IV. — NOTIONS STATISTIQUES
10 Gosta-Rica. -— Superficie : 54070 kilom. car. — Popnlation, 294 000 hab. (5 par kil. car.). — Races. Blancs d'origine espagnole, plus nombreux dans le Costa-Rica ; Indiens, demi-civilisés, demi-chrétiens, cultivateurs et artisans ; Ladinos, métis de blancs et d'Indiens. — Dialectes : espagnol et indien. — Instruction publique : Progrès marqués : université à San-José; lycées à San-José et à Cartago; 240 écoles nationales et 90 écoles privées; H 500 élèves environ les fréquentent. Budget, 550 000 pesos par an. — Justice. Le pouvoir judiciaire est exercé par une Cour suprême de justice siégeant à San-José. — Cultes : religion catholique ofticielle; évêque de Nicaragua. — Armée : 600 hommes d'armée active et 31000 hommes de milice. — Marine militaire, représentée par un seul navire. — Monnaies : Or, once d'or, 16 piastres =81 fr. 37; double pistole ou doublon de 8 piastres; demi-pistole ou écu d'or de 2 piastres; quart de pistole ou escudillo d'une piastre. — Argent : piastre forte de 3 réaux = 5 fr. 42; demi-piastre de 4 réaux; quart de piastre de 2 réaux, real de plate. — Poids et mesures ; le quintal à 4 arrobas à
25 libras = 45 kil. 015; la vara = 0™,835; le cantaro à 4 cnartillas = 16 lit. 137; le fanega = 55 lit. 48. — Budget annuel (1896-1897) : Recette^j 7435 000 pesos. — Dépenses, 6697000 pesos. — Dette publique,
26 millions de pesos.
20 Guatemala. — Superficie : 125100 kilom. car. — Population (1893), 1364000 hab. (11 par kilom. car.). — Races. M. Bellv ditquela société guatémaltèque se divise en trois classes : el pueblo (le peuple), los décentes^ (les gens comme il faut, la classe moyenne), et los nobles (l'aristocratie). Par le peuple, il faut entendre les Indiens, les Zambos et les Ladinos de bas étage. Los décentes se composent de la majorité des Ladiiios ou métis : c'est la bonne société; ils se prévalent de leur qualité de créoles. Ils se vouent au commerce, aux professions libérales, à la politique. L'aristocratie se compose du gros commerce et du clergé. (Cite dans Vivien, Dictionnaire, art. ùruatémala.) — Dialectes. (V. Costa-Rica.)
— Instruction publique : l'enseignement populaire commence à se développer; en 1893, on comptait 1300 écoles de tous degrés et 45000 élèves.
— Justice, une cour de justice à Guatemala. — Cultes : religion catholique officielle, archevêque métropolitain à Guatemala. — Armée : 12 500 hommes dans le service actif, 20 000 de milice. — Monnaies, poids et mesures. (V. Costa-Rica.) —Budget annuel : Recettes (en 1895), 12480000 pesos. - Dépenses, 10 705000 pesos. — Dette publique, 17 860000 pesos.
30 Honduras. — Superficie, 120 480 kilom. car. — Population (en 1897), 398877 hab. (3 par kil. car.). — Races. — Dialectes. (V. Costa- Rica.) — Instruction publique : il y a deux universités et plusieurs collèges; en 1892, 600 écoles publiques, fréquentées par 23 000 élèves. Souvent, faute de papier, plumes et encre, la lecture seule est enseignée. — Cultes : religion catholique, évêque à Comayagua. — Armée, 500 hommes dans l'armée active, 30000 dans la milice (de dix-huit à cinquante-cinq ans, qui ne sont pas dans l'armée active). — Monnaies, poids et mesures (V. Costa-Rica). —Budget annuel (en 1896) : Recettes, 1901600 pesos.
AMKRIOUE CENTRALE. 283
— Dépensa, 2261 5S0 pesus. — Detie ympie : 17371000 liv. sterling. 4I<» Xicaracn** — Superficie : 1239-30 ki'om. car. — FopiilaU«m,
330000 hab. (2,5 par kilom. car.). — Races. — Dialectes (V. Cosla-Rica).
lBstmcti«]i publique : eaviron 25 ) écoles primaires, avec 12 000 éièTes
OQ trois poor cent de la population. — Culte : relrjiion catholique, évêgnc à Nicara?aa. — Arsée. 1200 hommes d'armée active, 5000 de la milice.
■onoaies. p«ids et mesures (V. C«ista-Rica . — Budget annuel (en
1892) : Re:etUs, 1764000 dolhrs. - D^'r ?.•;.<.:.•, 2923 000 .i...:;:irs. — Dette publique, 3037000 dollars.
âo l^alYador. —Superficie : 21070 kil. car. —Population ((892), 803534 hab. i33 par kil. car... — Races. — Dialectes ,V. Cosla-Rica-,
— Instruction publique : Une université, un séminaire, un cnl'è-ze militaire, un jarlin botanique, une école de dessin, de médecine, bibliothèque de 5000 volumes â Salva-lor; instruction primaire gratuite, ubligaoire cl unifurme: 5^5 écoles primaires, 30000 élèves: 2 écoles normales, etc. Budget, 273000 dollars. — Culte : Religion calhuîiiiue, évè]ue à San- Salvador. — Armée, 14000 hommes de milice. — Monnaies V. C«>sla- Rica). — Budget annuel (en 1^96} : Reettis, 10 174 000 Jr-rars. — Dépenses, 9745 000 dollars. — Dette publique, 8 millions de dollars.
2o EXTRAITS ET ANALYSES
Les villes les plus peuplées du Guatémnla sont situées dans la zone intermédiaire, entre les plaines chaudes, fertiles et insalubres de Tocéan Pacifique elles fraicbes vallées supérieures de la Sierra Madré, jalonnée de Tolcans redoutables. San Marcos, à 2 500 m. d'altitude, exporte les cafés de ses vastes plantations par le poit d<>;o.<; Re:allu:len, bâtie à 415 m. seulement, au milieu des cocotiers, des caféiers et des cacaoyers, est délaissée pour Qnezaltenango, capitale des AUos. cité des tisseurs habiles et des f.ibricants de manteaux indiens brodés d'or et de chapeaux de plumes, située à 2346 m., non loin du Cerro Quemado, toujours fumant, et dans le voisinage des sources thermales, toujours très fiéquentées, é*Almolonga. D'autres sources thermales jaillissent près de Totonicapam, à 24S4 m.; Santa-Cruz, ancienne capitale en ruine des Indiens-Quiché, est à 1 8S7 m.; Solola, à 2646 m., se dresse sur un promontoire de porphyre à 600 m. à pic au-dessus du beau lac .Atitlan. — La capitale ne l'Elàt guatémaltèque a été trois Uns dé[ilacée. La [iremière Guatemala espagnole, bâtie dans la vallée d'Almalonga, « la monasne aux sources», dans un site délicieux, fut noyée et écrasée en même temps par Técroulemenl du lac et du catère de l'Agna (lo41j; la deuxième, Santiago delosCabalUro.^, ou la Anfi^ua, fondée en 1342, fut presque détruite en entier par les tremblements de terre de 179:>. La ville actuelle fut établie sur le plateau déprimé qui s'élève entre les deux mers.
Ctuaiemala.
« Guatemala est une ville espagnole, tout empreinte du génie espagnol, avec une ou plusieurs églises dans chaque rue, des madones à chaque coin, des galeries autour de la place Royale, mais pas un bouquet d'arbres, aucune promenade pu-
AMÉUIOUB CEÎ<TRALE*
dtés coloniales, même les plus importantes^ grâce à leurs maisons sans étages et sans ornements, rangées en li^e droite et blanchies à la chaux, qui les font ressembler à des camps de baraques. J'avoue, cependant, que Taspect extérieur de Guatemala, comparé avec ce que j*avais vu jusque-là, me donna tout de suite l'idée d'une capitale. On la cherche longtemps j sans la découvrir. Le plateau se creuse et se relève en ondula- ItioBS successives, toujours dominées à Touest par les deux " cônes vaporeux de TAgua et du Fuego, derrière lesquels se couche le soleil. Elle est assise elle-même au bas d'un de ces plis de terrain dénudé, et ce n'est qu'au dernier détour de la route qu'on embrasse tout à coup, du haut d'une espèce de promontoire, la saillie de ses dômes et de ses clochers et le développement de son enceinte. Mais, lorsqu'on a parcouru ses principales rues^ visité ses vin çl-huit églises et ses palais particuliers, pénétré dans les collèges et ïqs institutions de toutes sortes qui la disting-uent, on reconnaît que c'est bien là la cité reÎDC de Tisthme, la plus belle de toute rAmérique es- ^pagnole après Lima et Mexico.
» Ses véritables monuments, cependant, sont des églises, 1 appartenaient autrefois à des ordres religieux, et qui ont Sfisorbé, depuis sa fotidalîon, le plus clair de la rîdiesse du pays. Gonslruites presque toutes dans de grandes proportions, et assez solides de murailles pour résister aux tremblements déterre, elles rappellent, par leur nombre et leur style, la physionomie générale d'une ville ilalienne. La cathédrale surtout porte ce cachet italien dans son ornement al ion intérieure comme dans les grandes ligLcs de sa façade, et elle écrase de sa masse et de sa coupole les palais à arcades, mais sans étages, qui forment les trois autres côtés de Tiramense place centrale*. Cependant ces palais', malgré leur simplicité d'ap-
is Elle D^a prifl luaÎDfl de 193 mèlrea de long sur 165 de largi)* S. * L'hiMel dm Monnaies (à Gnatemala) est an gviinû batirriitsnl, et c'eal tout » ee nue j'en puis dire. On y frappo quelque» piastres, quelques onoes, et on y
■ timbre tf^ute» les rognares de piiLSiLres qui coureni dans la République soua
■ la déooniînalioo de réaux et de euartUlos. Les K-^pagnols pùur rsienir Tars §ent, dads le pays, &v&ient fractionné leurs pias^Eires en huit, en fieize, ot en
■ treiîte-deui parties. Les Gualemaliena ontconaervé ce système» et leur moa- » oale e^t bien la monnaie la piua déLesliibla qu^an ptiia^e imaginer. Leurs » marlillo3. leurfl m^edios, leurs rcaux préfïenlent toulealos formf^s, îlfl»ont ronds,
r » earréfl, triangtikires, efûlés, ovales et capables de déiîODrerler pnr loura fils gures loiin les géatnkres du monde civilisé. Il en ré*iuUe un jfrBod embarras fji pour compter ce? diverses pi^cesi. qui gonl très Taoîlea à Tatsifier, malj^ré 1& It petite estL-impiLIe qo'on leur appose à rhbtel :1e la Mi^nnaie. n (A. ne Valois, iMexique, f/avane, Guatemaîa.}
AMÉRlQUIi CENTRALE.
pareBce, motivée dans le principe par la craiute des iremblores^ remplissent parfaitement leur destination de servir aux différents services du gouvernement » de la justice et de la poste. ^^Xle système même d*un rez-de- chaussée» encadrant une vaste ^HeonT à galeries, n'empêche ni Fornementation des fenêtres et ^Hdes frises, ni le luxe de raraeublement, et il se prête à un ^Bgenre de beauté très approprié au climat, celui des bassios [ entourés de jasmins, de magnoliers et d^orangers qui rappellent j les résidences mauresques. Aussi les rues qui aboutissent à la place ne manquent-elles ni d'élégance ni de confort. On sent qu*il y a là une population riclie de vieille date, habituée à la vie complète, également soucieuse de plaisirs et d aifaii^s, et
r accessible à toutes les préoccupations intellectuelles, bien que vouée en général au commerce. 11 y a d'ailleurs des hôtels pour tous les goûts comme en Europe. On commence même, depuis quelques années, à y biltir des maîsoTis à un étage, garnies de vérandas, et Tabondance des eaux y est telle que chaque maison en est pourvue pour ses besoins et ceux de son jardin, et que leur excédent forme encore des ruisseaux intarissables au milieu des rues,
» Guatemala serait donc, en somme, une ville très agréable à habiter, s'il y avait des environs, une campagne, quelque chose qui reposât le regard des murs blancs et des lignes uniformes de ses calles. Son climat même, trop vanté, y gagnerait un peu de fraîcheur au milieu du jour et peut-être un rafraîchissement moins subit vers le soir. Ce climat, comme ] celui de Gosia-Rica, passe pour réaliser Tidéa! d'un printemps éternel. Le thermomètre s'y maintient, en effet, entre les deux extrêmes de 7 et de 29 degrés centigrades; on n'y connaît donc ni le froid proprement dit, rai la canicule accablante du mois d*août à Paris. Mais nous avons vu que lèvent du nord y sé- ^— vit, de novembre à mars, avec assez de vigueur pour déter- ^H^iner un pèlerinage en masse vers Escuintla ^ Ce vent qui ne
1. EscuinUû est une villiî de 5000 Am?!*, fnloarée do bouquets *}& cncoiiera. \. C'est le Wiesl>a<lBn de Guntcmala, l'Elysée de sa cofunie européenne et le entre de léoDion de son nn^loeratie pendant lea lïiois dt janvier et de féïior* Cnu&liée au pi-^d du. voli^an, et entourée de nombreuse» hactendas de •réi de fliicro et rip héUil, elle jouit à lu fuh d'un climat délia eux, d^ine a«abrîto parfailo et d^une abondaaco d'eaux sans égale. Ce sont cefl cati.t qui t-ont fait sa «sélébrîté ht qiù lui ûHîreat tant de viaileurn. Aimai (outes les grandes ramilles viconent-elles «inîîlallEr à Earuînila, dttna la prcmipre mai- Bon Tenue, fiJl-pUa de oannea nu de chaume, pour y fuir les veuH du nord qui rrfmîdisaent lo plâtrait, v.l pour y prendre dea bnina de rivière AUSii B^réa.bltîs que aalubros. n (b'61Ix Bjclly, ibid.)
rencontre aucun obstacle sur son chemin, se combinant avec un rayonnement presque subit du sol, rend, en réalité, la saison sèche beaucoup plus variable et plus dangereuse que Thivernage. 11 en résulte quelques maladies, comme la dysenterie, la rougeole et même la lièvre intermittente, qu'on ne retrouve plus en descendant dans les gorges plus chaudes des montagnes. Ce climat, d'une moyenne de 20 degrés centigrades, exige donc, comme celui de l'Algérie, des précautions particulières, des vêtements de laine, une grande sobriété de mouvements et le souci des courants d'air. Il convient beaucoup moins qu'on ne le pense aux organisations européennes toujours actives et, dès lors, plus exposées que les Espagnols à ses inconvénients. Guatemala restera, comme Rome, à qui elle ressemble par ses abords et par l'aqueduc de trois lieues de long qui lui apporte ses eaux jaillissantes, une ville à visiter et un centre commercial important, mais ce n'est pas sur son massif volcanique que se fixera la colonisation étrangère. Il y a trop de vallées fécondes *, trop d'expositions admirables, trop de séductions de tout genre sur les deux versants de l'Atlantique et du Pacifique, et même sur les plateaux supérieurs de la Cordillère, qui constituent son vaste domaine, pour qu'elle ne soit pas un peu condamnée, comme Rome, à la grandeur solitaire de ses souvenirs et à la préoccupation exclusive de son rôle politique. » Félix Belly,
A travers V Amérique centrale,
(Paris, 1867, 2 vol. in-8«.)
Climat et rlcbesses de l'Amérique centrale | la plantation Menier.
<« La région de l'isthme central américain ^ présente toute l'échelle des températures propres à la zone torride, depuis
1. La rivière du Polochic prend sa source dans le déparlement de la Vera Paz, au nord de Guatemala. Jusqu'à Teleman, elle n'est pas navigable. A Pan- Bos, elle devient un beau fleuve profond et navigable, et.son parcours est d'environ 400 kilomètres jusqu'à la lagune d'Izabal. Au nord-est de ce lac, où un service de goélettes est organisé, apparaît non plus le Polochic, mais le Rio-Dalce, rivière d'une beauté enchanteresse, dit M. Rocourt. « La végétation est admi- » rable, et le lit du Rio-Dulce, coupé à pic dans la montagne, resplendit dea » plus beaux eflets de lumière. » Le Rio-Dulce se jette dans le golfe Amatique (baie de Honduras). Voir tes gravures, pages 286 et 288.
2. On désigne ainsi la bande de terre, longue de 500 lieues et large de 80 en
ratinospbèrtî printanière des hautes vallées du Guatemala et de Costa-Rlca jusqu'aux ardeurs énervantes des plages
de PuiiLai'etKis et de San-Ju<ui-del- Sùr sur le l*aciilque. En somme cependant ri&Uime américain jouil d'un climat très salubre, et ce n'est pas une raison de conclure, parce que depuis trois siècles la ville et r isthme de Panama, de mf'me que Porto-Bello, sont des foyers de fièvre ^ pernicieuse, que les oCkO lieues d'espace intermédiaire sont aussi des lieux d'infection, pas plus que Texistence à la Nouvelle-Orl^ins et à Mobile du voniîio nef/ro ne donne le droit de déclarer la Louisiane un des pays les plus malsains du monde, Quant à la fécondité du sol, elle est ATaiment extraordinaire. Tandis que dans notre Algérie, le coton ne donne de récolte qu'après dix-huit
Le cotoûnior.
* moyenne, qui va de l'isthme de Tehuanlepec (Mexique) à celai do Paonma CCoIumbÎB), fit sert âa Irait d'uîuOTi eulm Lea deux ruasses compRct^^A du conti- Dent apaéTicain, Le trait cJiraclériaLiqtie de ceUfi réjririn est le byiirrelel de verdure quo Burmonicnt de dislance en dista^Dce des pilona isoléa du cûtè de rAtlantique, et dos inninelonB éLagèet de ctmea en cinieîi, du c5ié du Pacifique. L* eh&ine eal semée de vùlcnna, qui «trvent de points de recon naissance aux navigateurs. On CD cnrnpte plus de qunire-vingts, dont quelques-ur^s fument encore; le p!u9 aiilif, 1 Jrazu (CosiB-Hiea}, »« dresse à 4ûa0 mèlroa daltUiide^ et, ^08 bords de aoD cratère, TûBil a|icrg.oit les rivaere» des dvux ocêauti, distant» de 50 lieues. Au sud^ s'étend le riciie pays uù Cûlorab abor^la àtm9 Bon IroiEième Toyage, et que, dans Bon enthousiasme, il dénomma la CastUh* d'or. M. Félix Bell y a pn écrire que T Amérique eentmlo t p omble résumer duns aùu territoire I Ions lea cJitimtST toute» lea productions, tootea les splendeurs et tous lea en- I chaDtements du noureau monde. •
AMÉRIQUE CENTRALE. 29i
mois de semence, sm* toute la bande occidentale qui court du Nicaragua au Salvador, on le semait en octobre pour le récolter en février pendant la guerre de sécession aux Etats- Unis. Partout et à toutes les altitudes le maïs prospère, et sur certains points, au Nicaragua, par exemple, il donne jusqu'à quatre récoltes par an. Le tabac, la canne à sucre, la vanille, la salsepareille, y sont supérieurs aux produits similaires des Antilles ; des forêts d'acajou, d'ébéniers, de bois de fer et autres essences précieuses y occupent des lieues carrées de terrain, et ce n'est pas sans surprise que l'on voit sur les hauts plateaux l'oranger et le citronnier marier leurs feuilles et leurs fruits à ceux de la vigne et de la plupart des arbres fruitiers de l'Europe.
» Chaque état a une culture plus particulièrement adaptée à son sol et qui fait sa fortune : au Guatemala, c'est la cochenille; au Salvador, l'indigo; à Costa-Rica, le café; et au Nicaragua, le cacao. Comme chacun sait, avec ce fruit parfumé se prépare le chocolat, cette délicieuse boisson qui nous vient (son nom l'indique, tchocolatl^) des anciens Mexicains, et que leur dernier empereur, l'infortuné Montezuma savourait, dit-on, dans une coupe d'or. Ce n'est point là une de ces substances que la science puisse remplacer, comme elle a fait de la cochenille, de l'indigo et de la garance, et sa production exige des conditions particulières de terrain, de chaleur et d'humidité qui ne se rencontrent que sur quelques points privilégiés des tropiques. Une plantation de cacaoyers fait d'ailleurs attendre pendant longtemps sa première récolte; il y faut cinq ans, mais ce terme atteint, l'abondance est entrée dans la maison ; l'entretien de la plantation n'est plus qu'un soin domestique des moins pénibles, et pendant les trente ans que dure ordinairement le madriado^ ou carré de 15 à 18 hectares, qui contient en moyenne 15000 pieds espacés de 5 en 5 mètres, Vhaciendado (propriétaire de V hacienda ou ferme) peut en quelque sorte s'en rapporter à la Providence du bien-être de sa famille. Avec un peu moins d'inertie, il pourrait aisément se procurer la richesse; mais moitié paresse naturelle, moitié routine invétérée, il laisse les hautes herbos
LTÏCTUBKS ET ANALYSES lîK GÉru'jnAPÎITî
envahir les cnlttires ; il néglige d'entretenir les chemins, et il fait fi des méthodes nouvelles. Avec ce laisser- faire j on parie néanmoins de telle cacaoyère qui donne d énormes Lénéflces, 10000 fr. par semaine pendant quatre mois: encore lirait-on plus de 1000 fr* chaque samedi des nouveËes cueiOettes que la saison des pluies nllait inteiTompre.
)i A mi quart de lieue à peine de las Mercedes, le domaine dont il vient d'être question, on [jouvait Voir ce dont une culture plus intelligente et plus rationnelle se montre capable.
^ trest en elfet, sur ^ les bords du lac de Grenade, à \an- -danné, qii*un de nos !L,a^aods industriels, M. Ménier, mort prématurément, avait acquis 900 hectares de terrains et l'ondé une plantation, qui, sous la direction intelligente de M, Schiirrnan, est la ferme-modèle de listhme entier. A Grenade, comme ailleurs, on dénigra d'abord ce que le jeune mandataire de notre compatriote se proposait de faire; mais Thacieiida se transformant d'heure en heure entre ses mains, Tadmiration ne tarda point à remplacer la raillerie. En moin& de trois anuéeSj 300000 cacaoyers recouvraient le Valle Menier {tel est le nom de la plantation'); .ses terrains
Le catiaoyer.
i^ Là VtiHe Git 0D6 rivière rux qaux: limpides qui fârtilfec rhaulc^nda avaat d'aller ne jeter dftDs ÎOcbomogo bûhs des beriJcauv t.iiilTua dont Jea branûUâ*
étaient bâtis et irrigués d'une façon régulière, et elle disposait d'un outillage perfectionné, ainsi que de puissantes machines. Elle employait, sans parler de quatre Français et de deux surveillants indigènes, quatre-vingts Indiens et quinze ou vingt femmes chargées delà cuisine et du blanchissage de Tétabhssement. Celles-ci recevaient 20 fr. par mois avec la nourriture. Les charpentiers et les maçons étaient payés les uns à raison de 6 réaux (3 fr.) par jour, et les autres 4 réaux, tandis que les moços ou journaliers proprement dits, touchaient un salaire hebdomadaire de 12 réaux pour un travail quotidien de 7 heures. Es recevaient en outre, dans la journée, deux distributions de bananes et de viande, sans parler d'une autre de galette de maïs et de fromage *. » En général, on peut dire que For et l'argent se rencontrent partout dans l'isthme central, dans le sable des rivières, comme dans les terrains d'alluvion et le quartz des montagnes. On en a recueilli dans chacun des cinq Etats, en abondance et par les procédés les plus simples ; mais c'est surtout, paraît-il, dans le massif Nicaragua-Hondurien, dont la Nouvelle-Ségovie, Matagalpa et les Chontalès font partie, que se trouve le principal dépôt de ces richesses métalliques. Les mines du Honduras ont été de tout temps célèbres, et le nom même d'un de ces districts, celui de Tegucigalpa, signifie colline d'argent en langue indienne. La montagne d'Agalteca, dans ce même district, n'est qu'un bloc de fer, et il y a de nombreuses mines de cuivre, de mercure, de platine et de houille dans le département de Gracias qui borde le Nicaragua au nord jusqu'à l'Atlantique. Le département des Chontalès, enfin, comptait, en 1866,
pendent jusqu'au sol. Un troisième cours d'eau, le Rio-Médina, borne la plantation à l'ouest. La réunion de ces trois rivières garantit les cacaoyers contre la sécheresse et peut fournir une force gratuite illimitée à vingt moteurs industriels. ( V. sur le cacao le chapitre de l'Equateur.)
1. M. Félix Belly, quia passé au Valle Alenier plusieurs jours, rapporte qœ M. Schiffman ava't adopté au début un moyen d'émulation immanquable. U avait mis tous les travaux extraordinaires, maçonnerie, ^arrage, déblaienient| tranchées, au mètre cube et à l'entreprise, et il avait obtenu ainsi des efforts extraordinaires chez un peuple essentiellement inerte. Un fait donnera une idée du degré de naïveté qui résulte de cette inertie. Quand les premières brouettes arrivèrent au Valle, les Indiens, qui n'en avaient jamais vu, les prirent bravement sur leurs épaules pour les porter sur le terrain où on devait les employer.
dans le seul district de la Libertad et sur un rayon de 7 lieues, plus de trente mines en activité.
)) L'avantage de ces placers de TAmérique centrale, c'est leur situation au sein de toutes les magnificences de la nature tropicale, à portée de toutes les ressources alimentaires que réclament les agglomérations d'ouvriers, et leur inconvénient, c'est l'abondance des cienegas, qui en rendait l'accès si difficile, pour mieux dire inabordable, pendant la saison des pluies, soit durant six mois de l'année. Ces cienegas sont des bandes de terrain argileux, noir, rouge ou blanc, qu'en été la chaleur crevasse, tandis que l'hiver en fait des fondrières, et qu'on rencontre partout sur les hauteurs comme dans les vallées. Blanches, on les prendrait pour des coulées de kaolin ; rouges, elles fournissent aux Indiens la matière première de ces amphores dont le ton chaud rappelait à M. Félix Belly la céramique étrusque. Il n'y vient que des arbres rabougris et une herbe courte, fine et serrée ; il est vrai que cette herbe, les bestiaux la goûtent beaucoup, et peut-être qu'un jour l'élève du bétail, déjà florissant dans le Nicaragua oriental, s'emparera d'une partie de ces terrains aujourd'hui inutiles, de même que l'industrie de la poterie tirera partie en grand de leurs couches argileuses. En attendant, ces cienegas sont un grand obstacle à la circulation dans l'Amérique centrale, dont elles occupent environ un dixième de la superficie. »
Ad. F. DE FONTPERTUIS*.
{Journal des Economistes y février 1882.)
Bâtes. Central and south America. — (1882, London.) De Belot (Gustave). La vérité sur le Honduras. — (Paris, 1869, in-8», Chaix. De Belot et Lindemann. La république de Honduras et son chemin interocéanique. — (Paris, 1867, in-8», Dentu.)
Belly (Félix), il travers l'Amérique centrale. — (Paris, 1872, vol. in-8».) Bhigham. Guatemala. The land of the Quetzal. — (Londres, 1887.) Belt ;Th.). The naturalist in Nicaragua. — (London, 1873.)
1. M. de Fonlpertuis (Adalbert-Front). né à Rennes en 1825, était rédacteur deV Economiste français et collaborateur du Journal des Economistes. Ses études économiijuef sont considérables : citons au premier ranj; son ouvrage sur les Etats-Unis (Paris, in-8«, 1863, Guillaumin). M. de Fonlpertuis est morten 1887.
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