CHAPITRE II
ANTIIiliES*
Limites; situation. — Les Antilles, groupe d'Iles situées entre les deux grandes presqu'îles américaines, forment une longue chaîne arrondie depuis l'extrémité orientale du Yucatan et le sud de la Floride jusqu'au littoral du Venezuela, sur une longueur de 22 degrés (3 450 kilom.). L'Archipel se divise en quatre parties : les îles Lucayes, les grandes et les petites Antilles, la chaîne du Sud. Tout le système est compris entre les 10» et 27* degrés de lat. N., et entre 62° et 87' 20" de long. G. Er're la chaîne des Antilles et l'islhme central américain s'étendent le golfe du Mexique et la mer des Antilles.
Climat. — L'archipel est situé dans la zone torride ; mais la brise de mer, vents d'est ou vents alizés^ tempère l'ardeur de la température pendant le jour; et la brise de terre rafraîchit les soirées et les nuits. Il y a deux saisons : saison sMe, d'octobre à avril (température moyenne : 26 à 28 degrés); saison des pluies, d'avril à octobre. La saison des pluies est l'hivernage, l'époque des chaleurs étouiïantes, des tremblements de
1. Lorsque Colomb aborda à Tile de San-Salvador, ou Guanahani, le 12 octobre 149i, il crut avoir trouvé la première lie de l'Lnde, et il appela dans la suite Indes l'archipel des Antilles, et Indiens les peuplades qui les habitaient. L'erreur s'est maintenue dans les dénominations, et les Anglais appliquent encore au groupe tout entier le nom d^Indes occidentales (West-Indies). Les Espagnols appelèrent Iles du Vent (Barlo-Vento) la partie orientale de la chaîne, ei Iles sous le Vent (Soto-Vento) la partie occidentale. On appelle quelquefois la chaîne de« Petites-Antilles {tes Caraïbes., à cause de leurs premiers habitants. Quant au nom actuel d'Antilles, Humboldt l'attribue à l'érudit Pierre Martyr d'Angbiera, Aniiliaf insuta.
terre, des ouragaas, raz de marée, des maladies épidémiques; maximum â0 chaleur + 34 à 36 degrés.
Relief da sol ; oonstitution orographiqne : — Les grandes Antilles sont de formation granitique surmontée de terrains calcaires et schisteux ; les petites sont de formation volcanique; les Lucayes sont calcaires. L'aspect général de l'archipel est montueux; tantôt les cimes sont aiguës et décharnées, tantôt arrondies et boisées. Les Antilles volcaniques ont des montagnes isolées, coniques, abruptes, des ravins profonds, des côtes escarpées, des ports commodes et sûrs : les Antilles calcaires ont des plateaux ondulés, de larges terrasses, pas de hautes cimes; les ports y sont sans abri, le littoral semé de récifs et de brisants. Les lies volcaniques sont bien arrosées et très boisées ; les îles calcaires n'ont ni eaux ni forêts, et sont le plus souvent stériles.
IL GÉOGRAPUIE POUTIQUB ET ÉCONOMIQUE.
Iles liucayei» (de cayos^ rochers en espagnol) ou Bahama (13960 kilom. car.). On en compte plus de 500, séparées par des détroits peu accessibles (les plus fréquentées sont celles de la Floride, de Santarenu de la Proviaence). Beaucoup sont désertes. Elles produisent un peu de coton, d'indigo, d'acajou; elles vivent surtout de pêche. L'île du GrandJsaac porte un phare en fer, haut de 38 mètres, érigé en 1826. L'Ile de Ta Nouvelle- Frovidence renferme la capitale de tout l'archipeî, Nassau (6000 hab.). En 1829, les Anglais ont placé les îles Bahama sous leur domination. La population est de 48000 nabitants (3,4 hab. par kilom. car.). La gouvernement est représentatif.
Crrancles Antilles. — l© Cnba a des rivages bas et marécageux, d'un abord dangereux à cause des récifs. Une montagne traverse l'Ile de l'ouest à l'est (Sierra Organos; mont Totrijlo; montagne de Cuivre). — Cours d'eau peu étendus : Rio Negro au sud-ouest; Hio San-Fedro au sud, Rio Canto à l'est. L'île, occupée par les Etats-Unis, est divisée en six provinces : Havane (200 000 hab.), Matanzas (56000), Santiago (60000), Cienfuegos (41000), Puerto-Vrincipe (47 000), Cardenas (2i000). Les autres villes principales sont : Ho/.gum (35000 hab.), Sancti-Spiritu (33000), San JuaUj Trinidad. — Les Espagnols avaient mis à Cuba : un gouverneur capitaine général, un commandant en chef, un secrétaire du gouvernement et vtn directeur général, ponrradminislraliun civile. — Superficie, 118 823 kîl. car. — Population : 1632000 hab. (14 par kilom. car.).
Cuba a des richesses minérales [cuivre, argent, aimant, malachite, salines) non exploitées ; elle produit surtout du sucre, du café, du tabac, du cacao, etc. — Les exportations de Cuba ont été, en 1892, en totalité de 90 millions de pesos, les importations totales de 56 265 000. — Chemins de fer : 1731 kil. en 1897; — Télégraphes : 4 500 kilom. L'esclavage a été complètement aboli, et l'île a été en 1898 (traité de Paris), affranchie de la souveraineté de l'Espagne i. (V. p. 304.)
1. La loi Moret, votée pendant la révolution d'Espagne, assurait la liberlé à tous les enfants des esclaves nés depuis 1870, et aux vieillards, au fur et à mesure qu'ils atteignaient soixante ans. Les nègres de Puerlo-Kico furent émancipés parla révolution de septembre. Pour remplacer le travail des noirs, qui ne suffisait déjà plus au besoin des plantations, le gouvernement espagnol avait songé à introduire dans Tile des coolies chinois, et avait signé tTecle Céleste- Empire un traité dans ce sens.
298 LECTUnES ET ANALYSES DE GÉOGRAPHIE.
2» Haïti (anc. Uispaniola) a des côtes très découpées (golfe de la GonavBy presqu'île de èamana^ îles de la Gonave et de la Tortue, etc.). — Elle est traversée par quatre cbaioes domiaées au centre par le pic Gibao (2622 m.). Elle est arrosée par VÂrtibonite à Touest; VYaque, VYuna au nord ; la Neyva au sud. — Sol fertile, mais peu cultivé ; forêts et mines riches, mais à peine exploitées.
Pulitiquement, Haïti est divisée en deux Etats: République d*ïlaiti; Ré' publique dominicaine.
Haïti a un président qui exerce le pouvoir exécutif (sept ans; Simon Sam, élu en 1896), assisté de quatre secrétaires d*Etat {affaires étrangères, finances et commerce; justice et cultes; guerre et marine; intérieur). Le pouvoir législatif est partagé entre un Sénat de 39 membres et une Chambre de 50. 11 y a une Cour suprême à Port-au-Prince. — La République se divise en cinq départements administratifs : de VOuest, du Sud^ du Nord, du Nord-Ouest, d'Artibonite, Le drapeau est bleu et ronge, en deux parties horizontales. La capitale est Port-au-Prince (60000 hab.). La superficie de Haïti est de 28900 kilom. car.; la population totale 960 000 habitants (33 par kilom. car.). — Importations (en 1897), 6 364000 pesos (à 5 fr.); Exf>ortations, 12549000 pesos. — Recettes, 1500 000 pesos; Dépenses, 1 900 000 pesos. — dette, 26 millions de pesos.
La République dominicaine a un président, assisté de cinq ministres {Justice, Travaux publics et Instruction; Affaires étrangères; Intérieur; Finances et Commerce; Guerre et Marine). — Une Chambre législative exerce le pouvoir législatif. 11 y a une Cour suprême à Saint-Domingue. La religion d'Etat est le catholicisme, comme à Cuba; la langue du pays est l'espagnol. Drapeau écarlelé bleu et rouge par une croix blanche. — Superficie, 45200 kilom. car. -r- Population, Ail 000 hab. (9 par kilom. car.). — La République comprend dix provinces (Santoûomingo, Santiago, la Vega, Azue, El Seibo, Espaillat, Barahona, Puerto- Plata, Monte-Cristy et Samana) : à la tête de chaque division est un gouverneur. — Mêmes productions qu*à Cuba et Haïti. — Importations (en 1892), 500000 liv. sterl.; Exporlations, 430000 liv. slerl. — Recettes, 3 829 000 piastres; Dépenses, 3837000. — Dette, 2800000 piastres; Dette extérieure, 1600000 liv. sterl.
30 Porto-Rioo (possession américaine), séparée d'Haïti par le canal de Mona, couverte de montagnes (1 000 m.), sol riche, belles forêts, bons ports. — Capitale: San-Juan-de-Porto-Rico (20 000 hab.). — Exportations (1891), 19780 000 piastres; Importations, 33 730000.
40 Jamaïque (possession anglaise), située au sud de Cuba ; elle est traversée par les Montagnes bleues^ escarpées et boisées (2400-2 500 m.); sol inculte et inhabité au centre, ailleurs fertile. — Capitale : Santiago de la Yega (6 000 hab.); le ^rand port est Kingston (40000 hab.). L'île est divisée en trois comtés (xMiddlesex, Surrey, Cornwall), administrée par un gouverneur assisté d'un Conseil royal et d'une Chambre de représentants élue par les propriétaires. — Superficie, 10 859 kilom. car. — Population, 703366 hab. (65 par kilom. car.). — Exportations, 2 076 000 liv. sterl.; Importations, 2158000 liv. sterl. — Recettes. 864000 liv. sterl.; Dépenses, 800000. — DeHe, 1520000 liv. sterl. (à 25 fr.). — Chemins de fer, 294 kilom.
Petiteii Antilles. — Elles forment un demi-cercle, depuis Porto- Rico jusqu'aux bouches de rOrénoque; montueuses, volcaniques, escarpées, généralement très fertiles, elles se partagent entre l'Angleterre, la France, la Hollande, le Danemark, le Venezuela.
1° L'Angleterre possède Tortola, Virginia-Gorda, Ancgada, dans lC3
AMÉRIQUE CliMTRALË,
lies Vierges (165 kilom. car; — 4 639 hab. ; — 23 par kil. car.); Saint- Christophe it Angmila [267 tilom. car.; — 32300 ii,ib ; — 150 pur kiL cm); ^^vis et iiedonda [H8 kilnm. car.; — 13100 hab. | — U2 par kilom. car.); Antigoa et tlarbonde (440 kilom, car.î — 37 00D tiab.; ^- 144 par kilom. car.); ^loru^erraf (î^3 kilom. car.; — inG2 bab. ; — 142 par kilum. car.) ; Bominîqm (754 kîlom. car.; — 28 221 hab. ; — 37 par Eilom. car.); Sainte-Lucie (614 kilum. car.; — 42300 bab.; ^ 69 par kilom. car.) ; Saint-Vincent (3fil kilom. car. ; — 41 000 bab. ; — 107 par kilom. car.); Earbade (430 kilom, car.; — 180000 hab. ; — 418 par kilom, car.}; Gmiade et Grenadine.'i (430 kilom. car. ; — 54062 hab. ; — 126 piir kilom. car.) ; TriniU d Tabago (4 839 kilom. car. ; — 234 400 bab. ; — 49 par kilom. car.). Totiles ces îles ooumsseot des bestiaux^ produiàcot du $ucn^ du coton, du tabac, de Vindigo^ du cacao.
2» La Hollande possède le sid de Saint-Martin, 46,80 kilo©, car, (4 198 hab.}; Saba, 12,8^ kilom. car. (1926 bab.); Saint -Eustache^ 20,70 kikmi. car. (1633 tiab.); Arubfh 165 kilom. car. (7 900 bab.) ; Bonuire, 335 kilom. car. (4 053 hab.}; Curar^ao, 530 kilom. car. (27 300 iiab.). La capilale est Wifiem&ladt^ daos Ciirar^ao.
3° Le BanemaTk posiîède : Sainti-Croûs, 218^33 kilom. car. ; Saint' Thomas, 86,17 kilom, car. ; Samf-Jfiaw, 54,40 kilom. car. ; ea tout 43000 h. (107 par kilom. car.}. Saiat-Tb ornas est un porl fraoc.
40 Le Venezuela possède les îles ^yîargarita, Ëlanamlia, Torlufiat Orchilid, les Roques^ Âve&, en tout 30 000 bab. eaviron. C est la chaîne dii 9iud.
5« La France conserve la Guadeloupe, la Martiniqne, les Ilots des Saintes, de la Bésirade et Marie-Gaimît, et Tlle Saint-Èarthélemy, récemment aclielée à h Suède (1877)».
1. C^lte Lia. placé» aumiJiisu des AaLiUes fraagaiâeï^ rut aocupèedès 16iâ par Jn commandamt de Paincy. Achetâû en 1<)55 par I Ordre de M^ltc, e>]ia fut, eu 1fi65, revendue à uoe Compaginiâ^ puis, en 1675, réuDJe À la Guadeloupe. Elle avait alora 427 biaiica, 345 umr», en lotit 77t habilauLa. Eu i7S4 in terri ot an irai té cotre la Fraoce et In Suède. A œtle époque, lei Suèdoia étaient désireux d^a&quérir daoi Ifi oouveau monde un docnaiae colooial ;, îes affairea politiques da TEurope rapprochai ot la Suèda de la Frince, lea deux genvernsmeots reiserrèrenl leur alliance par de mutuotics conctjssîons. En écliange de ââJot-Bar- Ibèbiny, la Suède noua douoa l'ealrepôt de GotbaobourK. ■ Ea édian^e et par voie de compen^atioa des avantckgea rèsaltaoï de l'établissâmeot et dfi l& coocession de reutrepûL de Gotbenbaurg pour le 43ciiiimQrce et la navî galion de la FranoeiP le roi treâ cbréUon eèda à perpétuité au roi et & la couronne; de Suède en loule propriété et Bouvcraluotà i'îlo de Saint-Bartliélemy. mnx Iodes oocideutnlea, aveo toutea le& tnrre», m tirs, porta, md<'S el baies qui ca dépendent, ausai bito que toiia les édiHoc» qui s'y tfouvenl cjurislruita. ■ La cùEenie lut développée par le& Saédoia. En 17i45, Gustave lll y faoda Gitsiavitif port qui fat ouvert au commerco de toutes les Dations. Eu 1801, GusLairia Tut prise par les Ângl&iâ, piùa restiltiâe. £u 1830, nn y établit le guS'rage uDiveraeL L'histoire de rilo eât caurte. Saint-Barlbêlemiy ne pnuvait avoir qu'une utilité méiliocro pour UD peuple qui d avait pas d'auire» posaeasiona voisines. La Diète suédoise iDsiata poûf dégager le budget d'une dépense dont l'apportuoilé lui paraissait ooQtesUble. Go invita les hâbiL^iiits dû l'ile à dûDoer leur avis, ils votèrent à ruuaQimité. m Dîna une voix (3^7 eontre 1), presque seidb abb tentions, la réunion à la France. Sainl-Barthclcmy n'a qu'une faible ifinportance : elle entt fertile el nourrit aea S. 400 babitunta; son portent comoiode et bien abrité. La raiaoa dorniDante de cett« annexion a été le désir de la population d'oriffine toute franeaise, qui demandait à rentrer dana la patriu. Le prix d'achat a été dis f77 uoo rranca ; le» rn^gociatious comtiïBucéea au lfi77 ont été ratiûéos Le 14 jauvior l!J7â par Je ParienieuL et la colonia nouvelle rattachée ri la Guadoioupe. (V. le rapport présenté à la Chw^ibre des doutés par M. Godtn,)
AMÉHIÛUB CENTRALE.
i^ La CSnadcloupc. ~ Situation. SUuée entre 15° 47 et 10^ M' de lat. N», et eiUrfi %'^^T et Bk° 8' Iûd;î. 0., cette lie a une forme elliptique, irrê^liàre : elle est longue de 46 kilom. du nord au sud ^ large de 30 à 24. — Elle Ë&t séjiarée de la GraDde-Terre par un canal sinueui et vaseux, long de 6 milles* large de 30 à lift tnelres, bordé de palétiiyiersj on l'appelle la rimère salée. — Supeiade de l'Ile, 1640 kilorn. car» — lelleF du fioL La Guadeloupe reii ferme quatre volcans : la Grosse-MontagM au nord, les Deui-MamelUs hu centre, la Smfnire et le Houdment au sud. — Seule, la Soufrière [î 484 m.) projette encore des vapeurs sulfuteuses; les autres sont éteints (1 000 à 120Qra.)* t-^s principaux cûiirs d'eau sont: la Rivière aux Uûibes, h Ravine VÉs^érancty la huvine-à-BiUiitit, lu Ravine Saini-ïgnace,
2° Les îlatM des âiainfeH, situés à 3 lieues de la Guadeloupe, forment la secoode partie du groupe volcanique, ils sont au nombre ne sept; les deux principaux sont : la Tt-m-de- Haut et la Teire-d£-Ba$; parmi les pics petits, le Grmiâ-ikt et Vlht-à-Cabri sont seuls habités par 40 oi 50 pécheurs. Le dernier renferme un pénitencier. -— Les Ilots très accidentés sont stériles et n'ont pas de rivières; les ruisseaux ne ronicut que les eaux de pluie.
3«* llarie-f4iilante située entre 15° 55' et 16^01' de lat. N.t et 63«*3î'-63o 39' loQg. 0.» à â7 kilom. au sud-est de la Guadeloupe, a une superficie de liSâ? hectares. Elle est traversée par une chLJÎne de collines boisées (âOO m.). Elle est, comme la Gratide-Terre, et la Désiradej de furmation calcaire. Pas de rivièrea : deui petites ravines qui charrient l'eau des pluies. Ça et lit des mares alimentées par les eaui pluvial es.
4" I.a liéftlrade, située à 10 kilom. nord-est de la PoitUe-des-Cbâ* teaux (Grande-Terre), a 10 kilom. de long, 2 de large» et une superQcie de Î7a0 hectares. Elle est divibéû par une montagne dont le versant occidental s'abaisse vers la mer^ et le versant oriental est abrupt. — Flatean boisé- Un seul cours d'eau au nord, inutile aux habitants. — Dans l'Ue est une léproserie» sur le plateau, renfermant en moyenne JOO malades. — ClimAt. Le climat est malsain sur le littoral, où tes marais provoquent Ja dysenterie et les Oèvres, plus salubre sur les plateaux, notamment dans les Saintes.
II* KOTIONS HISTORIQUES,
Découverte par Chriatophe-Colonih en novembre 1493, habitée par des Caraïbes, la Guadeloupe fut occupée en 16:15 par l'Olive, lieutenant général de d'Esnarnbuc. gouverneur français de Saint-Christoplie, et un gentilhomme nommé Duplessis, envoyé par la Compagnie des îles de t Amérique. Usamenaltml avec eux 550 colons. 11 fallut vînE^t-cinq années de lutte centre les Caraïbes pour assurer h domioalion de la France. Le traité de 1660 conina les débris de la race aborigène à la Dominique et à Sainl- Vincent. La Çompau'nie qui avait la propriété de la Guaileloupe se ruina et la vendit à un de ses agents, le marquis de Boisseret, et à son beau -frère, le sienr Houel. La domination des seigneurs proprié la ire s de la Guadeloupe dira quinze Uns. Au bout de ce temps, la colooic, menacée de ruine, bien qne la population se fût accrue de 50 Hollandais et de 1 200 esclaves noirs, M vendue à Louis XIV, qui la remit à la nouvelle Compagnie des Indes-
Occidentales 1. Celle-ci eut le sort des autres; les règlements de Colbert la tuèrent : en 1674, le roi paya ses dettes, et elle fut dissoute. La Guadeloupe fut réunie au domaine de l'Etat. Les obstacles k la colonisation ne furent pas levés pour autant, la guerre vint s'y ajouter. Enfin les jours de prospérité vinrent après la paix d'utrecht, et cette prospérité dura quarantesix ans (1713-1754); l'Ile renfermait 60000 personnes parmi lesquelles plus de 40 000 esclaves. Les Anglais la prirent alors et Toccupèrent lusqu'eu 176B. En 1775, la Guadeloupe, subordonnée jusqu'alors à la Martinique, devint colonie indépendante; sa population montait en 1789 à 100 000 habitants, dont plus de 80 000 esclaves. En 1790^ l'esclavage fut aboli. Ce grand acte d'humanité provoqua une terrible guerre civile entre blancs et noirs, planteurs et esclaves, l'incendie des habitations, des exécutions sanglantes^ des spoliations, des émigrations. La guerre étrangère compléta cette série de calamités, les Anglais occupèrent l'Ile (21 avril 1794), mais ne la gardèrent pas longtemps. Les deux commissaires de la Convention, Chrétien et Victor Hugues, avec deux frégates et 1750 hommes, la reprirent après sept mois d'une lutte acharnée, et la gardèrent malgré les attaques furieuses de 8000 Anglais très approvisionnés et soutenus par de formidables escadres. En 1810, les Anglais réussirent à la reprendre, mais nous la restituèrent en 1814, puis en 1816 par un traité définitif. Un des premiers actes du gouvernement provisoire, en 1848, fut d'abolir de nouveau, et cette fois définitivement, Tesclavage dans les colonies.
m. GÉOGRAPHIE POLITIQUE ET ÉCONOMIQUE.
La capitale de la Guadeloupe est la Basse-Terre, au sud-ouest, port médiocre (8000 hab.}. La meilleure rade est celle de la Pointe-à-Vitrej a Touest de la Grande-Terre (20 000 hab.). Le cheMieu de Marie-Galante est le Marigot.
Superficie totale : 1603 kilom. car. — Population totale avec les dépendances, 190000 hab. (89 par kil. car.). — Guadeloupey 167 000 hab.; Marie-Galante, 14300; la Désirade, 1400; les Saintes, 1624; Saint- Bar Ihélerây, 2674; Saint-Martin, 3640. Les richesses agricoles de l'Ile sont en première ligne le sucre, puis le café, le cacao, le coton, le tabac, la cannelle, le manioc, et de splendides forêts.
Au point de vue administratif, le gouvernement de la Guadeloupe se divise en trois arrondissements : Basse-Terre (4 cantons, 14 communes et l'île Saint-Barthélémy); Bointe-à-Pitre (5 cantons, 15 communes); Marie- Galante (1 canton, 5 communes). Le gouverneur est assisté d'un conseil général, dont les membres sont soumis au suffrage universel, en nombre proportionnel au chiffre des habitants. Les communes ont des conseils municipaux élus; les maires et adjoints sont choisis dans leur sein par le gouverneur. La colonie a dans le parlement français des représentants régulièrement élus.
1. Il est curieux de voir à quel bas prix ces îles opulentes furent alors adjugées. En 1649, Boisseret acheta pour 73000 livres la Guadeloupe, Marie-Galante, la Désirade et les Saintes. En 1650, du Parquet payait 60 000 livres la Martinique, Sainte-Lucie, la Grenade et les Grenadines. En 1651, Poincy achetait 40000 écus Saint-Christophe, Saint-Barthélémy, Sainte-Croix et la Tortue. En 1665, Louis XIV les paya un peu plus cher: 125 000 livres, la Guadeloupe •t «es dépendances; 120 OuO, la Martinique; 100 000, la Grenade.
Soo nom l«i a été
donné par Cbrî^tophe-
Colouib qui h de< uavril
le jour de la saint Martin
(1493j. Le littorai oneo-
Ul est bordé de récifs nadréponques, et peu borda ble; la cÔte de
roue&l est 1res dmiapée,
|H possède des haies ei-
^lenle*; J'ile est eipo-
èe aox oura^anSf raz de
Darée^ trembietneats de
' lêrre. L'iulérieor est
loot con\'erl de monU-
gnes aiguës, déchirée?
el disloquées par Je^
Iremblctnents de terre * :
(aa DOid Je l'île, du piton
du Curbei (1207 m.)
myotinent des contreforts dans loules les directions f montagne Pelct ■ Il 350 m.), mbims Jacob,
Julmûie, des Olives, de
'i tlaiiie, elc.}.
Les jduies torren-
Helles entretiennent les
rnisseanx et les lorrenls
ég-tilement précieux pour |4*irrJ|;filion des terres el lorce mfltr-i:€ des FiiÊineê. On cotupte jus-
qu à soixatile-qtiioze de ces tours d'eau variant de 5 à 30 kiloin. A Tesl
couleiil le Lorrain, le Galiork, h CapoU, la Macouta^ elc; à fouest, li
hiviére-Salée^ l^Lézardt^ leilré^iï, les rivières de Monsieur eX de Madavie^
(' On raconte qu*UD amirckl BDg:l&îs^ ToulàDt dotiDer an roi Gaor^^e^ II uno idéo de ia coDîli^MjrhiLioEi toqnnenlèe de la Martinique, pHl udq feiiille de pa« ipic^r qall cbiiïbnaa bru^quemeat, et 1& rejetant tout lofurniQ tnr I& (Abla : ¥m Sire, dit-il, voilii la Marlitiiqne. •
celle de Satnt-Pjerre, etc. — Les eaux minérales et thermales sont abondantes. — La Martinique est une île volcanique; les tremblements de terre sont fréquents et souvent désastreux. Le climat est chaud, pluvieux, insalubre d'avril à octobre. L'été, la température ne s'abaisse jamais audessous de 20 degrés.