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IV. NOTIONS STATISTIQUES

Superficie. — 1043900 kilomètres carrés. — Fopnlation. En 1894; 2444 000 hab. (1,8 par kilom. car.). — Races. Créoles, ou descendants d'Espagnols; Cholos, noirs et mulâtres; Indiens civilisés et chrétiens; Indiens sauvages (principales tribus indiennes: Caraïbes, à l'est; Guaraunos, dans le delta de l'Orénoque; Afaypures, Ottomaques). Les étrangers sont environ 24000. Vesclavage a été aboli en 1854. — Dialectes : L'espagnol est la langue officielle et ordinaire; les Indiens gardent leur langue.

— Instruction publique : Les députations provinciales qui ont mission de s'occuper de l'instruction élémentaire ont très peu fait pour cet objet; il y a environ 1 668 écoles publiques et 311 écoles privées avec 100 000 élèves,

— Justice : Une cour de justice fédérale suprême, une cour de cassation. — Culte : Religion catliolique romaine; les affaires de l'Eglise sont dirigées par l'archevêque de Venezuela, à Caracas, et Tévêque de iMérida.

— Armée : Les troupes de terre comptent 3380 hommes en temps de guerre, la milice est appelée sous les armes. — Marine militaire : La flotte se compose de 3 petits vapeurs et de 1 goélette, armés ensemble de 8 canons; les troupes de marine comptent 200 hommes. — Monnaies : Le venezolano = 5 fr. ; le bolivar =: 1 fr. ; le réal argent = 0fr,50. — Poids et mesures : Le quintal à 4 arrobas = 46Kgr^014; la vara=i 0™,385; l'ano6a=16i, 137. —Budget annueL 1898: Receffes, 34542000 bolivares; Dépenses, 34542000. — Dette publique : 20142 000 bolivares.

« Du pori de la Guayra oq ^agne Caracas, capitale du ¥d> nezuôla, en tpielques heures d'ascension par les chemins de la Cordillère que l'on voit s'éehancrer comme une selle au-dessus des nuages, d où son nom de SUÎa de Caracas, La chaleur de celte cèle est torride; c'est près de là (vers 10" de lat. N.) que passe réquateup thermique. CîiNïstophe Colomb la découvrît en H98. En y débarquant^ nous fûmes saisis par une sensation violente de chaleur sèche à peine supportable. Le thermomètre marquait 36" à l'ombre, et la marche, à 2 heures de l'aprèsmidi, le long où la côte brûlée et abrupte, où quelques grands cereuSf opuntia et mimosas s'accrochent à grand'peiue aux rochers, devint bientôt eitrêmement pénible. Je me dirigeai néanmoins sur un petit estuaire planté de cocotiers et nommé Maïqueîia. J'y trouvai matière à un© fructueuse herborisation en remontant le lit d'un torrent où croissaient des bignoniacées

desséchés que ce port de la Guayra, où vient passer tout le com-

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merce de Caracas, et que ravagent périodiquement les épidémies.

» Le jour suivant, nous touchions à Puerto- Cabello, dans une jolie baie où se trouvent les vestiges d'un ancien fort et des îles de mangliers aux racines adventives, desquels pendent des chapelets d'excellentes huîtres. Le président du Venezuela, Guzman Blanco, a fait exécuter des améliorations au port et à la ville de Puerto-Gabello. Il y a créé une alameda ou jardin public fort agréable, sur le bord même de la mer. Les rues sont poudreuses, il est vrai, mais on trouve çà et là des fontaines qui rafraîchissent l'atmosphère, et des conduites d'eau, récemment déposées par les navires sur le quai, indiquent la pose prochaine d'une canalisation régulière.

» De vastes lagunes desséchées s'étendent à l'ouest de Puerto-Gabello et sont traversées par la route qui conduit à Valencia et à San-Félipé, dans la région montagneuse. Des efâorescences blanches indiquent la présence du sel dans ces terrains que recouvre un maigre tapis de llcoïdes et de salsolacées. Plus haut, sur les premières pentes, dans le sol argileux, une forêt d'arbres épineux montre ses griffes de Taspect le plus féroce. C'est une végétation armée en guern;. Malheur à qui s'aventure dans ce fourré de mimosas, d'agaves, de fourcroyas, de lianes épineuses, il n'en reviendra qu'en lambeaux.

» Embarqués pour lu dernière fois avant de prendre définitivement pied sur la terre américaine, nous rangeons bientôt rîie de Curaçao. La Sierra-Nevada de Santa-Martha apparaît, portant ses pics neigeux à 5 850 mètres au-dessus des mers. Enfin nous touchons à 3 heures du matin au point définitif de notre embarquement, Savanilla. » Edouard André ^ ,

L'Amérique éqainoxiale.

{Tour du Monde, 1877, 2* i>em., Pari», Hachette.)

WnMÊmeÊkomm et peupUMles des riwe« de I*Oré- Bovue t les CiéoiMiiitfew.

« Le voyageur qui entre dans la Guyane par les bouches de rOrénoque contemple avec étonuement les forêts majes-

1. M. Ed. André a rap{>orté de son voyage dans TÂmérique du Sud, accompli en 1875-7G, san? parler de sob journal el d*; sus mémoires scientifiques, 4300 espèces de plantes sèches, représentées par 18000 échauUlluus ; 4 722 plantes ▼ivantes, 27U00 grains de palmiers, 181 produits végétaux dans l'alcool; 177 mammifères, poissuus et reptiles en peaux; 931 oiseaux; 2200 insectes; 993 papillons; 78 mollusques ; 160 minéraux el fossiles ; 30 antiquités indieunes; 56 costumes, arme», produits divers; 60 objets en verni de Paslo; 350 dessins analytiques, vues, paysages, types, photographies ; 394 espèces de grains de végétaux. (V. Bulletin de la Société de géographie, septemîbre 1879.)

tueuses qui ombragent une grande partie du delta de ce fleuve. A la marée haute, la plupart des lies de ce delta sont couvertes par les eaux, et alors se présentent à l'œil surpris de l'explorateur de grands bois qui s'élèvent du sein des ondes ; la barque circule sous le feuillage épais, elle évite par de nombreux circuits les lianes innombrables qui s'entrelacent aux arbres ; autour de l'embarcation se jouent dans les flots les lamantins, les caïmans, tandis qu'au-dessus, dans les voûtes de feuillage, on voit s'agiter des aras aux couleurs brillantes et variées, des cotingas bleus, des tangaras violets, des cardinaux au plumage de feu; les singes se suspendent par leur longue queue aux branches flexibles, et s'élancent, avec l'agilité de l'écureuil, de rameau en rameau et d'un arbre à un autre. De temps en temps, des hamacs apparaissent au milieu des branchages et 86 balancent mollement au-dessus des eaux : ceux des Guaraunos, le peuple principal du bas Orénoque. Ces Indiens habitent ordinairement les îles les plus élevées du delta et y vivent de poisson, de bananes et de manioc. Mais, dans les pérégrinations oii les entraine la pèche, ils sont souvent conduits jusque sur les basses lies, et c'est là que le fleuve les oblige à monter dans leurs demeures aériennes; les hommes s'y établissent aussi nonchalamment et y dorment de longues heures, tandis que, dans les barques amarrées au pied des arbres, les

femmes préparent le repas de leurs paresseux époux

» Avançons-nous dans l'Oréneque, qui offre une navigation facile aux plus grands navires. Nous sommes bientôt devant le confluent du Caroni, et nous remontons jusqu'à Giudad-Bolivar, qu'on appelait auparavant An gostura ou San-Thomas deNueva- Guayana, ville déjà grande et belle, le principal port de TOrénoque et siège d'un commerce maritime très actif. Tout est commerce dans cette ville ; il y a peu d'industrie et surtout peu de culture; les environs ne présentent pas ces riants jardins, ces vergers, ces avenues qui annoncent dans notre France les approches d'une importante cité : les savanes et les bois s'étendent jusqu'aux portes de Ciudad-Bolivar. Cependant, çà et là, on aperçoit quelques champs d'indigotier, de canne à sucre, de caféier, de maïs, de haricots, surtout de yuca ou de manioc, dont la racine sert à faire le principal pain du pays. Le bananier étale de toutes parts ses larges et magnifiques feuilles, et donne abondamment ses régimes de fruits nourrissants. Le cotonnier aussi vient merveilleusement sur ce sol fertile, mais la culture est fort négligée. Le quinquina ne se

montre que dans les lieux élevés ; presque partout on pencontre une foule d'autres produits précieux pour la médecine : la simapuba, l'angostura, le ricin, la fève du Tonkin, le copahu, etc., etc. La vanille s'élance d'arbre en arbre et embaume de son délicieux parfum tous les lieux d'alentour; mille autres orchidées, mille convolvulacées enlacent de leurs guirlandes légères les géants des forêts. Les bois de teinture, tels que le brésillet, de magnifiques bois d'ébénisterie, comme Tacajou, le cèdre, le palissandre , des arbres à gomme, comme l'hévéa, d'où découle le caoutchouc; des bois violets, roses, jaunes, sans nom en botanique, se montrent partout ; mais Tapathie vénézuélienne respecte parfaitement et laisse sans usage tant d'admirables végétaux. Le palmier, le roi de ces forêts, balance son élégant panache de verdure au-dessus de la tète de tous ses rivaux ; plusieurs de ces espèces donnent une huile excellente, le palmier séjé surtout, dont le produit, d'une abondance et d'une qualité extraordinaires, ferait seul la fortune des spéculateurs qui voudraient exploiter les richesses de ce beau pays. Mais, à côté de si précieux arbres, de nombreuses plantes vénéneuses distillent les plus dangereux poisons; un des plus redoutables est le guacha macau,

» Les llanos ou savanes sont animées par d'innombrables troupeaux de bœufs, par des chevaux, des ânes, des mulets ; beaucoup de ces animaux, sans gardiens et sans abri, meurent au milieu des pâturages, et leurs cadavres infecteraient l'air si le corbeau s«muro, véritable providence de la plaine, ne les dépeçait complètement et n'en faisait disparaître les derniers débris.

D Ces superbes forêts, ces magnifiques tapis de verdure, on les parcourrait avec délices si des hôtes redoutables ne venaient, à chaque instant, y disputer à Thomme le domaine de la nature ; l'un des plus à craindre est le jaguar, que les colons appellent tigre ; il attaque les troupeaux et Thomme lui-même. L'once ou lion sans crinière est beaucoup moins dangereux et ne cause des ravages que parmi les oiseaux de basse-cour. Les crocodiles infestent les fleuves; ils viennent en fouie s'étendre au soleil sur la fange tiède des rives et y répandent leur odeur pénétrante de musc. Le serpent cuaima est le plus terrible de tous les reptiles venimeux de la Guyane ; sa peau d'un gris livide, qui rappelle la couleur du crapaud, sa tête carrée, sa longueur de i™,50, la corne qui termine sa queue, le font aisément reconnaître; il se soutient sur cette corne, s'élève droit, s'élance comme une flèche contre la victime qu'il veut

atteindre, et la fait périr en quelques instants ; il attaque rhomme avec audace ; les indigènes en ont une frayeur extrême; les chrétiens, parmi eux, voient en lui le diable; les autres, le dieu du mal. Le crotale, ou serpent à sonnettes, est très commun aussi ; le serpent trigonocéphale monte sur les arbres et, de là, se jette sur ses ennemis. Le boa, le plus grand des serpents de la Guyane, est sans venin, mais d'une force extraordinaire; il étreint et étouffe dans ses puissants replis les plus gros quadrupèdes du pays; mais, apathique et pacifique quand il est bien repu, il s'étend alors au milieu des herbes et s'y confond avec les troncs d'arbres renversés, à travers lesquels le voyageur se fraye un difficile chemin. Mais tous ces reptiles causent moins de malheurs encore que le poisson caribe, qui vit dans les eaux stagnantes. Si un baigneur imprudent, attiré par Taspect agréable d'un lac tranquille, vient y chercher la fraîcheur, il peut voir bientôt arriver près de lui un petit poisson au museau allongé et dont les dents sont formées, à chaque mâchoire, d'une seule pièce aussi coupante qu'un rasoir ; s'il se sent entamé par ce tranchant d'acier et s'il est trop loin du bord pour fuir immédiatement sur le sol, il est perdu : des milliers de caribes, attirés par la plaie et le sang qui s'en échappe, s'acharnent après la victime qu'épuisent l'hémorragie et la douleur de ces innombrables blessures. Du reste, ce poisson est bon à manger, et l'on en fait une pèche abondante, ainsi que d'une foule d'autres espèces qui fourmillent dans les eaux de la Guyane.

» L'un des plus communs et des plus forts quadrupèdes est le tapir, ce petit éléphant américain dont le nez se termine en une trompe peu développée. Les sangliers, qu'on nomme baquiros, sont très nombreux aussi ; moins gros que les nôtres, ils offrent une chair excellente, et l'on extrait un musc abondant d'une tumeur qu'ils ont sur les reins.

» Les singes, tous munis d'une longue queue, sont innombrables ; ici, c'est le farouche alouate qui remplit les bois de son cri ou plutôt de son hurlement extraordinaire; là, c'est le gracieux titi, différent du ouistiti, qui est plus petit et qui ne se trouve pas dans cette région ; plus loin, on aperçoit l'araguato, la veuve, le capucin, le sapajou, etc.; la plupart constituent pour les habitants un gibier recherché. Des myriades d'oiseaux au délicieux plumage animent aussi les forêts : les plus brillants de tous sont les colibris et les oiseaux-mouches qui font étinceler leurs topazes et leurs rubis sur les corolles

éclatantes des aristoloches, des orchidées, des liserons et des mille autres élégantes fleurs. On voit de toutes parts les charmants troupiales, les cardinaux, les plus magnifiques perroquets, les moqueurs, au plumage noir et simple, mais au ramage admirable, plus varié et plus riche que celui de notre rossignol liiî-même

» Dans les parties supérieures du bassin de rOrénoque,

vivent un grand nombre d'intéressantes tribus, à demi civilisées, telles que les Mavitzis, les Mariquitares, les Âmaypures, les Atures, quelques Omaguas, émigrés du Brésil. C'est au milieu de ces populations que le fleuve décrit son vaste et remarquable circuit, en recevant la Meta à gauche et en envoyant au Rio-Negro un bras large et navigable, le célèbre Cassiquiare, qui unit ainsi le bassin de l'Orénoque à celui de l'Amazone. Grâce à cette communication naturelle, les Indiens peuvent faire, aussi bien avec le midi qu'avec le nord et l'est, un commerce avantageux au moyen de leurs lanchas, grands bateaux plats, qu'ils construisent parfaitement et que leur achètent souvent les blancs ; ils fabriquent avec beaucoup d'art aussi des hamacs, qu'ils exportent, et des fleurs artificielles, dont se parent les dames de Caracas, de Cumana, de Ciudad-Bolivar, et qui ordinairement sont faites en plumes d'oiseau, très harmonieusement disposées; ils scient des planches, empaillent des oiseaux, enfin ils ont pour l'industrie une aptitude qui aurait porté les plus heureux fruits, si les malheurs, les fautes et les excitations des divers gouvernements vénézuéliens n'eussent arrêté dans leur essor ces intéressants commencements de civilisation.

D Ce sont principalement ces mêmes peuplades du haut Orénoque, du Cassiquiare, de la Meta et du Rio-Negro qui sont géophages, c'est-à-dire qui ont la singulière habitude de manger de la terre. Cette terre comestible est une argile mêlée d'oxyde de fer, d'un jaune rougeâtre; on la pétrit en boulettes ou en galettes, que l'on met sécher, puis qu'on fait cuire quand on veut les manger ; c'est un lest pour l'estomac plutôt qu'une nourriture, et l'on ne s'en sert communément que dans les temps de disette ; bien qu'elle ne contienne pas d'aliments nutritifs, cette argile a une action telle sur le principal organe de la digestion, que l'on voit des Indiens vivre des mois entiers sans autre ressource; ils la font frire quelquefois dans l'huile de séjé, et alors cette sorte de friture offre des parties réellement substantielles. Cet aliment n'affecte pas généralement d'une manière fâcheuse la santé de ceux qui y sont accou-

tumés; mais les estomacs qui n'y^ sont pas habitués le supportent difficilement. Les Indiens qui, manquant de sobriété, ont la passion de la terre, maigrissent sensiblement, et leur couleur Tougeàtre se change en un teint pâle. Le goût pour la glaise devient chez plusieurs tellement prononcé, qu'on les voit détacher des habitations faites en argile ferrugineuse des morceaux qu'ils portent avidement à leur bouche; ils sont connaisseurs et gourmets en terre; toutes les espèces n'ont pas le même agrément pour leur palais; ils la goûtent et la distinguent en qualités très diverses \ .

» La cause première de la géophagie, c'est le manque d'autres aliments; il est certain que les peuplades du haut Orénoque n'ont pas une grande abondance de produits nutfitifs. Ils cultivent quelques ignames, des patates douces, des bananes; ils mangent des singes, des lézards, le ver du choupalmiste, et surtout des fourmis. Des voyageurs assurent qu'un pâté de fourmis accommodées avec des huiles végétales ou de la graisse, compose un excellent mets. » E. Gortambert', d'après les Voyages du docteur Louis Plassard.

(Bulletin de la Société de géographie, 1861, tome I*'.)

lies sources de l*Orén<iq[ae

Dans un voyage célèbre à travers le bassin de rOrénoque, Jules Crevanx avait corrigé céjà maintes erreurs commises par les géographes d'après les données mensongères des aventnriers qui avaient parconru cet Eldorado. En 1884, M. Ghaffanjon obtint du Ministère de Tinstruction publique une mission gratuite pour rOrénoque. Il visita la région des Indiens Guaraunos, et enrichit les collections du Muséum du Trocadéro. Dans une seconde mission, en compagnie d'un jeune peintre de l'Ecole des beaux-arts de Lyon, M. Morisot, il remonta rOrénoque pendant dix-

1. M. Jules Crevaux a rencontré chez les Roucouyennes, dans les vallées dv Yari et du Parou, des Indiens géophages. « En attendant la cuisson du pois* » son, je vois plusieurs Indiens manger de la terre. Tous les Roucouvennes soat » géophages. On trouve dans chaque maison, sur le boucan où 1 on fume la » viande, des boules d'argile qui se dessèchent à la fumée et qu'on mange en » poudre. Dans la journée, à une heure toujours éloignée du repas, ils prennent » une de ces boules, enlèvent la couche qui est noircie par la fumée, et raclent Tin- » térieur avec un couteau. Ils obtiennent une poudre impalpable dont ils avalent » cinq ou six grammes en deux prises. » {Tour du Afonefe,!*' semestre 1881.)

2. M. Cortambert (Pierre- François-Eugène), né à Toulouse en 18(fô, mort à Paris en 1881, a professé de longues années la géographie, et composé à Tusage de la jeunesse un grand nombre d'ouvrages très estimés et très répandus. Membre très actif de la Société de géographie de Paris, et conservateur des cartes à la Bibliothèque nationale, il a pris une part considérable au mouvement

Géographique de notre époque. Son fils, M. Richard Cortambert, non moins évoué aux progrès de cette science, continua, avec distinction et succès, l'œuvre paternelle, notamment dans la Revue de géof/raphie, dont il fut le chroniqueur très exact et très compétent. Il est mort à Hyères en 1884.

huit mois, à travers des régions inconnues, et en découvrit les sonrces.

C'est à San Fernando, pauvre village situé dans une sorte de presqu'île formée par TOrénoq^ue, le Gnaviare et TAtabapo, que commença la découverte deTOrénoque inconnu.

Le village de San Fernando, peuplé de deux cents habitants, est situé presque au point de jonction de rOréno(^ue et du Guaviare, à Tendroit même où i'Atabapo mêle ses eaux cristallines aux flots boueux du Guaviare, que Jules Creva ux, dans un de ses derniers voyages, avait nommé le Rio de Lesseps. Tour à tour roses, rouges et sombres, quelquefois noires en apparence, suivant la profondeur, les eaux de TAtabapo ne cessent pas u*être transparentes et salubres. Les caïmans qui fourmillent dans le Guaviare ne se voient pas dans TAtabapo : Peau est trop claire, ils y mourraient de faim. Les Indiens, au contraire, la recherchent de

S référence et la boivent avec plaisir; ils redoutent celle de rOrénoque et u Guaviare, qui donne la fièvre et qui empoisonne. Dans la vallée de l'Atabapo vivent les Banivas, les plus robustes et les plus laborieux des Indiens de ces contrées. Ces indigènes au teint cuivré, aux cheveux noirs, lisses et plats, aux pommettes saillantes, aux larges épaules, au corps trapu, sont des chasseurs et des pécheurs intrépides, des bateliers excellents et des ouvriers habiles. Un grand nombre émigrent au Brésil ; les autres se mettent volontiers au service des voyageurs et des marchands, et récoltent le caoutchouc {goma) que leurs barques transportent jusqu'à Giudad-Bolivar. « De temps en temps ils forment une expédition et » quittent le pays, chargés de plumes, de hamacs, de paniers et de » pierres précieuses; ils s'en vont à travers la Guyane, presque sur j» les bords de l'Océan, à Demerari. Là, ils échangent leurs produits contre j» des fusils, des munitions et des chiens. Ils rapportent aussi les coquil- » lages marins qui leur servent de cornes. » Les bateliers qui avaient consenti, non sans peine, à conduire les bateaux de M. Chanaujon à la découverte du haut fleuve, étaient, pour la plupart, des Banivas.

San Fernando, bâti au carrefour des vallées supérieures qui aboutissent à rOrénoque, est le principal dépôt des récoltes de caoutchouc. Il y a trente ans, pas un Indien ne connaissait cette substance et n'avait songé à l'exploiter. Un Français du Para, nommé Truchon, visita le haut Orénoque, s établit à San Fernando, et révéla aux habitahts cette source de richesse. Grâce à ce bienfaiteur, dont le nom est resté populaire parmi les tribus, les Indiens dits Gomeros se mirent à explorer les forêts, à tracer les sentiers, à choisir les arbres à caoutchouc, à en nettoyer et racler les troues, à pratiquer les incisions dans l'écorce, à recueillir avec soin dans de petits godets faits de feuilles tressées le lait de l'arbre, à le passer à la fumée d'un grossier fourneau, à le coaguler et à le durcir. Cette récolle dure de novembre à avril, et met en mouvement tous les ranchos du haut Orénoque.

MM. Chaflanjon etMorisot remontèrent le fleuve sans incidents notables jusqu'aux approches de la rivière Cassiquiare. Le lit de l'Orénoque, tantôt enfermé entre les barrières impénétrables d'épaisses forêts, où abondent les arbres à caoutchouc et les palmiers piassava dont les fibres servent à tresser des cordages et des cordes incorruptibles, tantôt encombré d'Uots rocheux et d'obélisques de çranit, de dépots d'argile et de sable, n'offre pas à la navigHtion une sécurité constante. Point de ceinture de montagnes à l'horizon ; par endroits seulement, comme à Yapucana, à Mono, au grand Piapoco, des cerros ou massifs tantôt allongés et tantôt coniques, surgissent isolément du milieu d'épaisses forêts, dans l'immensité de la plaine : ailleurs, près de la Esmeralda, un cirque de gracieuses et ver-

doyantes collines étend ses ondulations autour du cerro Duido, qui élève à 3200 mètres sa cime la plus imposante.

De ces plateanx herbeux et boisés descendent vers les deux rives de rOrénoque de torrentueuses rivières, tantôt limpides et tantôt limoneuses, coupées de raudals ou rapides, et tonjours effroyablement grossies pendant la saison des pluies; tel est le rio Ventuario qui mêle par sept bouches ses eaux tumultueuses à celles du grand fleuve, à travers les îles d'un immense delta malsain; tel est encore le Gunucunuma, large de plus de 200 mètres dans son cours inférieur, que M. Ghaffanjon a vu en moins de trois heures, par une pluie d'orage, monter de près de deux mètres.

Le plus curieux de ces affluents de TOrénoque est le fameux Gassiquiare, ce magnifique canal naturel, long de plus de 300 kilomètres, qui verse à la fois ses eaux dans deux bassins opposés, et ouvre une communication facile entre le fleuve des Amazones brésilien et la grande rivière du Venezuela. Déjà rhérolque Grevaux, dans son exploration du Guaviare, avait décrit, après quelques autres, ce rare phénomène géographique, dû à la lente rupture des hautes berges creusées par l'assaut répété des vagues, quand les inondations périodiques transforment les plaines du Negro et de l'Orénoque en une méditerranée lacustre qui n'a de limites que celles de l'horizon.

Plus les explorateurs s'enfonçaient dans l'intérieur, et plus les habitants devenaient rares.

Aux Maquiritares succèdent les Macos, les Barès, les Piaroas qui sont les plus doux et les plus naïfs, mais aussi les plus superstitieux et les plus sauvages de ces Indiens de forêts. Geux-là sont nomades, campent dans les fourrés les plus sombres où ils ne s'égarent jamais, et emportent avec eux tout ce qu'ils possèdent, provisions, armes, ustensiles, pièces d'étofi'es, avirons, hamacs, colliers et ceintures ornées de pierres bleues qui sont le principal ornement de la toilette des femmes, et parfois leur uniaue vêtement. En séjournant au milieu d'eux, nos compatriotes virent confectionner sous leurs yeux et servir devant eux les plats les plus extravagants. Dans ces menus orénot^uois figuraient à côté de tortues, d'oiseaux inconnus, de poissons exquis et bizarres, des filets de caïman, des tranches de boa, des entre-côtes ou des gigots de singes variés, des fritures de larves de coléoptères, des marmelades de bachucos ou fourmis rouges, des consommés de moustiques, et, mixture plus horrible, encore des bouillis de vers de terre, longs et gros comme oes anguilles, accommodés aux fines herbes du pays; ce dernier raffinement culinaire est réputé chez les Maquiritares comme la pièce de distinction d'un festin. Le plus souvent, ces bons sauvages se contentent de conserves de poissons qu'ils excellent à préparer. Vidé, rôti, et séché au feu, le poisson, qu'ils pèchent en abondance dans leurs rivières et dans leurs lacs, est pilé avec les écailles et les arêtes, enfermé dans un tronc d'arbre é^idé, oîi il entre en fermentation. Séchée de nouveau et pétrie au soleil, la pâte est déposée dans des paniers et saupoudrée de sel. Cette précieuse farine de poisson est, dit-on, agréable au goût et substantielle : elle est la nourriture ordinaire de la saison d'hiver.

L'expédition était arrivée au point où rOrénoque, de plus en pius rétréci, devient une modeste rivière large de 40 à 50 mètres. Elle n'avait pas encore vu trace de ces Indiens Guaharibos dont les Vénézuéliens de San Fernando leur avaient parlé comme de monstres épouvantables, féroces mangeurs d'hommes, et qui faisaient la terreur des pagayeurs et bateliers qui ramaient sur leur barque.

Enfin après cinq jours de navigation entre les sombres barrancas du fleuve, M. Ghaiïanjou, s'élançant à la découverte avec deux de ses hommes, aperçut sur la plage une famille d'Indiens Guaharibos, composée de sept 'personnes, femmes et enfants, oui prenaient leur repas, composé de frnits demi-pourris et de boulettes de poux de bois écrasés. Petits, chétifs, entièrement nus, membres grêles, cheveux longs et sales, physionomie bestiale, aspect repoussant, tels les décrit le voyageur. Ils restèrent d'abord immobiles et stupéfaits à la vue des étrangers, pnis, avec des cris de frayeur, ils se glissèrent comme des reptiles à travers les lianes, et disparurent dans les profondeurs impénétrables de la forêt. Dès lors la frayeur des pagayeurs tomba, et M. Chaffanjon devint pour eux « un véritable talisman ».

Le lendemain, les voyageurs arrivaient au terme de leur audacieuse entreprise. Au pied d une montagne de la rive gauche, haute de 650 mètres, à laquelle M. Ghaffanjon donna le nom de pic Maunoir, pour honorer le souvenir de Téminent secrétaire général de la Société de géographie de Pari^, TOrénoque, issu d'un dernier raudal, épandait ses eaux dans un vaste marécage fangeux et sans profondeur. Le marais traversé, le bateau ne put franchir les murailles de rochers qui barraient le cours du fleuve, réduit à une gorge à peine lar^e de quelques mètres. M. Ghaffanjon escalada les roches; de son observatoire, il aperçut une nouvelle troupe de Guaharibos aussi misérables que les premiers, et qui s'enfuirent non moins épouvantés; devant lui s'ouvrait un trou large de 30 mètres et rempli de pierres : c'était le réservoir supérieur de rOrénoque. Le voyageur descendit dans le torrent, et de pierre en pierre, de cascade en cascade, remonta aussi loin que le permettaient ses forces épuisées. « Je suis satisfait, écrit-il, dans son journal, j'ai 9 trouvé le point de départ de ce fleuve mystérieux, c'est la sierra » Parima, haute de 1 2U0 à 1 400 mètres. G'est avec une émotion et un » orgueil bien légitimes que, me découvrant religieusement, je déploie » en ce lieu notre pavillon tricolore. Ces solitudes, qu'aucun Européen » n'avait visitées, voient pour la première fois, le 18 décembre 1886, » flotter le drapeau français, non en conquérant, mais en pionnier du » progrès et de la civilisation. » L'enthousiasme des Indiens ne fut pas moins grand ; ils rentrèrent à San Fernando fiers de leur excursion au

Says des anthropophages. En traversant de nouveau un de ces défilés angereux qui barrent le libre courant de l'Orénoque et gue M. Ghaffanjon avait surnommé le raudal de la désolation, les Maquiritares et les Banivas de l'escorte le saluèrent du nom de raudal des Français. On peut être sûr que ce glorieux nom lui restera. (D'après les voyages de M. Ghaffanjon). — [Tour du Monde, 1888. — Bull Soc, de géog,, 1889.)

lie curare et la cbasse à la sarbacane.

Le curare est un poison, qui a la propriété de paralyser les nerfs moteurs, et que les tribus indiennes de l'Amazone et de l'Orénoque préparent par des mélanges plus ou moins bizarres de sucs vénéneux et de virus recueillis sur des animaux, vivants ou morts; les indigènes s*en servent pour empoisonner leurs flèches.

« Ce poison sert principalement dans un genre de

chasse qui se fait avec des flèches lancées par une sarbacane. Sur toute Timmense contrée arrosée par TAmazone, les tri-

bus indiennes ne chassaient guère autrefois, et en beaucoup de pays ne chassent encore qu'à la sarbacane. Cette arme consiste en une gaule de bois, haute de 5 pieds et demi à 7 pieds, ayant la grosseur moyenne du canon d'un fusil de gros calibre. Pour fabriquer cette gaule en sarbacane, les Indiens la fendent longitudinalement et la divisent ainsi en deux moitiés égales. Comme le bois choisi par eux à cet effet est d'une nature analogue à celle du sureau, c'est-à-dire contenant une moelle facile à extraire, ils vident complètement chacune de ces moitiés de la moelle qu'elle contient. Cela fait, ils polissent ces deux demi-canons avec autant de soin et beaucoup plus de temps que n'en prend un armurier pour polir les canons d'un fusil. ^

)) Quand chaque moitié est lisse à l'intérieur comme un miroir, ils les rapprochent l'une de l'autre, de façon à les réunir en une seule gaule ; puis ils les soudent l'une à l'autre en enroulant autour d'elles une peau de liane mince, large, résistante, à la façon d'une bandelette de toile, et enfin sur cette liane ils étendent une couche de résine qui, comme une peinture-mastic, protège et le ruban de liane et l'arme elle-même contre les insectes, les chocs, la chaleur, l'humidité, etc. Ils ont ainsi une sarbacane au canon parfaitement percé, lisse, petit de calibre, et dont la longueur augmente de beaucoup la portée...

» Les flèches consistent en parcelles de roseaux, longues et fines comme des aiguilles à tricoter, appointées par un bout ainsi que des aiguilles à coudre, à la fois légères et dures comme de l'écorce de roseau. Autour de chacune d'elles, par le milieu, on fixe en l'enroulant, une petite pelotte de soie végétale, grosse à peu près comme ces boulettes de mie de pain que tous, plus ou moins, nous savions jadis, hélas I envoyer à travers la salle d'étude, avec une si déplorable habileté. Cette soie lisse, coulante, légère, aux brins multiples comme de la bourre de soie dont elle a l'apparence, presse de tous côtés les parois de la sarbacane, ainsi qu'une balle forcée presse les parois d'un canon de carabine. De cette façon, elle retient dans le canon l'aiguille en roseau, reçoit le souffle de l'homme et lui permet de chasser puis-

saminent la flèche. Souffle d'homme ou gaz développé, c'est toujours Tair qui chasse la balle de fusil ou la flèche de sarbacane*.

» Telle est la portée du souffle humain dans ces sarbacanes, qu'U lance une flèche à plus de vingt-cinq pas, avec une force suffisante et assez de justesse pour frapper un oiseau à presque tous les coups, et telle est la dureté de ces flèches, que j'en ai vu maintes fois pénétrer dansl'écorce d'un tronc de palmier, c'est-à-dire dans du bois presque aussi dur que du chêne, et s'y fixer, comme une flèche à pointe de fer se fixe dans une planche de bois. Chacune de ces flèches est trempée dans une solution de curare épaisse qui laisse sur elle une sorte de gomme noirâtre. Quand le poison est très bon, il suffit de la valeur d'une tête d'épingle absorbée par une blessure faite sur n'importe quelle partie du corps, pour tuer en moins de cinq minutes, souvent en deux minutes à peine, im animal quelconque, tel que tigre, grand singe, poule, etc.. Quand le curare est médiocre ou passé, ou en trop petite quantité, l'animal ne meurt qu'au bout de dix minutes, une demi-heure et même davantage. La mort a toujours, à mes yeux, présenté le même caractère.

» L'animal parait d'abord ne rien sentir. Mais bientôt, au bout d'une demi-minute à peine, il cherche les endroits obscurs et semble saisi d'une sorte de préoccupation craintive ou douloureuse, qui rend sa marche embarrassée. Il parait désirer le repos, comme si ses jambes fatiguées ne pouvaient plus le porter. Il se couche sur le ventre et refuse de se lever. Son cou lui-même n'a bientôt plus la force de soutenir sa tête qu'il étend sur le sol. Ses yeux vivent toujours, mais peu, et il semble que leurs regards portent je ne sais quelle fixité souffrante qui présage la mort. Le cœur bat pendant quelque temps encore à pulsations sensibles, mais de moins en moins fortes. Enfin il cesse de battre, et la mort est venue sans sommeil apparent, sans cris, sans convulsions, sans spasme, à peine avec quelques tressaillements presque imperceptibles. On dirait que ce poison étrange prend le principe de la vie, la vie même, et la dissipe peu à peu, progressivement, comme un fluide qu'il paralyse et finit par

1. M. Jules Grevaux, dans son journal de voyage, écrit, & la date du 8 décembre 1880 : « Lejanne rencontre un des habitants chassant avec une longue M sarbacane, au moyen de laquelle il lance une petite flèche dont la pointe est n trempée de curare et dont l'autre extrémité est munie d'une bourre fournie » par les fruits de ceibo. Le curare dont il se sert est enfermé dans nne gourde 0 et lui vient des Indiens Piaroas : les Indiens Piapocos n'en connaissent pas » la préparation. » {Tour du Monde, i" semestre 1882.)

éteindre... Il est facile de comprendre combien un semblable moyen de destruction est à tous égards précieux pour Ilndien, et comment nos armes à feu ne sont pour lui que médiocrement prérérables à ses pauvres sarbacanes. Avec un petit pol de terre cuite pouvant contenir cent grammes de curare solide, il a de quoi chasser pendant plus d une année... Joignez à cela que le curare frappe sans bruit et, en conséquence, sans effrayer les animaux voisins : on peut tirer plusieurs oiseaux de suite sur le même arbre, ou plusieurs daims dans un troupeau sans faire seulement tourner la tèle aux animaux qui ne sont pas atteints ; j'ai vu des Indiens tuer consécutivement jusqu'à trois hoccos sur une même branche. Le blessé s'enfuit sans savoir d'où lui vient la piqûre légère qu'il ressent, et i. quelques pas de là tombe paralysé par le poison. Bien souvent il ne s'enfuit même pas^ »

Emile Garrby*, Productions et mœurs de V Amérique du Sud, {Moniteur universel, 22 décembre 1859, 4, 5, 8 janvier, 10 février 1860.)

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1. Le gibier tué à l'aide du curare peut être mangé sans aucun danger. Grâce à la nature de ce poison, on peut Tabsorber impunément par Testomac, et il n'est pas d'Indiens qui ne mangent des oiseaux ou quadrupèdes tués par le curare.

2. M.Carrey(Emile), né à Paris en 1820, d'abord avocat au barreau de Paris, puis sous-bibliothécaire à la Chambre des pairs de 18 iO à 1848, reçut la mission d'explorer l'Amérique du Sud au point de vue des intérêts politiques et commerciaux, et y employa trois années (1852-1855); il fit en 1857 l'expédition de Kabylie, et représenta de 1876 à 1879 l'arrondissement de Rambouillet à la Chambre des députés et au Conseil général de Seine-et-Oise. M. Carrey est mort en 1880.

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