la vue peut se porter, les yeux ne peuvent se reposer que sur des troncs d'arbres, La surface du Susquehanna en est couverte.

Si nous descendons encore le courant, nous verrons la vallée du fleuve se rétrécir dans les environs de Lock Haven, un autre petit port où l'on fait le commerce de bois comme à Williamport, mais bien plus gai, bien plus animé, et situé dans des parages très pittoresques. Les eaux qui alimentent le canal du Lock Haven viennent de la source de

Bold Eagle Valley; elles se jettent à leur tour dans le Susquehanna, après avoir traversé toute la vallée, depuis Tyrone, non loin des sources de la Juanita.

Lock Haven est bâti sur la droite du fleuve, dans la position du sud. Le chemin de fer traverse le Susquehanna en cet endroit et remonte vers le nord. Les ingénieurs ont été forcés de faire ainsi franchir le fleuve à leur voie ferrée; car il eût été impossible de suivre les bords du fleuve sur lesquels la montagne descend à pic et va baigner sa base dans l'eau,

A North Point, particulièrement, les rochers semblent vouloir arrêter le courant. Mais, si l'on regarde de l’autre côté, on aperçoit une colline que l'on prendrait pour un lion couché, guettant le passage d’une proie. Tout contre, c'est-à-dire côte à côte de ce monument de pierre, s'élève une roche en forme de tour pyramidale séparée de la masse granitique par un ravin très pittoresque, rempli par des arbres verts dont la cime, quand elle est agitée par le vent, ressemble à une mer couverte d'algues vertes.

Les différents arbres qui croissent le long du Susquehanna sont de diverses essences : chênes, pins, érables, hickories, sapinettes, tulipiers, bouleaux, merisiers, etc.; mais les bûcherons prétendent que, dans l’origine, les pins étaient les seuls représentants du genre combustible; les autres ont poussé à l'endroit où les premiers étaient tombés. Cette version peut être exacte, car l'on remarque que les pins seuls poussent dans les endroits distants du fleuve, où la hache n'a pas encore fait son œuvre. Les bûcherons ne travaillent que dans les parties de la forêt avoisinant un cours d'eau, au moyen duquel ils pourront faire naviguer les troncs coupés par eux jusqu'à Williamsport ou Lock Haven.

Rien n'est plus admirable, plus grandiose que la forêt de sapins et de pins, dont le silence est à peine troublé par le murmure de la brise. On éprouve une sorte de terreur lorsqu'on s'avance entre ces colonnes géaries. Dans les autres bois, le mystère est d’un genre différent, la vue est à chaque instant récréée par un spectacle nouveau, les oreilles perçoivent des sons à chaque instant renouvelés, tandis que, sous la sapinière ou dans la pinière, rien ne bouge, rien ne se fait entendre. L'atmosphère est chargée d'émanations térébenthineuses, qui sont quelquefois enivrantes, tant elles sont fortes. Les bûcherons et les peintres sont les amants de ces forêts solennelles.

Mais, quand la hache a abattu les géants majestueux des vallées du Susquehanna, lorsque les copeaux ont recouvert le sol, les fleurs des rhododendrons et des azalées ne se montrent plus comme à l’époque où la forêt était vierge : on s'imagine voir un abattoir où la mort a fauché ce qui vivait, sans épargner rien autour d'elle.

Il n'est pas facile de trouver un abri dans ces régions lointaines, même dans les cabanes des bûcherons. Ceux qui vont là pour pêcher les truites dans les ruisseaux poissonneux font acte de prévoyance en apportant avec eux tout ce qu'il leur faudra pour vivre et pour se reposer; nous signalerons cependant un hôtel qui a été élevé non loin du chemin de fer à Renovo, entre Lock Haven et Emporium. Cette maison hospitalière est promptement devenue le séjour favori de tous les voyageurs, chasseurs et pêcheurs. A cet endroit du pays du Susquehanna, le fleuve forme une sorte de fer à cheval et son lit est assez étroit. La montagne du côté sud se dresse tout droit, formant une roche tarpéienne, tandis que, sur la rive opposée, le terrain est bas et marécageux. L'hôtel a été bâti au milieu d'un espace couvert de gazon, bordé de plates-bandes fleuries; mais, quoi qu'ait voulu faire la main de l’homme, elle n'a pu réussir à éclipser la flore sauvage des bois et des montagnes.

Au printemps surtout, le parterre de la nature éclipse celui des jardiniers. Du reste, cette rivalité, cette émulation entre la nature et la culture est faite pour le plus grand plaisir des visiteurs.

Vis-à-vis de l'hôtel de Renovo, un rocher élevé de 2,300 pieds, tout à pic et entièrement recouvert de feuillage, arbres, vignes vierges, lierre et autres plantes grimpantes, qui est si haut que l'on ne peut mème pas le voir entièrement réfléchi dans le miroir des eaux du Susquehanna, En cet endroit, la rivière est si étroite qu'on pourrait même la traverser à gué sur les pierres plates qui en garnissent le fond. Tout ce petit village de Renovo s'allonge en descendant la rivière et regarde les collines beaucoup plus basses que la vue embrasse sur l'autre rive.

Peu de personnes se hasardent à gravir cette haute montagne de Renovo, sur laquelle on redoute les chutes et plus particulièrement les morsures des serpents à sonnettes. Les mêmes dangers ne sont pas à Courir sur la rive opposée. Aussi la vallée et les collines qui se trouvent à portée sont-elles parcourues fréquemment par les chasseurs et les promeneurs : ces derniers y trouvent des fraises et des myrtiles qu'ils cucillent avec délice pour les offrir aux dames qui les accompagnent dans leurs excursions, Pour se rendre de ce côté du fleuve, on traverse à pied ou en voiture, sur un bac assez mal entretenu, composé d'un bateau plat sur lequel est attachée une corde qui roule, au moyen d'une poulie, sur une autre corde, passée en travers sur le fleuve, à deux poteaux plantés chacun sur un des côtés du Susquehanna.

Pendant les mois d'hiver, quand les eaux sont aflolées et que le vent souffle, cette traversée n'est point sans péril; mais, dans la belle saison, le plaisir de passer d'une rive sur l’autre est compté dans le nombre de ceux que l'on se procure à Renovo. La vue dont on jouit du milieu du fleuve est réellement superbe, On se rend plus facilement compte de la forme circulaire de la vallée et l'on comprend de quelle façon la montagne semble s'être retirée pour laisser aux habitants un peu de terrain sur lequel ils pourraient bâtir leurs demeures. Çà et là se trouvent des flots couverts d'algues sur lesquels des grues et des butors se tiennent debout sur leurs longues pattes, se livrant à une pêche très fructueuse. pour eux. On se plaît à admirer l'altitude de la montagne et les teintes qu'elle assume quand le soleil se couche derrière elle,

Il y a dans tout le voisinage un nombre infini de charmants ruisseaux que le touriste ne peut apercevoir, mais qu'on lui indiquera s'il aime à se livrer aux plaisirs de la pêche aux truites. On a donné à ces courants d'eau des noms étranges : Kettle-Creck, Hammersley-Fork, Young Woman’s Creek, Fish Dam Run, WhykofFs Run, Sinnemahonning Run, etc., etc. Ce dernier est un afiluent assez important qui se jette dans le bras ouest du Susquehanna. Son lit est creusé derrière Emporium et, pendant la saison du printemps, il sert à charrier d'énormes blocs de bois.

Au-dessous de l'endroit où le Sinnemahonning se jette dans le Susquehanna et le Little-Creek Run, 16 eaux du fleuve font un grand détour dans la direction de la ville de Clearfield. Mais, depuis ce moment-là, ce grand courant d'eau cesse d'être un vrai fleuve; il se change en petits ruisseaux employés pour arroser une plaine très fertile dans la partie basse. Le plus grand produit est celui du minerai de fer qui se trouve en abondance dans les montagnes. On comprendra que la flottaison du bois n’est plus possible dans des conditions pareilles : aussi le bois que l'on coupe dans ces parages sert-il au chauffage des

LE BAC A KENOVO,

fours et à celui des fonderies, Le paysage n'est pas aussi agreste qu'on pourrait le croire, car les collines sont peu élevées et la forêt toujours verte les couvre en entier, Les géologues seuls trouvent là des sujets d'études fort curieux et des preuves palpables des combats de l'eau contre la pierre dans les temps préhistoriques,

Si nous voulons suivre le cours du nord du Susquehanna, il nous faudra remonter jusqu'à Northumberland, A dater de ce point, le fleuve s'élance en avant dans la direction de l’est, à travers une série de collines grandioses que l'on a nommées les Alleghanies. Le chemin de fer court vers la rive nord, bâti sur une sorte de terre-plein moitié naturel, moitié dû à la main des hommes à la base de la montagne. Entre la voie et le fleuve, on a pratiqué le lit du canal de la Pensylvanie qui vient des sources du Susquehanna dans l'État de New-York jusque-là et descend encore plus bas. Les montagnes de ce territoire sont plus ardues, plus rocailleuses, moins couvertes de verdure : il y a une grande diflérence entre ce paysage et celui des montagnes du bras de l'ouest.

Le touriste, en arrivant à Danville, s'aperçoit bien vite, en contemplant les cheminées pointues des hauts fourneaux, qu'il n'est pas sorti du pays des mines. En eflet, non loin de là, il peut visiter, si bon lui semble, les caves au charbon de la Pensylvanie, très célèbres dans toute l'étendue de l'Union.

Le fleuve, après s'être éloigné de la rive où Danville prospère, décrit une grande courbe vers le sud, à travers un pays moins boisé, Les collines descendent mollement vers le lit du Susquehanna, dont leur base n'est séparée que par le chemin de fer et le canal. Deux moyens de transport fort utiles aux besoins de l’industrie et du commerce, Entre cette voie ferrée et ce canal, une digue a été constrrite, qui est toute couverte par une dense végétation. C'est à l'extrémité de cette digue que les deux bras du Susquehanna se rejoignent. Les eaux, dès lors, redeviennent plus transparentes qu'elles ne l'étaient à Renovo, Williamsport et Lock Haven.

Si l’on examine avec soin les montagnes qui couvrent le terrain sur la rive ouest du fleuve, on reconnaîtra qu'elles sont couvertes d'une belle végétation : les chênes, les noyers hickories croistent en abondance et donnent une teinte sombre à la forêt. Une sorte de brouillard s'élève du sein des eaux, à travers lequel on remarque un long ruban d'argent qui fait cligner les yeux. Un peu plus bas, on peut voir des ouvriers taillant la pierre pour en extraire des blocs employés pour la construction.

En descendant encore, le voyageur trouve sur sa route un bâtiment noir et enfumé d'une forme bizarre; c'est l'entrée d'une mine de charbon, près de laquelle il peut visiter de nombreuses fonderies de fer. Cette agglomération d’industries donne de la vie à la contrée que l’on traverse, et l'on parvient ainsi, en continuant la route à travers des vallées et des montagnes boisées, en franchissant des ruisseaux écumants, des fonds vides ou remplis, à Miffin, Shickshinny, et enfin à Hunlock. Le ruisseau que l'on appelle Hunlock n'est pas d'une longue étendue, mais il est assez large et ressemble plutôt à une cataracte qu'à un torrent, On emploie le courant d'eau au « charriage » des billes de bois, dont quelques-unes sont énormes.

Il y a à Hunlock une mine de charbon dont l'orifice s'ouvre juste sur le bord du ruisseau, si bien que les mineurs qui sont au travail dans les profondeurs de la terre entendent le murmure du torrent au-dessus de leur tête, et s'imaginent quelquefois que le tonnerre

gronde, En hiver particulièrement, — lorsque les eaux emportent des billes de bois et des morceaux de glace, — le bruit est très sonore,

Le touriste qui a dépassé Pillsburg Knob, — une sorte de cap très bizarre sur les bords du Susquehanna, du côté nord, — parvient à Nanticoke, où le lit du fleuve s'élargit considérablement, Les eaux sont peu profondes, et on a organisé en cet endroit une écluse destinée au charriage du bois, lequel, du reste, ne sert plus à grand'chose, car les bûcherons ont presque cessé de travailler, On trouve dans ces parages de nombreuses terres cultivées, où la récolte du tabac est très fructueuse,

Du côté nord du fleuve, les collines sont étagées sur trois rangs, tandis que, sur la rive sud, elles n'ont que deux élévations, L'aspect de ce territoire est réellement très beau; les roches assument une couleur rougeâtre d'un effet très pittoresque. Le lit du fleuve décrit des courbes multiples qui attirent les regards et les captivent.

On pénètre en ces parages dans la célèbre vallée de Wyoming, dont les contours passent avec raison pour être pleins de charme. Les montagnes d'une élévation modérée, la couleur des eaux du Susquehanna, tout égaye les yeux et inspire le poète, Le chemin de fer tracé sur la rive du nord est très haut perché, et l'on domine le paysage du haut de la plate-forme des wagons qui entraînent au loin les touristes, Ceux-ci doivent s'arrêter à Kingston et traverser le fleuve à Wilksbone : c'est là le centre de la région « charbonière », de la vallée de Wyoming. La ville dont nous parlons est bien hâtie et d'un aspect très gai.

Le pont qui traverse le Susquehanna en cet endroit s'appuie sur une île verdoyante, formée par des alluvions. On voit, du milieu de cette construction, l'hôtel de la vallée de Wyoming, placé sur la gauche. L'architecture de ce bâtiment est du style « Tudor », et la pierre grise sculptée est d'un effet merveilleux.

Le fleuve, à ce point de son parcours, décrit une courbe gracieuse : on dirait un serpent argenté se frayant un chemin à travers une double haie de verdure. Derrière ce caravansérail on aperçoit, étagées sur la montagne, toutes les maisons de plaisance des gens riches du pays.

Si l'on veut jouir d'une vue panoramique grandiose, il faut se rendre à Prospect Rock, à 2 milles au delà de la ville. On gravit à cet endroit une montagne escarpée mais on est bien récompensé de la peine que l’on a prise une fois que l'on parvient au sommet.

C'est à peine si la vue s'étend sur un demi-cercle de 4 milles d'étendue; mais n'importe! le spectacle est enchanteur; les yeux se portent sur les méandres du fleuve, à travers les plaines cultivées de ce territoire plantureux. D'après la comparaison d'un poète américain, on se croirait dans le site où la Bible a placé l'échelle de Jacob, lorsque les anges remontaient de la terre pour regagner le ciel :

L'âme s'envole au loin par delà l'horizon.

Et redescendant ensuite vers la vallée de Wyoming, le touriste suit d'un œil songeur les sinuosités du fleuve, qui semble un lit de perles fondues coulant entre deux rives d'émeraudes.

Toute cette vallée est ensevelie dans la verdure, à l'exception des quelques endroits où les hommes ont posé leurs tentes. Là s'élèvent vers le ciel les clochers des églises et les monticules rocailleux où les bois ont été arrachés pour les besoins de l'industrie.

LE CANAL A HUNLOCK

pensé les fils des défenseurs du territoire qui sacrifièrent

Cette contrée agreste, où tout ce qui vous entoure rappelle l'idylle et vous remémore les vers du poète Virgile, n'a pas toujours été aussi calme qu'à l'époque actuelle, Au temps de la conquête, les Indiens se livraient souvent à des déprédations terribles : brülant les villages des visages püles, scalpant les têtes, torturant les malheureux qu'ils attachaient au pilori,

Derrière le petit bourg de Wyoming, On aperçoit Un mo nument taillé dans la pierre, en commémoration du massacre commis par les Peaux-Rouges le 3 et le 4 juillet 1778.

Le colonel Zebulon Butler, à la tête d'un petit corps de volontaires, défendait la vallée contre une troupe de soldats anglais bien supérieure en nombre, dans laquelle une tribu d'Iroquois était incorporée.

Repoussés, le 4 juillet, les Américains se réfugièérent dans le fort avec les femmes et les enfants, Le lendemain, ils se rendirent, sous la promesse formelle qu'ils pourraient se retirer du côté du nord,

Hélas! ces infortunés furent livrés aux implacables Indiens par l'officier anglais, et tous, sans exception de sexe, furent taillés en pièces avec la plus grande cruauté par ces sauvages sanguinaires.

Ce sang versé a produit des miracles! De nos jours, ce baptème terrible a racheté bien des fautes et la prospérité a récom-

leur vie au bien de leur pays.

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