PREFACE
Encouragé par la faveur que le public a bien voulu témoigner aux deux premières éditions de r Amérique Latine (République Argentine), nous nous sommes décidé à faire paraître un nouveau livre sur ce pays. D'ailleurs, cette publication nous était imposée parla force même des progrès de la République Argentine, progrès qu'il convient de faire connaître dans le Vieux-Monde, parce que nombreux sont depuis quelque temps les intérêts qui s'attachent à l'Amérique du Sud, notamment à la République qui fait l'objet de cet ouvrage.
Comme nous ne sommes pas partisan de développements lyriques en ce qui concerne ces matières, nous avons tenu à remplacer les louanges purement verbales par des données précises, en sorte que le lecteur puisse se faire une idée exacte de la situation actuelle et de l'avenir de la République Argentine. C'est la meilleure méthode
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qui soit pour l'éclairer. C'est aussi la meilleure façon d'attirer son esprit sur le nouveau courant dévie qui apparaît, comme pour nous renouveller, de l'autre côté de l'Océan. Nous sommes à une époque où l'on poursuit la conquête de la richesse en vue d'une plus large action d'humanité. Cette richesse, on la trouve abondamment dans des pays aux ressources immenses comme rx\rgentine, et cela par le travail fécond. Grâce à elle, s'ouvre pour nous une ère nouvelle dont le sens optimiste doit nous racheter aux découragements de notre civilisation vieillissante.
Ainsi, et sans nous écarter du plan que nous nous étions tracé dans nos publications précédentes, nous avons mis à jour et complété presque tous les chapitres ayant trait au développement économique du pays. En regard de sa superficie nous avons fait figurer sa population depuis 1797 jusqu'à ce jour. Rien n'indiquera mieux au lecteur la place qu'il y a, dans l'Argentine, pour une existence de large activité et de profit, que cette aire des terres cultivées, dont nous donnons l'étendue jusqu'en 1911, comparée avec celle de la surface encore disponible pour l'agriculture. Ces données se décomposent par provinces et par « territoires ». A cet exposé il était tout naturel de faire suivre l'exportation des produits agricoles, d'oij vient la principale
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fortune du pays, et nous l'avons également relevée jusqu'en 1911. L'aperçu de la production agricole était un des plus nécessaires à présenter, en ce sens quil met en relief, non seulement la puissance économique actuelle de l'Argentine, mais sa grande destinée dans le concert des pays producteurs. Les récoltes, qui constituent l'événement le plus important de l'année, ont eu également notre meilleure attention. Aussi n'avons-nous pas négligé de faire connaître les résultats obtenus par celle de 1911-1912, en ajoutant la valeur en francs au montant en tonnes, alin d'en faciliter l'appréciation. La superficie ensemencée, par rapport à l'étendue totale du pays, devait nécessairement faire suite aux récoltes, ceci pour permettre de l'évaluer sur des bases précises et d'en signaler l'importance ; et c'est dans ces vues que nous avons tàçhé de la comprendre dans les chapitres suivants. Voici, ensuite, qui entrent en ligne de compte les produits forestiers, la canne à sucre et la viticulture. De l'agriculture, tout en suivant un ordre méthodique et logitpie, nous avons passé à la récapitulation et à l'examen minutieux de l'élevage, car c'est bien l;i un des j)rincipaux éléments de la pi'ospérilé de la grande ré|)ublique sud-américaine. Des chiffres nombreux et des commentaires font ressortir le développement de cette
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brandie, à laquelle, trailleurs, on ])rète l(jule attention et tout appui dans les sphères olficielles de la République Argentine. Prenant j)our base les mêmes prix dont se sert le ministère de l'Agriculture pour ses évaluations, et (|ui sont audessous des prix réels, nous avons établi la valeur de tout le stock de bétail argentin j)ar espèces et dans son ensemble. Le dénombrement du bétail, grâce aux chiffres relevés par le chef de bureau de la Division de FElevage, est calculé jusqu'en h)ii, alors que les autres données connues s'arrêtaient à l'année 1908, époque à laquelle le Gouvernement fit procéder à un recensement général. Nous n'avons pas oublié non plus de faire état de Tindustrie frigorifique, en raison surtout de son caractère d'industrie dérivée de l'élevage. Ainsi, dans un tableau spécial, nous présentons le nombre d'animaux abattus de i883 à 1910 pour ces établissements. Dans un autre chapitre, on trouvera la totalité des bêtes utilisées par lesmaisons de salaison de 1891-1892 à 1910-1911. Ce n'est pas tout. H importait de tenir comjde des exportations de laines, puisqu'elles sont étioitement liées à l'élevage, tout en étant alimentées par d'immenses troupeaux ; et nous achevons ce chapitre avec tout le détail que son importance comporte, d'autant qu'il s'agit, à dire vrai, d'une matière première et (|ui donne lieu à de grandes