CHAPITRE rV
Limites. — La république du Mexique (débris de rancienne colonie de la Nouvelle-Espagne) touche au nord aux Etats-Unis, dont elle est séparée par le Rio Grande-del-Norte, depuis l'embouchure jusqu'au déûlé d'El- Paso, et par une li|2:ne conventionnelle parallèle au 31« degré de latitude, coupant le Rio Colorado à 100 kiiom. de son embouchure, remontant ce fleuve jusqu'au Rio Gila, et franchissant les plateaux jusqu'au Rio Ta Juana, sur le Pacifique; — à l'ouest, l'océan Allantique (golfe du Mexique), à l'est, l'océan Pacifique la limitent; — au sud, la frontière, qui est linri\trophe du Guatemala, part de la Barra-Sacapulco (Pacifique), franchit [\ chaîne volcanique de la Sierra-Madre, suit la vallée supérieure duTabasco, rejoint et suit le cours du Rio Utsumacinta et de son affluent le San- Piedro, coupe le Rio Houdo et la Belize et descend avec le Rio Sarstoun jusqu'à la baie Amatique, dans le golfe de Honduras.
Situation astronomiqae. — 15o-32o de lat. N.; 89o-119o30'de long. 0.
Climat. — Chaud et malsain sur les côtes; salubre et tempéré dans les parties élevées. D'après le relief du sol, on distingue trois zones nettement tranchées : la tierra caliente (terre chaude) jusqu'à 1 000 m. d'altitude, où la température moyenne atteint -|- 25°; — la tierra templada (terre tempérée) jusqu'à 2000 m., température moyenne -f IS»; — la tierra fria (terre froide) au sommet du plateau : température moyenne -f 14 ou lo».
Littoral; lies. — Les côtes des deux Océans sont basses, malsaines, marécageuses ou sablonneuses : à l'est, lagunes del Madré, de Tamiagua, de Terminos ; îles del Carmen, Fuerto-Real, baie de Campêche, îles Cozumel et Turneffe, cap CatochCy etc. ; — à l'ouest, golfe de TehuantepeCj cap Corrientes, golfe de Californie ou mer Vermeille, cdi^ San-Lucas, et loin dans le sud, l'archipel désert de Revilla- Gigedo, dont l'Ile principale est Socorro,
Belief dn sol. — A partir de la côte, le sol s'élève, devient plus accidenté, « s'amasse en collines, se creuse en vallons, forme des pentes de » plus en plus rapides, auxquelles succèdent de véritables cnainès (.3 » montagnes, reliées entre elles par de grandes plaines, qui constitueiKi » les divers étages de ces Alpes méridionales (van Druyssel). » De là trois zones territoriales, déjà indiquées plus haut. Le plateau du centre est la continuation des Montagnes-Rocheuses et forme deux massifs distincts : le plateau de Chihuahua {\ 500 à 1800 m.) ; le plateau d'Ana/tuac n 800 à 2 700 m.). — A partir du 22o degré, les talus du plateau f monts Diabolo, de Potosi, Sierra Madré, Sierra Sonora) sont traversés par aes chaînes volcaniques (pic d'Onzaôa, 3 400 m.; Coffre de Perofe; la Vemme-Blanche, 4 800 m.; le Popocatepetl ou Montagne fumante, 3 400 m.; le Nevado de Toluca, 4600 m., et le Colima). — Tremblements de terre fréquents, mais rarement dangereux.
Cours d'eau; versants; lacs. — Les rivières sont rares et peu navigables, obstruées souvent à leurs embouchures, gênées dans leur cours, et souvent desséchées. Deux versants: 1° Golfe da Mexique : \eRio Grande-del-Norte, qui sert de frontière (2700 kilom.) et se grossit à droite
du Carmenj du Ccnchos, du Sabinas, du San-Juan: le San-FemandOy le SantandeTf la Furificacionj le ilapitio et le Vanuco, le Coazacoalco, le Ta- 6asco ; — 2^ CSrand-Océan s le Yerde, le Yopez^ le BalzoSy le Ato de la Armeria, le Santiago j issu du lac Chapala ; le CuliacaUy le Cïna^oa^ le Tagm. Malgré sa sécheresse, 4e Mexique a quelques lacs : le Chapala (2500 kilom. car.), le lac du Caïman, le lac Varras, les cinq lacs de Mexico (Tezeuco, Xochimilco, ChalcOf San-Cristobal, Zumpango).
n. GÉOGRAPHIE POUTIQUE.
IVotions historiques. — Sous les dynasties des Toltèques et des Aztèques, l'empire mexicain avait une civilisation brillante, une société organisée, des industries actives : on y cultivait les arts, les lettres et les sciences. Fernand Cortez détruisit cet empire en 1520, et fit du Mexique une colonie espagnole. Ce pays fut en proie à toutes les convoitises, à toutes les cruautés des vainqueurs rapaces et fanatiques pendant quatre siècles. Au dix-neuvième, à l'exemple des autres colonies américaines^ il secoua le joug de l'Espagne^ et s émancipa. Le Mexique devint un empire sous Iturbide (1822), une république fédérale sous des chefs militaires (4823), et son indépendance fut assurée par la victoire de Tam-
{)ico (1824). Mais les compétitions on pronunciamientos des dictateurs le ivrèrent pendant longtemps à l'anarchie et aux fureurs de la guerre civile. Dans cette période de discordes intestines, le Mexique se laissa enlever par les Etats-Unis des territoires immenses : le Texas, le Nouveau- Mexique, la Haute-Californie (1846-47). En 1863, un prince autrichien, Maximilien^ tenta, sous les auspices et avec l'appui du gouvernement de Napoléon III, de rétablir un empire mexicain. Ce projet échoua misérablement en 1867 : Maximilien fut fusillé et le gouvernement républicain fédéral rétabli sous la présidence de Juarez. De nouvelles révolutions ont encore troublé le Mexique depuis cette époque : cependant la république parait entrer dans une période de calme favorable au développement de sa prospérité intérieure*.
Constitution. — La constitution remonte au 4 février 1857 : le pouvoir exécutif appartient au président de la république élu pour quatre ans par le congrès. — Le pouvoir législatif est confié à un congrès composé de deux assemblées : le sénat et la chambre des députés. Les sénateurs, au nombre de 56, sont élus pour quatre ans ; chaque état en élit deux. Les députés, au nombre de 227, sont élus par le peuple pour deux ans, et ils sont rééli$îibles. Le cabinet comprend six secrétaires d'Etat assistés de sous-secrétaires d'Etat {affaires étrangères, intérieur, justice, finances, travaux publics, guerre). — JDrapeau s vert, blanc, rouge; sur le blanc, les armes.
4. Après l'empire d'Augustin !•', Iturbide, renversé en 1823, le Mexique • été gouverné par les présidents dont les noms suivent : Vitloria (1824-28) ; Pedrazza (1828-29) ; Bustamenle (1829-32) ; Santa-Anna (1832-36); Bustamente (deuxième fois, 1836-41); Paredès (1841-43); Santa-Anna (deuxième fois, 1843-44); Herrera (1844-46); Paredès (deuxième fois 1846-47); Santa-Anna, (troisième fois, 1847) ; Pedro-Anna (1847-48); Herrera (deuxième fois, 1848-51); Arista (1851-53); Santa-Anna (quatrième fois, 1853-54); Martin Carrera (1854-56) ; Alvarez (1856) ; Comonfort (1856-58) ; Benito Juarez (trois fois élu, (1858-72); Lerdo de Tejada (1872-76); Porfirio Diaz (1876-80); Manuel Gonzalez (1880-84), Porfirio Diaz, élu en 1884, réélu en 1888, en 1892 et en 1S96.)
Les relations officielles entre la République française et la République mexicaine ont été rétablies en 1880 : M. Benoit représente actuellement la République française à Mexico (1899).
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