VI LA PROPAGANDE D EUGENIO GARZON
roïques; il aurait, alors, j'en suis sûr, découvert et conquis des Eldorados et des F'Iorides ; mais comme il ne reste rien à découvrir aujourd'hui, — la cupidité humaine étant beaucoup plus vaste que le monde, — il décida de vous conquérir vousmêmes, messieurs, pour la cause de l'Amérique latine : et cette entreprise, non sanglante, n'était pas, à mon avis, plus facile, ni moins digne et féconde.
Nous sommes tous très contents, très fiers de son succès et nous savons très bien que sa propagande n'égarera personne poussant l'épargne française vers nos pays. Ceux qui feront le sacrifice de risquer leur argent dans nos affaires n'auront pas la gloire, après leur mort, de figurer dans le martyrologe romain, mais ils pourront se consoler d'avance et autrement dans ce monde.
Disons-le franchement, le capital français a toujours été chez nous inconstant et timide. Le Français manque, à mon avis, dans les affaires, de la supériorité... de l'homme inférieur.
On se souvient trop peut-être ici de nos époques de crise et de violences. Mais on sait très bien que ces violences ont été partout le prix nécessaire de la paix et de l'ordre ; je crois même que le Seigneur n'est arrivé à créer l'harmonie parfaite de l'Univers, qu'en se servant d'explosifs épouvantables, qu'on n'a pas encore découverts, heureusement.