IV. NfiTlONS STATISTIQUES
Snperûûle: 253120 kilom, (:arr- — PopulatioQ {en 18«e) : 33«000 bab. (avant la guerre, en 1857 ; 1337000), le nombre des femmes remporte de beaucoup sur celui des bommes. — Haoes : le plii^ grand nombre des habitante sont des métis issus d'Espagnols et dlndiens, ou dc^ i*a}*tfjHas et des Guarahis, convertis au catbolicisme, généralement doux et hospiiallers; ils parlent ridiooie guaratii. En liHSS^ on évaluait â 17 000 les iudividns étraugers; 600 Bréùliais, 2 500 ftufrfns, S 000 Arfifeuïms, 1250 Allemand», 450 AutrKhms, 800 Français, 200 Aiif^kis 80 Ùruguayiem, 1500 Ëiipagnoh, etc. — Immigtation en 1B94 : 468 individsis.
iDBtructioii publique. — Avant la piierre, il existait daas chaque dis^ trict au moins une u'-ole où I'od apprenait à lire et à écrire, et Tenseigneroent était obli^aloire de 7 à 10 ans. En 1891^ il y a 358 écobs primaires avec 23000 élèves : et un collège national à Asunrion avec 15 professeurs et 250 étudiants. — Cultes. La religion catbofique est généralement professée; mais les autres cultes sont tolérés. Il y a unévèque à Asuncion. — Armée, Servicti obligjvtoïre; mais, pour exonérer le budget, Tarmêe permanente a été réduite à 1300 hommes. En temps de ^aerre on appelle sons les armes la garde naliuiiale. — Xaim^ea. — La piastre nationale ou doubioM vaut 3f*,l2; elJe se divise en 10 réanx, qui se subdivisent chacun en lUÛ reis. Les monnaies étrangères sont très répandues dans la l'irculatîdu. — Foida et mesnreB : le svFiteme métrique — Budget annuel (en ISîH;: Recetien, 4347 000 peso a -/Dépenses, 3 007900 pesos. — Bette, l 27 850000 peâ03.
2» EXTRAITS ET ANALYSES Ii*tntériear du ^turatguay.
En 1873, fut organisée à Londres, à rinstigation du représentant da gou- Teruement du Paraguay, une commission scientifique pour étudier les ressources du pays; cette commission se composa de MM. Twit, géologne, Baiaiisa, botaniste, et Johnston, topographe. La commission trouva le
Says épuisé par la guerre, le gouvernement sans ressources, incapable e tenir les engagements souscrits. M. Keith Johnston n'en poursuivit pas moins ses recherches, et explora le pays pendant toute une année. U a pub)ié le résultat de ses travaux dans le journal anglais VAcademy (1875). V Explorateur (n° du 5 août 1875) en a donné une version française, d'où nous extrayons le passage suivant :
« Nous trouvâmes le Paraguay couvert de ruines et » en banqueroute; rabaissement matériel et moral y avait » atteint un degré qu'on a peine à s'imaginer. Avant l'arrivée )> des Brésiliens, qui maintenant gouvernent de fait le pays, » et sont venus pour sauver de leurs propres fureurs les débris » des Paraguayens, il était impossible de dépasser les rues » ruinées d'Assomption. Le Brésil semble tenir le Paraguay » dans une indépendance nominale et vouloir s'en servir » comme d'un boulevard entre l'empire et la république Ar- » gentine ; mais il amoncelle sur ce pays une charge de dettes » et d'obligations dont le Paraguay ne pourra jamais se libé- » rer; forte de trois à quatre mille hommes, la garnison bré- » silienne à Assomption est bien suffisante pour empêcher le » pays d'être jamais d'un avis contraire à celui du Brésil. »
Après avoir perdu l'espoir de trouver chez le gouvernement l'appui qu'il en attendait, Johnston, désireux cependant d'étudier une partie de la contrée, se décida à faire un voyage rapide dans la direction du sud, au milieu des immenses plaines abandonnées des Missions, vers le Parana qu'il atteignit près d'Ytapaa. Les églises massives et semblables à des granges, les murs quadrangulaires des écoles vidfts, et les rangées de maisons sans portes des anciens étaliliîisemenls des Jésuites, voilà ]es seuls vestiges de la récente prospérité de cette partie du Parrigiiay, Quant aux fermes moins solidement conslruiles au moment où édata la guerre, elles sont lombéeâ en ruines : des bosquets d'orangers couverts de frmts mûrs, que personne ne cuaîUe^ €11 iadiquent seuls i^amplacen^ent* Dans quelifueB huttes de
AMÉBÎOUE DU SUO. 535
lerres souvent éloignées Tune de Tautre d*un ou deux milles, un couple de \ieilles femmes (à peine reste«t-il un homme dans cette partie du Paraguay) Iraîne une raisérahle existence en se nourrissant d'oranges et de manioc. Si Ton excepte environ cinquante milles carrés anglais que le docteur anglais Stuart possède avec une autre propriété plus petite, toute la contrée au sud du Tebicuari, le plus grand fleuve du Paraguay centraî, appartient au gouvernement; par contre, îe pays compris entre Assomption et Yiîla- Rica se Irouve presque complètement entre les mains de particulieps* Dans cette partie sud, un quart environ du territoire est couvert cF immenses forets touffues ; des marécages inutiles s'étendent sur un autre quart, et des herbages épais, presque trop luxuriants pour les bœufs, poussent sur le reste.
Après son retour à Assomption, Johnston trouva Toccasion d'accompagner, dans son dernier voyage d'Assomption aux frontières, k commission brésilieiine chargée, h. la suite du traité de paix de 1872^ de rectifier et de déterminer la frontière nord. Conformément au droit que le Brésil avait précédemment fait valoir, la frontière est limitée vers l'est, depuis le fleuve Paraguay, par TApa jusqu'à ses sources, puis par les hauteurs désignées sous le nom de Cordillera, et à Test, après les grandes chutes du Parana , par le Salto Guayra ou Slete-Quedras des Brésiliens. Sur six homes qui devaient être construites de ce côté de la frontière, trois étaient déjà élevées ; dresser les autres dans la partie intermédiaire de la frontière, telle était la mission de rexpédition avec laquelle, en août 1874, Johnston partit d'Assomption, et remonta le Paraguay afin de gagner les Cordillera par la voie de terre en traversant Conception,
)) Conception est le hourg le plus consldérahle du Paraguay nord ; il n'a cependant que 6(K) habitants, et si, précédemment, il fut le centre de Texportation des « Yerbales n du nord, ce commerce semble maintenant avoir disparu avec la renommée du thé de l'Amérique du Sud. En effet, une paire de peaux, pleine de «yerba mate,» gisait à terre devant la maison ruinée de la douane. Au nord de Gon*