‹ L'AmériqueChapitre 3 sur 113 · PRÉFACE · texte numérisé non relu

PRÉFACE

Le développement des études géographiques ne s'est pas un instant ralenti en France depuis trente ans. En faut-il d'autres preuves que l'intérût croissant provoqué par les questions coloniales et les voyages de découvertes ; le zèle patriotique de nos explorateurs que rien ne décourage ; la réunion de congrès où la France soutient honorablement les épreuves d'une concurrence naguère écrasante ; la création de nombreuses sociétés de géographie dans toutes les régions du territoire, et avant tout Téclatant essor de la grande société de Paris qui, dans les jours d'indiiFérence, gardait fidèlement le culte d'une science sans crédit, et aujourd'hui, par les explorations qu'elle suscite, les travaux qu'elle publie et les récompenses qu'elle décerne, jouit auprès des savants de tous les pays d'une autorité qui la met au premier rang ^

1. Od compte actuellement en France (1898J cinquante sociétés de géographie ; trois ont leur siège à Paris, la Société de géographie do France, la Société de géographie commerciale, la Société de topographie. Les autres sont celles de Marseille, Bordeaux, EU>chefort, Lyon, Nancy, Rouen, Alger, Oran^ Montpellier, Douai, Lille, Toulouse, Dijon, Lorient, Nantes. Celle de Douai, fondée BOUS l'énergique impulsion de M. Foncin, alors recteur de l'académie, est une Taste association qui étend son réseau sur toutes les grandes villes du nord, et

groupe plus de trois mille adhérents. La plus ancienne de ces sociétés, la o^enno de toutes celles qui existent dans les deux mondes, est la grande société de Paris, qui date de 1821 ; elle a aujourd'hui 2300 membres. Toutes les sociétés de géographie françaises, citées plus haut, publient un Bulletin pé« riodique de leurs travaux.

Vf préfâcb.

Ce progrès si fécond a été particulièrement remarquable en matière d'enseignement. On a compris enfin, sous le coup de cruels revers, qu'il était temps de rendre à la géographie dans les écoles françaises sa place légitime, ce La supériorité de leurs cartes sur les » nôtres, écrivait M. l'inspecteur général Rapet, en » 1862y dans un rapport sur l'Exposition de Londres, » démontre qu'il s'agit chez les nations étrangères » d'un enseignement très populaire, tandis que dans » nos écoles, il semble jouer le rôle d'un parvenu qui » n'est que toléré. » Toléré était un euphémisme ; en général, il eût fallu dire proscrit. A quoi bon, pensaiton, fatiguer sa mémoire à retenir des noms bizarres, ou d'insipides statistiques ? Et la géographie, ainsi définie, était traitée avec le mépris qu'assurément elle méritait.

Les temps et les programmes sont changés; la géographie, autrement comprise, a tout d'un coup reconquis la faveur publique. Les belles cartes qui se déroulent sur les murs de nos écoles sont là pour instruire et non plus pour orner. Les atlas, les manuels, les livres de géographie à l'usage des classes ne se comptent plus. Presque tous, des plus élémentaires aux plus érudits, témoignent la préoccupation qu'inspire aux auteurs la nécessité d'enseigner avec méthode et clarté une science désormais obligatoire.

On ne saurait demander à ces ouvrages tous les développements nécessaires. La plupart sont des mémentos et des abrégés : ils courent au plus pressé, fournissent des indications sommaires, résument les faits et tombent parfois dans la sécheresse à force de concision. Quant aux aspects divers du sol, à la beauté des sites, aux mœurs des individus, aux institutions et coutumes des peuples, au commerce et à l'industrie des États,

Page 1