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Historique do l'élevag-e.
Deux courants d'importation, se réunissant aux seizième et dix-septième siècles, donnèrent lieu à la formation des énormes troupeaux qui constituent le capital argentin de bétail. Un de ces courants partit directement de l'Espagne et s'établit sur les rives du fleuve La Plata ; l'autre commença au Pérou et vint occuper les provinces de l'intérieur. Les bétes à cornes, les chevaux et les moutons importés du Pérou dans l'Argentine venaient surtout du sud de l'Espagne. Les premières et les seconds appartenaient aux variétés andalouses; les derniers étaient de la race chiirra, se caractérisant par le peu d'os et par la laine longue, dure et pas frisée.
L'imjiortaliou de taureaux « Herefonl » et « Shorntliorn », de moutons et brebis « ISIérinos » et de chevaux de trait et pur sang, commença dans les premiers temps du dix-neuvième siècle et augmenta graduellement jus(|u'à 1870, époque où on initia Fimportation en grande échelle de bétail appartenant à des races pures et améliorées. Depuis lors, on a importé une telle quantité de moutons et brebis Mérinos (français, allemands et espagnols), Leicester, Lincoln, Romney Marsh et autres races semblables; Southdovs^n, Hampshiredown, Shropshiredown, Oxfordshiredown et autres races à tête noire; d'étalons et juments de races arabe, pur sang de course, Shire, Glydesdale, Percheronne, Flamande, Suflolk- Punch, Anglo-Normande, Cleveland, Yorkshire-Coacher, Norfolk, Hackney. llunter, Oldenbourgeoise, Trakehnen, Hambletonian et autres; et de taureaux
l'.VMÉUIQUK LATl.NK i[)3
et vaches, Shorthorn, llereford, Aberdeen, Ansiis, Holsleili, Flamande, Suisse et autres variétés, que le bétail sauvage, originaire du [)ays, a été si change par le croisement que son poids, ses proportions et son rendement de viande et de laine offrent aujourdliui une très grande augmentation.
Ainsi, la moyenne du rendement de laine des moutons ordinaires, sans être choisis, est niainlenant de 2 kilogrammes et demi, tandis qu'en 1870 il était de trois quarts de kilogramme ; les bou\ illons ordinaires de quatre ans donnent aujourd'hui 250 kilogrammes de viande, tandis qu'en 1870 ils n'en donnaient (|ue 150.
La ferme. — Sept types différents.
V eslancia argentine est formée par une étendue de terre de 10.000 hectares en moyenne, mais qui peut varier de 2.000 à 300.000 hectares. Elle se divise en sept types différents, savoir :
1° Exclusivement destinée à l'élevage de bêtes à cornes, de moutons et brebis, et de chevaux ;
2° Destinée à l'élevage de bêtes à cornes, jnouloiis et brebis, et à l'engrais de leurs produits ;
3" Exclusivement destinée à l'engrais de bêles à cornes, moutons et brebis ;
4" Destinée à l'cdevaiie combiné avec l'agriciillure :
5" Destinée à l'élevage et à l'engrais de bétail, en combinaisons avec l'agriculture ;
0" Destinée à l'élevage et à l'engrais du bétail a la lailcricî ;
7" Ivxclusivemcul destinée à la laiterie.
Toutes les eslancias sont plus ou iiidius orgtinisées
• iARZÛN. — L'Amérique luUiie. 18
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d'après le même plan. Les contours de Vesiancia sont formés par des fils de fer, son intérieur divisé, de même, en enclos de 100 à 2.500 hectares, avec un ou plusieurs puits ou jagûeles avec leur abreuvoir pour le bétail (quand les enclos ne sont pas traversés par un ruisseau) ; un nombre donné de ces enclos est destiné au bétail de reproduction, en réservant pour l'engrais ceux qui ont de meilleurs pâturages; les autres enclos sont affectés à l'agriculture ou au bétail de laiterie. L'établissement principal, ou « maison » de Vesiancia, se trouve généralement situé au centre du champ ; il est entouré de jardins, de potagers, d'un bois d'arbres fruitiers, d'ornementation et de construction et chauffage. Cet établissement comprend : la maison du propriétaire, celle de l'intendant ou majordome et celles des peones (travailleurs, journaliers, etc.) ; les hangars ou dépôts pour garder les outils et les machines, les cuirs, la laine, les céréales, etc. ; le bâtiment pour la tonte et ceux pour les reproducteurs de race ; le bain pour les moutons et brebis ; les écuries et remises ; le poulailler et autres dépendances utiles. Le gros bétail est tenu dans des pâturages séparés, selon le sexe et l'âge des animaux; il est gardé, soigné et travaillé par le personnel de l'établissement principal ; les troupeaux d'animaux fins sont tenus dans des pâturages plus immédiats à l'établissement principal ; les moutons et les brebis sont mis par troupeaux de L200 à 2.000 et gardés par des bergers (recevant un salaire mensuel ou bien le 20, le 25, le 40 ou le 50 p. 100 du produit du troupeau) et qui vivent avec leurs familles dans des maisons indépendantes appelées puesios, généralement situées aux contours
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de la propriété ou sur les lignes de séparation des pâturages.
Dans presque toute les estancias, l'exploitation d'élevage se fait sur les trois principales espèces d'animaux : bêtes à cornes, moutons et brebis, chevaux; les cas d'élevage d'une seule espèce sont très rares. Dans les estancias exclusivement affectées à l'engrais du gros bétail, on ne maintient que les moutons nécessaires à l'alimentation du personriel, ainsi que le plus petit nombre de chevaux. Quand dans une estancia où l'on fait l'élevage et l'engrais de bétail, on fait aussi l'exploitation du lait, les vaches laitières sont tenues en nombre de 150 à 250 dans les laiteries appelées tambos, a la charge des laitiers [tamberos] qui les soignent et les traient ; ces derniers reçoivent le 40 ou le 50 p. 100 des bénéfices obténiis sur la vente du lait ou de la crème qu'ils envoient aux crémeries ou aux fabriques de Ijeurre. Quand l'agriculture est unie à Télevage ou à l'engrais du bétail, elle est généralement confiée à des familles de fermiers qui reçoivent 50, 100 ou 200 hectares de terrain, dans des enclos indépendants de ceux ôCetipés pa^ le bétail, tes outils et les bêtes de sommé riécessaîres et payent en retour le 50 p. 100 du produit net de la récolte. Parfois, le propriétaire de l'es/a/ic/a ne fournit que la terre etles bêtes de somme et reçoit, en retour, le 10^ le 15 ou le 20 p. 100 de la récolte, après avoir payé les frais de moisson de Sa part.
L'iniIiiMlrie de l'ôïcvago.
L'industrie de l'élevage du bétail dans l'Argefitine est une des affaires les plus profitables (jui existent.
Cela est dû principalement aux l)as prix de la terre, de Hon affermage ou location et du bétail, de même qu'aux frais réduits du système d'élevage, en pleine prairie naturelle. La mesure des bénéfices que l'on peut obtenir dépend en grande partie du capital employé, parce que grâce au système d'élevage, les frais ne gardent pas une proportion arithmétique avec la quantité de bétail exploitée ; bien au contraire, ils sont relativement moindres autant que le capital en bétail est plus important. En voici un exemple : le soin de 1.000 vaches coûte plus ou moins la même somme que celui de 500, et les frais d'entretien de 2.000 bêtes sont à peine de 15 à 20 p. 100 plus forts que ceux exigés par 1.000; donc, et s'agissant de personnes ne disposant que d'un capital modeste, l'association des capitaux est véritablement profitable, puisque de cette façon les frais d'exploitation se trouvent sensiblement diminués.
L'élevage se pratique sous trois formes différentes :
a) En achetant le terrain ; b) en le louant ; et c) en union du propriétaire.
Généralement, les personnes ne disposant que d'un petit capital, peuvent très bien s'initier dans l'industrie de Télevage du bétail, en s'associant avec le j)ropriétaire du terrain. Voici les conditions de celte association :
Le propriétaire de la terre fournit une maison, les enclos, clôtures, etc., le champ nécessaire pour alimenter un troupeau de 800 moutons et brebis; le berger en achète 800 de plus pour son compte et se charge de l'entretien du troupeau général. Le produit obtenu est partagé après en deux parts égales entre le propriétaire du champ et le berger, déduc-
tion faite des frais occasionnés par la tonte et par le bain, lequel est fourni par le propriétaire. Ces contrats se font lialîituellenient pour une durée de trois ans. Le produit de la laine, des moutons à vendre, des peaux, est partagé à la fin de l'année ; de même les trois ans écoulés, le surplus d'animaux dû aux naissances est divisé entre les associés.
Le capital nécessaire pour que le berger puisse entreprendre ce système d'exploitation, serait de : 800 brebis et moutons à 5 francs, 4.000 francs ; 6 chevaux à 75 francs, 450 francs ; ])Our meubles, outils et frais de nourriture, 1.250 francs. Soit, en totalité, 5.700 francs.
Avec le capital et avec des animaux donnant 2 kilos un ((uart à 3 kilogrammes de laine, on peut calculer ([ue la part de bénéfices ([ui leviendra au berger sera de 2.000 à 3. 000 francs.
Laine.
Les 75 p. 100 de la laine argentine proviennent de moutons et brebis des races Lincoln et Leicester ; c'est une laine longue ; 20 p. 100 est produit par les mérinos et les 5 p. 100 restant par les races à tète noire et créole.
La production de laine a augmenté considérablement dans les cinquante dernières années. Ce remar({uable accroisement doit être attribué à l'augmentation du capital animal et à l'amélioration de l'espèce par le croisement et la sélection.
La production argentine de laine est aujourdiuii estimée au (juart de la production universelle. Son