INSTRUCTION PUBLIQUE
En Argentine, on entend par écoles publiques les écoles provinciales et municipales, puis celles que le Conseil national d'éducation entretient. Les écoles normales sont considérées comme écoles nationales, ainsi que les écoles élémentaires et pour enfants, que le Conseil national d'éducation peut établir.
L'instruction publique comprend les trois divisions que voici : l'enseignement primaire, l'ensei-
gnement secondaire et l'enseignement supérieur. L'enseignement primaire est obligatoire pour les enfants des deux sexes âgés de six à quatorze ans, sans distinction de nationalité ni de religion. Les prêtres doivent se défendre d'enseigner leur religion dans les écoles, sauf sur la demande expresse des élèves qui, à cet effet, restent en dehors des heures régulières de l'école.
L'enseignement primaire est gratuit. Les provinces dépourvues des ressources nécessaires à Tentretien des écoles pu])li(|ues reçoivent des subsides du gouvernement en vertu de la loi des subventions pour les écoles nationales. Dans la même catégorie de l'enseignement primaire figurent des écoles pour des personnes âgées de plus de quatorze ans, les- (|uelles peuvent y assister le jour comme le soir pour apprendre à lire, à écrire, rarithméti(|ue, l'histoire élémentaire, la géographie, etc.
L'enseignement secondaire n'est pas obligatoire comme dans aucun autre pays. Il est presque gratuit, piiis(|u'il ne comporte que le payement de droits poiii- rimmalriculation et pour les examens annuels. \'oici le programme de l'enseignement secondaire : grammaire espagnole et littérature, arithmétique, géométrie, algèbre, trigonométrie, physitjue, chimie, sciences naturelles, histoire ancienne, moderne et contemporaine, etc. Ces institutions sont dénommées Ecoles nationales, dont quatre fonctionnent dans la capitale de la République et une dans chacune des capilales des provinces. Les élèves enti-ent généralementdans ces écoles à l'âge de quatorze ans. Leurs études terminées dans les Ecoles nationales, ils assistent a l'une <ui à toutes les trois facultés
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de l'Université. En Argentine, il existe trois Tniversités : celle de Cordoba, la plus ancienne; celle de Buenos-Aires et celle de la Plata, Pour être licencié en médecine, en lois ou comme ingénieur dans l'une de ces Universités, il faut suivre des cours pendant sept années pour la première faculté et six pour les deux autres. Le délai est moindre pour les carrières de chimiste, accoucheur, dentiste, architecte, etc. Une faut pas passer par l'Université pour être notaire ; il suffit de passer des examens devant la Haute-Cour des provinces où l'on désire exercer. Des études plus étendues sont exigées dans les facultés pour être docteur en sciences physiques, en sciences mathématiques et en sciences naturelles.
L'enseignement technique est très encouragé dans toute la République, où existent plusieurs institutions qui ont été fondées et qui sont entretenues par le gouvernement. Il y a lieu de citer notamment l'Ecole supérieure de commerce, l'Ecole industrielle, l'Ecole agraire et vétérinaire de Santa-Catalina (province de Buenos-Aires), une Ecole de mines à San- Juan, deux Ecoles commerciales à Cordoba et à Bahia-Blanca, une Ecole de viticulture à Mendoza, l'Ecole nationale de pilotes, divers Conservatoires de musique, ainsi qu'une Ecole de dessin officielle. Le gouvernement a installé également de nombreuses écoles d'agricultuie et d'horticulture. 11 y a encore à faire mention des Ecoles militaire et navale. Le gouvernement a, en outre, institué des bourses de voyage, afin de pouvoir envoyer les étudiants et les artistes parfaire leurs études en Angleterre, Etats- Unis, Espagne, France et Allemagne.
Dans les écoles privées, les élèves de l'enseigne-
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ment primaire et secondaire suivent les programmes édictés par le ministre de l'Instruction publique, afin de pouvoir passer les examens dans les Ecoles nationales et entrer dans les Universités.
Le nombre des élèves des deux sexes assistant aux écoles élémentaires, publiques et privées était de 570.190 en 1908 contre 502.698 en 1906. Les élèves immatriculés dans les écoles normales en 1907 étaient de 17.244: ceux inscrits dans les collèges nationaux (lycées se chiffraient en 1907 par 5.362 contre 5.381 en 1906. (Pour l'année — voir le graphi(|ue relatif à ce sujet).
Les écoles élémentaires publiques et privées étaient de 5.430 en 1907, avec 16.221 professeurs.
Comme complément de l'aperçu qu'on vient de lire, nous donnons ci-après la lettre que nous avons reçue de M. Carlos- F. Soares :
Lettre de r.\rj»-<'iitîiie
Buenos-Ayres, 10 juillet l'.»i»;».
MONSILUR EUGEMO CaR/.ÔN,
Sur votre indication autant c(ue sur la demande de (|uelques professeurs de l'Cniversité de Pniis, je me permets de vous envoyer des informations pouvant satisfaire les personnes désireuses de coimaihe l'état de rinslrueiion généiale du |)avs.
L'instruction publique en Argentine se di\ iîàc en enseignement supérieur, secondaire, normal, spécial (ît priiuiiire.
Les établissements d'enseignement supérieur comprennent trois Universités nationales à Huenos-
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Ayres, Ck)rdoba et La Plata, avec une faculté de philosophie et lettres, deux de droit et de sciences sociales, deux de médecine, deux de sciences exactes et naturelles et un institut supérieur d'agronomie et de vétérinaire, avec ses champs d'expérimentation et ses cliniques vétérinaires, ses cabinets, ses bibliothèques, etc. On emploie annuellement la somme de 7.848.365 francs à l'entretien de cet enseignement.
L'enseignement secondaire se compose de vingtsept collèges nationaux, dont six établis dans la capitale de la République, y compris le lycée de demoiselles ; cinq autres collèges nationaux fonctionnent dans les principales villes de la province de Buenos-Aires , telles que La Plata, Bahia-Blanca, San-Nicolas, Mercedes et Dolores. Le restant des collèges a été réparti dans les villes de Gordoba, Tucuman, Rosario, Santa-Fé, Uruguay, Parana, San- Juan,Mendoza, Salta, San-Luis, Catamarca, Santiagodel-Estero, Corrientes, La Rioja, Jujuy et Rio-Cuarto.
Les Ecoles normales pour instituteurs des deux sexes sont au nombre de 39, dont 7 dans la capitale de la République et 1 dans la capitale de chacune des provinces et dans les villes suivantes: Mercedes, Azul, Dolores, San-Nicolas, Chivilcoy, Rio-Guarto, Villa-Mercedes, Esperanza, Uruguay^ Rosario, Bahia- Blanca, Pergamino, Monteros, 25 de Mayo, Goya et Gualeguay. En outre, il a été créé dernièrement des écoles normales d'instituteurs ruraux à Santa-Rosa de-Toay, Posadas, Dolores et Gordoba.
Dans la majeure partie des écoles, il y a des jardins pour enfants, des écoles d'éducation physique, 4e langues vivantes et d'application.
L'enseignement secondaire comporte annuelle-
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ment des dépenses pour 8.60'J.U(X) francB et renseignement normal pour ll.OOU.O'X) francs.
L'enseignement primaire est à la charge du Conseil national d'éducation, lequel fonctionne avec autonomie, conformément à la loi organique.
De nombreuses écoles primaires ont été ouvertes dans toutes les capitales, villes, villages, etc., de la République.
Dans chaque province siège un conseil national d'éducation ou direction des écoles. U y a, en outre, des conseils de district, composés de personnes distinguées, qui remplissent leurs fonctions gratuitement. Les écoles primaires sont ])lacées sous la dépendance de ces conseils, notammentà Buenos-Aires.
L'enseignement primaire dans l'Argentine ne poursuit dautre but que de favoriser simultanément le développement moral, intellectuel et physique des enfants de six à quatorze ans. Il est obligatoire, gratuit et donné conformément aux principes de l'hygiène.
Le minimum d'enseignement obligatoire comprend les matières suivantes : lecture, écriture, arithméti({ue élémentaire, système décimal, géographie uiniverselle, histoire de l^ République et notions d'Iiistoire générale, morale et urbanité; notions dhygiène, de mathémali((ues, de physi<jue et de sciences naturelles, de dessin et de musique vocale; de la gymnastique et des connaissances sur la Constitution nationale. Pour les jeunes filles, il y a, en outre, d'obligatoire la connaissance de travaux de couture et des notionsd'économie domestique. Aux jeunes gens, on le«renseigne la connaissance des exercices et évolutions militaires les j)lus simples, et, dans la eain[)agne, des notions d'agriculture et d'élevage.
Il n'y a que les ministres des différents cultes qui soient autorisés à donner l'enseignement religieux aux enfants de leur respective communion, avant ou après les heures de classe. Le personnel enseignant doit être diplômé.
L'existence d'écoles primaires privées est permise, pourvu qu'elles se conforment au plan d'études national.
L'enseignement primaire est entretenu par un trésor scolaire permanent formé moyennant un prélèvement de 20 p. 100 sur la vente des terres nationales, 50 p. 100 des intérêts revenant aux dépôts judiciaires dans la capitale, 40 p. 100 de l'impôt foncier dans la capitale et les « territoires », 15 p. 100 de l'impôt de patentes nationales, 15 p. 100 des recettes et ventes municipales, les biens qui, à défaut d'héritiers, reviennent au fisc national, 5 p. 100 de toute succession entre collatéraux, à l'exception des frères ; 10 p. 100 de tout héritage ou legs entre étrangers, ainsi que de toute institution en faveur de l'âme ou d'établissements religieux; les dons, les droits d'immatriculation (2 f r. 50 par an), les amendes, intérêts et les sommes que le Congrès affecte annuellement à ce chapitre dans le budget général.
L'État contribue annuellement au développement de l'instruction primaire dans toute la République, avec plus de 16.500.000 francs, et les provinces destinent au même objet 28.600.000 francs.
L'enseignement spécial est donné dans l'Institut des professeurs pour l'enseignement secondaire; dans six écoles commerciales sises à Buenos- Aires, Rosario, Bahia-Blanca, Concordia, avec des cours de comptables publics, experts en écritures, calli-
graphes, etc., clans deux écoles industrielles sises à Buenos-Aires et à Rosario; dans une école d'industries chimiques à San-Juan ; dans deux instituts de sourds-muets ; dans six écoles professionnelles d'arts et métiers de femmes ; dans l'Académie des beauxarts et l'Ecole des arts décoratifs et industriels. Pour l'entretien de ces établissements on emploie 5.8G4.(JU0 francs par an et, en outre, 1.280.000 francs dans l'entretien de l'observatoire astronomique de Gordoba ; dans la Bibliothèque nationale, le Musée national d'histoire naturelle et le Musée national des beaux- arts.
On dépense annuellement 4.660.000 francs en bourses de voyages pour les élèves des écoles, afin qu'ils puissent parfaire leurs études à l'étranger; en subventions à des écoles particulières et associations d'instruction publique, bil^liothèques, asiles, académies, conservatoires, etc., dans toute la République.
Le budget national de l'instruction publique s'élève à plus de 56.500.000 francs, non comprise la somme destinée à l'édification scolaire, pas plus que les fonds appartenant au Conseil national d'éducation, et ceux que les provinces attribuent à l'instruction publique.
Le ministère de l'Agriculture entretient, de son côté, l'école de professeurs ruraux, d'élevage et industrielle, auDiaiuante ; les écoles d'élevage etindustrielleau départeiueulde Villaguay et Concordia; celle de conlremaitres agricoles et industriels au Parana; celles d'élevage à Entre-Rios, Corrientes,Cordoba et Villa-Casilda ; celle de viticulture de Mendoza ; celle de fruticulture au Parana ; celle d'arboriculture et sacaritechnie àTucuman ; les écoles d'enseignement pratique de San-Juan, San-Justo,Posadas, Belle-Ville,
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Rio-Cuarto, Andaigala, Santiago, Jujuy, Bella- Vista, San-Luis, Colonia, Bénites (Chaco), Ghubut, Colonia-Général-Roca (Rio-Negro), Villarino et Guru/u-CiUatina. A l'entretien de ces écoles on affecte annuellement plus de 1.800.000 francs.
Il existe d'autres écoles dans les prisons et tes établissements de correction. L'une des plus importantes est la Golonie correctionnelle de jeunes gens à Marcos-Paz, pour l'entretien de laquelle on dépense près de 500. 0(X) francs par an.
Lr» Société de bienfaisance de Buenos-Aires entretient, avec les ressources qui lui sont allouées par la Loterie nationale, six écoles dans les maisons et asiles d'orphelins, les hospices de Mercedes et Golonia, l'Asile national d'aliénés, avec une dépense annuelle de plus de 2.000.000 de francs.
Le département de la guerre entretient l'Ecole supérieure deguerre, le collège militaire, avec200élèves pensionnés du g-ouvernement, des écoles de cavalerie, de tir, de chasse, d'apprentis armuriers et mécaniciens et TÉcole militaire de musique.
Le département de la marine possède l'Ecole navale, avec 115 pensionnés du gouvernement; celle d'application pour les ofHciers ; l'Ecole nationale de pilotes, d'apprentis artilleurs, de lanceurs de torpilles, de mécaniciens et d'apprentis marins. Dans les écoles de la marine, il y a près de 1.000 élèves dont le gouvernement paye les études. On dépense 2 millions de francs par an pour l'entretien des écoles militaires et navales.
On peut calculer que la République Argentine dépense annuellement plus de 100 millions de francs pour l'instruction publique, en totalité.
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L'année dernière, 620,000 élèves ont assisté aux écoles argentines. »