L'OUVRIER EUROPEEN DANS L'ARGENTINE
Voici les rapport et projet présentés par M. Ro(|ue Sâenz Pena à l'Institut international d'agriculture. C'est un document très intéressant que nous nous faisons un devoir d'insérer intégialeinent :
« Monsieur le Président,
« En ma qualité de délégué de la République Argentine, j'ai l'honneur de m'adresser à S. E. Monsieur le Président de l'Institut international d'agriculture, pour la prier de vouloir bien soumettre à l'examen du comité permanent le projet ci-joint qui m'a été suggéré par un sentiment protecteur à l'égard des travailleurs, et par des raisons d'intérêt économique pour les Etats où prospère l'industrie agricole.
« Dans ma façon de considérer cet Institut, j'entends que sa haute destinée doit s'appuyer sur l'expérience, et en induire le phénomène économique futur et prochain. Son fonctionnement doit donc être essentiellement inductif, parce que, s'il devait se renfermer dans les faits accomplis, son avantage deviendrait discutable, et le profit que l'industrie agraire en retirerait serait douteux, du moment que toutes les méthodes d'exploitation de la terre sont connues des cultivateurs. Dans ce sens, j'estime que la mission
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de l'Institut doit se composer non seulement d'observation, mais encore et surtout d'avertissement, avec les approximations et les probabilités auxquelles on peut aspirer, parce que, comme il s'agit de l'avenir, il est impossible d'établir des formules irrévocables et définitives. Je considère cette création heureuse comme un immense sémaphore appelé à condenser et à répandre des harmonies : cet indicateur universel doit avoir son code de signaux, et ceux-ci doivent être visibles de tous les points de la terre. A cet effet, on doit, comme le projet le propose, tourner les yeux vers la presse, cette multiplicatrice par excellence du signe, du verbe et de la lumière. Parmi ses fonctions substantielles, il en est une qui consiste à éclairer la confusion primitive des faits, en les réduisant à leur plus nette simplicité pour découvrir les lois auxquelles ils obéissent.
« Mais l'efTort ne serait que fragmentaire si l'on devait se limiter à recevoir des statistiques ou à améliorei" les fruits qui naissent dans l'héritage. S'il s'agit delà production universelle, nous ne pouvons négliger l'homme, son noble générateur, car ce serait nous désintéresser de sa causalité et de son but. Nous devons, au contraire, contempler et protéger ce moteur rationnel de la richesse en lui évitant la fausse route dans laquelle il pourrait s'engager, par man(|ue de calcul, pour développer ses énergies, ou par- défaut de connaissances pour fixer son orientation.
« l^irmi les phénomènes relatifsà l'économie rurale, il n'(în (existe aucun qui soit plus perturbateur que celui qui provient de l'excédent ou de l'insuffisance de bras |)()ur la rc'colte des produits. Le j)remier dé-
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termine l'abaissement des salaires ; le deuxième diminue les moissons, en laissant sur pied la plante mère chargée de ses fruits, lesquels représentent le travail et le capital gaspillés.
« Le désaccord pèse, en définitive, sur la richesse nationale, soit en retranchant les vendanges et les zafraSj soit en procurant la gêne chez l'ouvrier par l'excès de l'immigralion flottante qui, comme tout excédent, devient inutile ou perd de sa valeur. Je fais allusion ici à l'immigration voyageuse, qui se précipite à tâtons sur chaque récolle et peut devenir abusive en portant préjudice, dans ce cas, à celle qui est établie, tout en se nuisant elle-même par l'abaissement commun de la rétribution.
« Je suis loin de méconnaître les bienfaits de cette poussée périodique, quand elle est bien calculée, de même que les causes qui la produisent. Ce phénomène nous indique que Ton a ensemencé plus de terre ou que l'on a fait germer plus de grains que les habitants n'en peuvent moissonner. C'est une preuve de généreuse fécondité ou d'énergie extraordinaire chez la population restreinte qui a défriché la terre et qui a fait appel aux bras étrangers pour cueillir son propre fruit. Le sol neuf de l'Amérique, exempté de toute préparation artificielle, a réussi à mettre à bon marché le coût de la production, en facilitant la culture d'immenses contrées arrachées au désert par la loi et par la force de la civilisation. 11 est un com[)Osé d'économie et de fertilité, d'étendue et de rapport, et c'est de là que naît cette surprise qui s'empaie du laboureur, quand il se rend compte de la multiplication de sa semence et de la surproduction.de son effort initial. C'est Paarréable conflit de
l'abondance ou l'heureux embarras de la richesse, ce qui provoque l'appel de nouvelles forces que l'on dirait prédestinées à recueillir les fruits mûrs, sans avoir créé la plante qui leur a donné leur jus. La co-paticipation favorise le pays d'origine de cet émigrant éventuel, car, en définitive, il réalise un capital et apporte des épargnes, et c'est dans l'intérêt commun des deux pays que nous devons régler leurs mouvements, en dirigeant leurs courants d'une façon prévoyante.
« L'émigrantqui quitte son pays natal avec un billet de retour est le visiteur opportun qui profite du moment propice, lorsqu'il coïncide avec le besoin qui l'a appelé, et il est une force perturbatrice ou un agent de subversion quand il s'agit de forcer les lois inaltérables de l'offre.
« Mais comment éviterione-nous les ell'ets de l'excès ou du déficit, du moment qu'ils sont également pernicieux? En lui fournissant les données élémentaires de jugement et une vision exacte de la réalité; car, aujourd'hui, il ignore, jusqu'au moment même de son débarquement, les surfaces cultivées, les accidents de la semaille, le nombre de bras permanents dont elles disposent et les forces éventuelles dont elles auront besoin. Dans ces conditions, privés de conseils ou de lumière qui puissent le guider, le voilà désabusé, mécontent, la protestation aux lèvres pour calomnier le pays dont il reçoit l'hospitalité, et tout aux dépens du roulement périodique (jue nous devons organiser au cours de clia(|ue saison.
« Le procédé que j'indi(|ue devient plus nécessaire encore ({iiand il s'agit de coiii'aiils qui ne sont pas poussés dans la même dii'cction, puis(ju ils sont
répartis aujourd'hui entre différents ports. Mais, soit par suite de troubles ou de crises économiques, soit par trop-plein d'immigration, il arrive — comme il est déjà arrivé — que la barrière tombe en faisant cesser les entrées dans les Etats qui ont la plus grande capacité de réception ; et si tout le volume déplacé devait peser sur un seul point, il surviendrait des complications que mon projet se proj)ose de prévenir. .le fais toujours allusion à l'émigration voyageuse, parce (|ue, en ce qui concerne l'immigration qui reste, avec animas manendi, il y a des pays, comme celui que j'ai l'honneur de représenter, qui pourraient contenir 150.000.000 d'habitants sans conflits territoriaux.
« Le projet ci-joint n'a d'autre objet que de répandre le sentiment de la réalité et de donner conscience à l'émigrant du choix de chemin (ju'il doit faire, en lui fournissant le moyen de s'assurer des probabilités de gain et de réussite, avant qu'il ne quitte son pays natal. Il pourra ainsi prévoir s'il sera reçu par une terre féconde et avide de ses efforts ou s'il va, par sa présence, compromettre les intérêts des autres ou même son propre avenir. S'il ne tient pas compte de cet avertissement, il sera seul responsable de son insuccès, et il ne pourra attribuer sa mésaventure à des séductions ou à des promesses que personne ne lui aura faites. L'Institut et les gouvernements qui y sont représentés auront fait ce qu'il est juste et nécessaire de faire pour lui éviter son infortune.
« L'initiative ({ue je propose peut bien mettre en relief la probité de mon gouvernement à l'égard de l'émigrant qui visite ses prairies ou ses villes, parce
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que, au fond, il a voulu effacer les mirages mensongers, au profit des travailleurs.
« Mais, en vérité, la République Argentine ne craint pas l'excédent de bras, du moment que la culture de son territoire se développe par bonds et qu'il en est de même de toutes les autres industries de son économie, qui pourraient occuper ceux qui n'auraient pas trouvé d'emploi dans l'agriculture. 11 ne s'agit donc point d'un intérêt national, mais d'un bienfait collectif pour tous les travailleurs de toutes les nations.
« Mon pays a organisé ses bureaux d'immigration et de travail sous une direction intelligente et active ; celle-ci prend l'immigrant aussitôt débarqué, le loge et le nourrit gratuitement et, plus tard, le conduit, toujours aux frais de l'Etat, à l'endroit où il a été appelé par ses concitoyens ou réclamé pour ses aptitudes spéciales. Dès (|u'il a oublié les transes pénibles de son déracinement de la patrie et les incertitudes du déplacement, une nouvelle phase de sa vie commence sans (|u'il puisse ressentir, en au. cune circonstance, l'impression du désemparement. Il sent l'efficace protection de mon gouvernement, qui la lui prodigue avec paternelle persévérance ; et quand il a débarqué sans but déterminé, le milieu argentin cordial et chaleureux lui en indique un ; car nationaux et étrangers, amis ou compatriotes du nouveau venu sont autant de protecteurs qui l'entourent et l'encouragent avec une ell'usive solidarité. De sorte que le nouveau collaborateur de la richesse de mon pays ne reste livré à son j)ropre efl'ort, que lorsqu'il a acquis l'assurance que l'expansion de ses énergies sera généreusement récompensée.
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«L'affluence d'hommes que nous ressentons périodiquement comme le présage d'une nouvelle récolte ne nous surprend point et ne nous apporte aucun déséquilibre, parce que nous sommes préparés pour les recevoir et leur offrir une occupation. Peu importe que, comme cela est déjà arrivé, 7.500 immigrants représentant force , rations et transports , débarquent dans une même journée ! La Nation les satisfait avec toute sollicitude, puisque sa largesse est rémunérée par des prospérités considérables.
« Ce sont ces mêmes sentiments à l'égard de l'immigrant qui m'ont inspiré la dernière partie du j)rojet concernant les condilions dans lesquelles se fait le transport par mer.
«L'effort de chaque gouvernement deviendrait, en efiet, insuffisant si, pendant les longues traversées, l'immigrant n'était pas traité avec la dignité que lui confère sa noble qualité de travailleur. On peut, pour le moment, observer que les conditions dans lesquelles il est transporté sont tout autres que commodes, puisqu'elles ne sont pas même hygiéniques.
« Les Compagnies transatlantiques réservent la plus grande partie de leurs paquebots à la première et à la deuxième classe pour des raisons de rendement, et elles renferment dans une enceinte réduite, toute une agglomération d'hommes, de femmes et d'enfants. On conçoit à peine comment ces êtres peuvent arriver sains et saufs à destination. Il n'y a que la routine ou le besoin qui puissent leur faire supporter ce douloureux intervalle entre deux labeurs.
« L'ampleur et le confort des transports augmentent et se perfectionnent avec le progrès de l'industrie navale ; mais^ au fur et à mesure que les palais flot-
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taiits se multiplient, les proportions de l'espace réservé aux immigrants diminuent, et il se produit un confinement de l'humble travailleur. Ces progrès ne l'atteignent point, et il admire ces avantages comme res inler alios, non plus quand il s'agit du superflu, mais bien de l'indispensable pour la santé et pour la vie.
« Les Congrès internationaux, comme celui que la Suisse convoqua en 1878 et qui reprit ses séances en 81, 86 et 90, s'occupèrent du transport maritime et terrestre à seule fin de garantir la marchandise et de fixer les règles du pavillon traversant plusieurs juridictions ; mais le transport humain, le très noble chargement qui vit et qui pense, n'a jamais été le sujet de leurs délibérations, et la question est restée livrée à la réglementation des gouvernements. Soit à cause de l'époque où elle fut établie, soit |)ar un faux concept des aspirations et des droits de toutes les classes sociales, cette réglementation ne répond ni à l'actualité des idées, ni même à celle des sentiments.
« Le métrage cubique de l'air est mesquinement calculé dans les cales sombres où des centaines d'hommes dorment; on détermine l'espace avec économie, en cédant à l'esprit de lucre plus qu'à la fonction vitale de chaque organisme.
« D'éminents professeurs comme Pasquale, de la marine royale italienne : Croneau et Marocco, du service de santé militaire, firent le minimum pour chaque personne à 5 mètres cubes, avec de l'air renouvelé par des aspirateurs. Mais cette voix ch' la science et de l'humanité n'a pas été écoutée jusqu'au moment où j'écris cette note, et tous les règlements
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diminuent la capacité d'air scientifique conseillée. Les prescriptions légales en vigueur admettent à peine la moitié des exigences sanitaires ; ainsi, l'Angleterre fixe l'espace réservé à chaque immigrant à 2 m.c. 95 ou 3 m.c. 54, selon la place qu'occupent les passagers dans le navire ; l'Allemagne va à 2 m.c. 85; la France a une échelle qui varie d'après la hauteur du pont, de 2 m.c. 45 à
2 m.c. 47 et 2 m.c. 94; l'Italie a adopté 2 m.c. 75 et
3 mètres cubes. D'autres nations déterminent un métrage cubique moindre ; il en est qui n'en prescrivent aucun, s'en rapportant au discernement des chargeurs, discernement qui est parfois le plus taxatif de la respiration.
« .J'ai étudié la statistique sanitaire sur le Bulletin officiel du Comilé d'émigration jusqu'à 1906, et j'y ai trouvé que chez les émigrants pour l'Amérique du Sud il y a une proportion de 2.608 malades, c'està-dire 20 p. 1.000. Je considère ce chiffre comme très élevé, parce qu'on présume que l'émigrant qui dirige ses pas vers le travail est un homme bien portant et robuste. C'est ainsi qu'il quitte son pays, car, s'il en était autrement, les règlements ne le lui permettraient pas; et si au cours du voyage il perd la santé et arrive invalide pour la lutte, nous devons en chercher la cause dans son sombre logement ou dans les mauvaises conditions de sa nourriture.
Si nous cherchons l'origine de cette injuste inégalité, nous la trouverons peut-être dans ce fait que autrefois, plusieurs gouvernements voyaient l'émigration de leurs sujets d'un mauvais œil ; mais cette résistance s'est modifiée, de nosjours, par latendance expansive des rapports internationaux, par la solida-
rite qui les préside et parcompénétration économique et politique de l'ancien etdu nouveau monde. Si donc nous sentons les causes éliminées, il est juste que nous en supprimions les effets et que nous effacions les vestiges de cette erreur inconsistante.
Le système restrictif de l'émigration ayant été a])andonné pour le régime de la liberté, ce nouveau concept de l'inévitable a dissipé les préjugés et fondé des convictions qui font regarder l'émigrant sans reproches ni condamations. Déjà, il n'y a plus indifférence pour le drapeau, ni mésestime à l'égard du souverain, ni ingratitude envers le pays natal. Tous les sentiments contrairesl'accompagnent nourissant ses rêves et ses espérances, que l'on doit voir se réaliser au profit des siens et de sa patrie : parceque, da loin de ces contrées inconnues, on fait honneur à la nation qui se prolonge et verse de par le monde ses excédents de travail et de vitalité.
Un éminent sociologue qui, de retour de l'Argentine, vient de rentrer dans sa patrie d'origine, l'Italie, a étudié dans notre corps social l'harmonieux concert d'Italiens et d'Argentins dans la lutte pour le travail favorisé parle milieu, et il est arrivé à des conclusions que j'estime réconfortantes.
Le pouvoir delà volonté n'était pas à son avis, la caractéristique de la race latine ; mais, après avoir observé celle-ci dans l'impulsion acquise dans un autre milieu,il a rectifié son opinion et justifié sa race contre In dur re])rochedela mollesse, confessant noblement son erreur. En effet, l'émigrant qui se jette dans l'inconnu et se détache des liens qui lui tiennent au co'ur depuis son enfance, réalise un efTort, triomphe d'une résistance et accuse le sijjrne visible d'une
volonté puissante. Que ce trait de son caractère lui serve pour exercer ses muscles ou pour agiter sa pensée, toutes ses forces sont également nécessaires et respectables dans le concert de l'activité humaine.
Considérons donc l'émigrant non pas comme vm évadé, mais comme un sujet de devoirs et d'obligations qu'il accomplit vaillamment, soumis à la loi du travail. Encourageons-le, dès son départ, avec l'amour de sa patrie, car là-bas, dans le lointain plein de promesses, sous les constellationsqui lui montrent une lumière nouvelle, on le recevra à bras ouverts, pour l'amour et le génie de la race.
Qu'il ne soit pas un condamné, mais un prédestiné, niveleur de forces et de populations pour l'harmonie du monde, de production et déchange pour la nutrition universelle ; légion qui, excitée contre les déserts, entreprend la marche virile et courageuse, quittant la ville pléthorique parce qu'elle ne veut pas l'alourdir de son poids improductif et stérile.
Tout ceci doit être pour nous l'anonyme individualité de l'émigrant, et pour la même raison c[u'il affronte la dure tâche marquée par son destin, nous devons lui procurer notre concours. Saluons-le de l'un et de l'autre rivage jusqu'à son arrivée; c'est là que toute protection et que tout contrôle de son gouvernement doit cesser, parce que là commence l'auspice d'une nouvelle souveraineté en excluant tout autre, qui serait non seulement inutile, mais qui deviendrait encore incompatible avec les règles du droit public. Estimons-le donc et aimons-le, en évitant, avant tout, que son passage d'un hémisphère à l'autre ne soit l'origine de privations ou d'irréparables mésavenlures.
J'estime que ces questions doivent être étudiées et résolues par l'Institut, lequel doit, dans ce but, resserrer ses rapports avec le Comité d'Emigration qui fonctionne dans cette capitale et avec les institutions semblables qui existent dans d'autres pays, pour chercher une entente avec les grandes compagnies de navigation.
Pour ma part, j'insiste à considérer comme indispensable la construction de transports spéciaux à l'exclusion des autres classes fastueuses, qui donnent expansion au riche jusqu'au superflu et qui enserrent l'humble jusqu'à le priver de la lumière et de l'air vital.
Le mouvement actif des idées tient à un adoucissement de la condition de l'ouvrier dans tous les sens de son activité, et le gouvernement que j'ai l'honneur de représenter, observe cette aspiration avec un esprit attentif, non pas pour encourager des théories ou des tendances subversives de l'ordre social, mais pour améliorer les classes travailleuses et les rapprocher d'une heureuse harmonie et d'un bien-être mérité; ce bien-être existe déjà, heureusement, chez nous, comme vient de le constater un illustre observateur, qui a publié ses appréciations dans la presse de la ca|)itale. Nous ne prétendons pas réaliser l'extraordinaire, mais accorder à chaque individu, et à lous les homnies, les droits et les satisfactions qu'ils ont demandés en toute justice.
J'aspire maintenant, pour ma part, à ce que l'Institut internalioiial d'agiicullure soit, non seulement un protecteur des irrationnels et des plantes, mais {jue, s'élevant au-dessus de l'échelle zoologique et au-dessus de la terre môme, il soit l'ami insoup-
çonné de l'huinanité travailleuse, envisageant ses destinées sous l'aspct véridique de ses l)esoins et de ses ilroits. »