INDUSTRIE
Le pôirole on Arj»eiitine.
Les gisements de pétrole qui ont été découverts à Comodoro-Rivadavia sont des sources nouvelles de richesse venant s'ajouter à la prospérité surprenante de l'Argentine.
Gomodoro-Ridavia est un village situé dans le territoire national du Ghubut, près de la côte de l'Atlantique, territoire ([ui est l'une des régions les plus riches de la Patagonie.
Son climat est sec et sain. Dans ses vallées, il y a des rivières et des lagunes avec de beaux saules ayant jusqu'à 3 mètres de circonférence et 20 mètres de hauteur. Dans les rivières, il y a des poissons pesant jusqu'à 6 kilogrammes, des truites, etc. La couche profonde de la terre végétale atteint plus de 12 mètres ; elle est couverte d'herbes et d'excellents pâturages. On y récolte des céréales de premier ordre, du blé, de l'orge, etc. ; danslazoneandine, il existe de grandes richesses en bois, encore inexploitées. Dans les sables d'alluvion, près du village « Diez y seis de Octubre », on a trouvé de l'or; dans la Cordillère, on a constaté l'existence d'importants filons de galène argentifère.
La superficie du territoire dépasse 242.000 kilomètres carrés, et le nombre de ses habitants atteint
à peine 50.000. La richesse de l'élevage est constituée par 3.000.000 de brebis, 500.000 vaches et 400.000 juments et chevaux. ( hi exporte annuellement du Gliubut une quantité abondante de laine, de blé, de plumes d'autruche, de bétail, etc.
Dans la colline Chen(|ue, sur le golfe de San-Jorge, on pratiquait des perforations par ordre du gouvernement national, à la recherche d'eau potable pour l'approvisionnement de Comodoro-Rivadiava, village voisin. Les travaux atteignirent 500 mètres, sans aucun résultat, mais il fut décidé de les poursuivre, et à 540 mètres, au lieu d'eau, on trouva du pétrole. Le gouvernement se réserva une zone de 25 kilomètres autour du village, zone pour laquelle il ne pourra pas être délivré de permis, suivant les bases pour le règlement des concessions; celles-ci seront accordées pour un teni])s limité et en licitation public! ue. Les compagnies ne pourront non plus faii'c des a((|uisilions assez larges pour arriver au monopole. Les concessionnaires devront remettie au i>ouvernementun tantième déterminé sur les [)roduits obtenus, tantiènn; (|ui ira en diminuant à mesure que les résultats de l'exploilaliou aiigmeuteront
Actuellement fonctionne un puits muni d'un tuyau de200 à iiOO millimètres, et duquel surgissent, toutes les vingt-(|uatre heures, D mètres cubes de pétrole; à laide (I une p(nn[)e, on |)eut pi'odiiii-e jus(|u'à 50 mètres cubcis. Le jet alleint jus(|u'à 50 nièlres de liauliMir par une bouche de 1 14 millimètres.
Il v a un autre puits à 500 mètres de distance du picniitT. t in >iip|)os(' (|ii(' la nappe de [)étrol(;, s'iUend d('|)iiis le porl d«^ Camarones jus(|u'au delà de llio- (lallegos, par la côle (l(^ l'Ai laiil icpie.
Dans un entrepôt qu'on fait sur terre, on a réuni, en une année, plus de 4.000 mètres cubes de pétrole sans faire usage de la pompe.
Jusqu'ici les perforations n'ont d'autre caractère que celui d'une simple étude. Le gouvernement a l'intention de louer un navire-entrepôt ayant une capacité de i.OOO mètres cubes. Le prix du pétrole extrait jusqu'ici peut être estimé à40francs par mètre cube, sur les lieux du gisement.
La Compagnie du chemin de fer Grand-Sud de Buenos-Aires a proposé d'acheter tout le pétrole qui serait produit par le premier puits.
L'analyse chimique a montré qu'il contient 2 1 '2 p. 100 de benzine, 5 de pétrole, 37 d'huile lubrificatrice et 54 de résidu combustible. Tel qu'il sort de la terre, ce pétrole brûle rien qu'en y mettant une mèche et, dans son état brut, il peut servir comme combustible, sans se séparer d'aucun des dérivés les plus nobles qu'il contient. Avec ses 11 calories, il remplace avantageusement le charbon, et les moteurs des perforeuses fonctionnent avec ce môme pétrole.
Les études continueront jus([u'à ce que l'on trouve la nappe contenant le pétrole le plus pur.
Le premier puits est à un kilomètre de distance de la mer. Là on peut dire qu'il existe un port naturel, où l'on pourrait s'approcher avec un navire-entrepôt qui recevrait le pétrole directement du puits au moyeu d'un tuyau.
Comodoro Rivadavia, anciennement Rada Tilly, se trouve situé aux 67'*34 de longitude ouest et 45°54 de latitude sud (Greenwich).