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LKCTUBKS ET ANALYSES DK GÉOfïRAPniE.

cepUonj jusqu'à l'Apa, s'élend, à perte de vue, une contrée composée d'une série d'Iierha^ef?, au centre desquels, dans k partie la plus basse, un petit fleuve coule vers loccident: sur ses rives se dressent des bandes de forêts; au milieu des prairies se trouvent des collines dont les versants sont également boisés ; mais les arbres restent petils, et Tintervalle qu'ils laissent inoccupé entre eux est couvert de broussailles et de plantes grimpantes.

» Le fleuve le plus important qnll fallait franchir est rAqujiîaban qui, à f époque des pluies, est sujet à des crues suintes et considérables. Près des ruines de Bellavista, ancienne station militaire, et peu au-dessous du confinent de ses deux bras principaux, rexpédilîon atteignit TApa. Le bras qui descend du nord porte le nom d'Apa et les Paraguayens la considèrent comme fleuve principal proprement dit, tandis que le bras du sudj venant d'Estrella, roule la masse d'eau la plus considérable, s'il faut en croire les Brésiliens ; et sa longueur, égale à celle du précédent, permet de le considérer comme le véritable cours supérieur de TApa. En dépit des proteslations des Paraguayens, les bornes frontières furent élevées à Fembouchure et aux sources de FEstrella, de sorte que le Brésil se trouve ainsi posséder en plus une étendue de plusieurs centaines de milles carrés anglais.

ïï D'ailleurs, construire ces bornes frontières n'était nullement une tâche facile. Le nom de Cordillera, employé pour indiquer la ligne de démnrcalion des eaux entre les affluents du Parana et du Pnr f tout h ffiit mal choisi lors-

qu'il s'agit de Hv»*^' ' "'>rd de la république, car

ces hauioui's û* le deux mille pieds le

niv ' * : fM» sont

qn . pour

AMÊRIOUE DU SUD. 537

l'entreprise, car, âeiix fois, près des sources d'EstreOa, tentes et colonnes forent renversées avant d'avoir pu être achevées. Les pluies et les ouragans laissaient-ils un instant de répit? aussi lot des mouches sorlaient des marais qui entourent les nombreuses sources à la ligne de dérnarcaiion des eaux et leurs piqûres devenaient pour les hommes et les animaux une plaie insupporlabîe, si bien qu'on appelait presque avec phiisir les moustiques habituels du soir, qui, la nuit, succédaient à ces mouches.

)) Non loin de la source d'Estrella, près du Dourado supérieur j un des aflluents du Parana^ se trouve une colonie militaire brésilienne ; dans un petit village isolé, composé de huttes en terre, un commandant avec trente soldats nègres passe sa vie dans l'exO, Cette colonie existe depuis quelques années déjà et cc^pendanl elle n'a encore commencé aucune culture, quelle qu'en soit la nature.

n La dernière colonne fut élevée sur le Potrero de JuMo, endroit découvert de la chaîne de séparation des eaux entre ripané au couchant et rAmambaya à rOrïent ; à quelques lieues de là, la commission commença le chemin dont il a été question, et Johnston aurait volontiers conlinué de la suivre, s*il eût eu les provisions et Tescorte nécessaires pour une semldable excursion, car on lui disait des merveilles des grandes chutes du Parana, Cet autre Niagara se l'ait entendre à quatre lieues de distance et la masse de ses eaux se précipite au milieu de nuages de vapeurs et de ma^iOques arcs-en-ciel dans un ravin étroit et profond que les Indiens regardent comme la porte du monde sublunaire et que la crainte leur fait éviter.

» Le retour de Potrero de Julio à Conception s'effectue par le chemin que le dictateur Lopez avait suivi quelques années plus tôt dans sa dernifere marche de son camp près de Panadero au désert de Cerro-Cora, et qui donne une idée bien nette de la misère endurée par son armée dans cette derière retraite. Sur tout le parcours de cette route, à petits '"•"•«^alles, sans séptdture et dans la position où la mort ^és, gisent des squelettes d'hommes qui sont HT y mourir d*épuisement et de faim, presqu*^

à portée de vue les uns des autres. Chaque petit arbre, sur ce chemin, couvre de son ombre un monceau d'os quelquefois accompagné de fusils rouilles, de sabres ou de selles devenues friables. Les Cerros, qui forment l'amphithéâtre sauvage et extraordinairement beau de Cerro- Cora, sont des parties détachées du Tafelland ; et les flancs de la vallée de TAquidaban, composés de cônes, de rocs, et de tours revêtent les formes les plus fantastiques. A Texception de versants escarpés en granit rouge, crêtes et saillies sont partout couvertes d*une forêt obscure et exubérante, tandis que des palmiers forment sur les talus des bosquets plus éclaircis, au milieu desquels, çà et là, on rencontre des collines de gazon. C'est au milieu de Tamphithéâtre, dans un de ces endroits découverts, que Lopez a établi son dernier camp à environ un demi-mille anglais de Tembouchure du Chiriguelo dans TAquidaban. Imaginer une retraite plus sûre est chose à peine possible, car le défilé de TAquidaban est le seul qui, de Test, conduise dans cet endroit. De ce côté, au-dessus de ce défilé et d'un second, Lopez avait établi un poste armé de canons, mais aucun des deux ne signala l'approche des cavaliers brésiliens. Le camp se trouve encore tel qu'il était lorsqu'il fut brusquement abandonné; les débris des voitures de bagages et des caisses, des armes brisées, des munitions et des affûts l'entourent ; enfin, au milieu de tout cela, une multitude de squelettes d'hommes. »

Keith JoiiNSTON, Résumé et traduction par Jules Vallée.

{Explorateur, 5 août 1875.)

Une excursion à Paraguarl.

« Paraguari est un gros boiu»g pour le pays, et sa situation de tête de ligne du chemin de fer' lui donne une

(72 kil ). Lit li^tm a'aqiij'onp • ■■• ' '" ■ r^i^to ir^m^ (joi pirtalL clii'iqtie :mûtla diS I4 flupilftle. arri <,mt imis le& î •■ nry «ntr* H fîtupe» flo m*iiîi «l l heure

de r>i|j?''«-'ffiirlli,sclnii qu'il r m et au rnét.'.*tiioi>en., Od rD|i&rUit âeceUe

Tïlte w«a 'àht%î£ti»^ ut nu muitja jt i <\)iaoiof^iiatii ^ une tf<]ur0 ludélefiniDéê. Le

importance parliciilière. Cinquante ou soixante maisons agglomérées en carré forment une place, autoor de kqm^llej sans ordre, de nornljrpux ranthos viennent joindre leur contingent de femmes et marmaille grouillanle au soleil; on évalue à environ 30Q0 âmes Tensemble de cette population oti Heurissent les brigands de toute espèce. C'est le lieu où viennent s'amasser les gens qui ne peuvent môme plus vivre à rAssomption ; ils s^insttillent à Paragiiari, où réloignement du pouvoir central et de la police métropolitaine leur permet de vivre aux dépens d'autrui avec des coudées plus franches ' . La place da vil-

VoyagfUurseoDoaolaileasoDgeanitqLiG^ si les dtiiraiîJlemaiitH i^Laioal à craindre;, îes renconlrca étatenl da moina impaeisibles. Le chemiii de fer a élé praloBgè juftqii^û Villû-Rioa {202 kllom.|.

1. Le manque absolu de sécurilé dans l'icitêrieur du P/irufruay el les caprices d'on gonvernement diirtiiturial ont arrêté toutes les tentri^iive» de colonjeatioo. om Ifls ont dr.truiteâ. Solib la diktat are d^Anlntiio Lopez, eaa (11 fi, Fraocenoo Solano, chargé d'pinrôler des n^rlculteara européens pour le Parniguay, vivait racolé aur les q uni ni bI dwDa la b&nliaae de Bni'doaox deux oa trais cenlt déorolteure, jouKuriid'nr.^'ue, rôdeura de barrières* eto. On lour avait promis monta 8t mervdilea : arrivéa A desUnntioDj ita furent très mal a^îCMeiîHH par Lopei;^ offusqué et alarmé |>a.r les opcniona trûâ FadépendatitesT et, il tant bien l'avoaer'i,

Sar les modincrea capa'iiéH de ces sinpfcilJei'^ colons. Au lieu de leur asiaiçoer et terrain» Tertili^B, le dictateur les éinblit sar an sol int^rat et rebella à toute culture, à Vil la -Occidental, qtii Pt-çut la nom de Nupvn-Bnrdeo (Nouvelle- Bordeaux). lu^\ë* ainsi des ParuguAyens, avec lesquels on leur rerusait touta coinraunicatioti, dévorés par les moustique», manquant &fi tout, totimis jkoiir les eauses les pUiA HiUlc» aux voxaliona de tout h^etite, k la bastonnade et même 4 In torture |on ap|fliciua à quelques-ana U q^R-^tion par Teau 1), ils sa>^combt:rcnt tu ^land notiihre. Quelquefl- una esfJiyèroDt do ga}<iacr iâ BolLrif>^ on les ^nisit et oo les Nvra &iix pUts Hfl'rtiux Hupplii^es; d'iiutre» moQ^ rurcnt de faim, ou furent tuée par h}» saiiVA|;ea, ou dévijréft p&r les jag'Ranfl; tous auraient péri aana l'active Esharité du cocnte Braytr, dlura notre eonsul à rÂ5Aomptinu. b'mii CftLe contrée qui tient des trésors de fécondité à la diapoaition de l'bommo, rjramiyfraïit n'oi^o Riière »e risquer. M. Forguea a rencontré, il efit vrai, à la Triuidad, petit village datis la banlieue do l'Assomption^ un Français, Théophile Ganté, qn1, d'abord apprenti i'ordonnior^ rcus>tit par un trnvaj opinîâ re a ga;:ner une fortune de 150 UOU franco. Mais il cite plui loin rext'TTipïe d'itutres Frrinçnis malheureux : Moquélnin^ établi dons une bacienda an Cliaco, qmt fut aâ#^«)sinê une nuit par tin cî^ciqu^i indien avec sa femme et se» troi» valets; Berchon des Essarta, e^rorgé par des valeur* dana la c^ipilale même ; un Anglais, Mac-Adam, tué d'un cnup de t-outeau dans la gare^ etr., rtc. Lps Para^ruayeuM qui racrontenl cfi» trafriquea b^stoiiee prennent ■oln d'&jouier qu'après tout le Paraguay est un pays très î»{ir et où il n'y a rien à craindre ! Kwm^ i^Auf les fulieu du despetistrie. le couLunu dea aventuriera et La matraque d^' l'Indien.. Voici encore un ténmignJtge du peu do ^éeurité de ees régi on ji iniérleurra»,. M. Désiré Charnay^ durant son v.^yayre à travers la pampa, appjit d'un Arjçeniin son compaj^non de route, qu'il ne fallait pas trop CEimpler dane te dfJ!-ert sur les aiifcnln do i'antorite pnhlnjue. ■ il y a trois

• aeniJiÎDe^, rncontait son iutt'rlcwîuteur» on eolon nlhrraanHi avait vendu nn lot

• do bœurs et en avait reçti l'argent; le âoir du roflme jhii^ W était seul avec É ga fille A;.^éi> de ^eise ans; la porte iTouvre, drux bomrfuia ms»qnês foat

• irroptiou dans la crtliane, »e prccipitfsnt aur lu père et le tu>Mit; fuif, ft'adre»'

• saut à la bile territiêe^ lui demandent où est t'argeuL i 11 eit là, * dit-elle.

la^e est à demeure encombrée d'une espèce de foîre permanente, d*un aspect des plus misérables. Les boutiques se composent de quatre roseaux supportant une pièce d'étoffe de la dimension d'un mouchoir de poche, qui sert de tente; elles sont remarquables par le nombre des vendeurs et le peu de marchandises à vendre. J'en note une où le mouchoir traditionnel abrite six œufs. Une femme et quatre enfants sont assis ou vautrés à l'en tour; deux autres femmes et trois enfants font cercle autour de l'autre boutique, dont l'approvisionnement consiste en une douzaine de beaux épis de maïs.

» Sur les soixante maisons dignes de ce nom qui composent le bourg de Paraguari, douze sont des tiendas^ magasins où l'on vend au détail des cotonnades anglaises, des genièvres de Hambourg, etc., en échange de produits du pays, tels que cuirs, taiac, maté, etc. Deux autres maisons sont consacrées au jeu ; il s'y joue tous les soirs des parties effrénées, car le Paraguayen est joueur au-delà de toute expression. Il n'est pas rare que ces gens risquent des enjeux de 500 ou de 1 000 francs sur un coup de dé. C'est souvent plus que tout ce qu'ils possèdent. Le perdant récrimine, le gagnant insiste, et bien souvent un coup de couteau vient appuyer les arguments du plus fort. Pourtant ces scènes seraient extrêmement rares s'il n'y avait que des Paraguayens dans ces maisons de jeu, car ils ne sont nullement sanguinaires ; mais ces tripots sont hantés aussi par nombre d'aventuriers italiens, argentins et brésiliens. Le soir venu, le revolver à la ceinture, je fais un tour dans le villaî^e avec un Suisse qui doit m'accompagner dans mon excursion. Toutes les tiendas sont éclairées, les autres maisons sont plongées dans l'obscurité. Nous aUons voir les salons de jeu ; ce sont d'immondes bouges où, sous la lumière d'une lampe à pétrole, des physionomies patibu-

» leur désignant un meuble; et pendant que les malfaiteurs s'efforcent de

> l'ttuvnr-, elle s'arme d'un revolver et les tue. La courageuse eniant s'élance

> au dehors, cunrt chez l'alcade : il était absent; elle court chez le juge : il I étaii absent. Attirés par ses cris, les habitants la su<vent; on arrive «u

> rancho. « L'alcade, lui dit-on, le juge, les voilai > C'étaient les deux as- » Bassins. »

PARANA.URUGUAr ET RIO DE LA PLATA

laires jouent arf^eot sor table, soit aux cartes avec des cartes espagnoles, soil sur un biUard, à une espèce de jeu de Mlles ; il s'agit, en en jetant une poignée sur la table, d'en faim entrer le plus possible dans une des blouses. Les figures, rôdeur et l'aspect du lieu soulèvent mon dégoût. Nous sortons de là, et quelques pas plus loin, à la lueur d'une lanterne d'écurie posée à terre, un orgue de barbarie répand des Oots d'harmonie criarde ; tout autour, dans la pénombre, nous distinguons des ponchos qui llotteuL en l'air^ accompagnés de jupes blanches ; c'est tout ce qu'on en voit, la peau des danseurs étant couleur de la nuit.

îï Le lendemain matin, nous terminions nos préparatifs de départ. Hier, pour k première fois depuis la création du monde, un boidanger est venu s'établir à Paraguari et faire du pain pour les habitants, qui jusqu'à ce jour ne mangeaient que du manioc. Ce fut une fureur; il n'était fils de bonne mère dans le village qui ne voulût du pain coûte que coûte. Le brave triptolème, voyant cet engouement, n'hésita pas à augmenter ces prix et à vendre sa marchandise à douze sous la Uvre. Tout compte fait, les habitants, ne trouvant pas entre le pain et le manioc une différence correspondant à celle des prix, s'en tiennent au man ioc, )> L. FouGU i%s * ,

Le Paraguari^ fragments de journal et de correspondance.

{Tour du Monde ^ 1874, 1" scta., m-8', Hacbclta)

lie maié du Pam^iiaf'.

a On peut diviser en deux classes les produits de Tagriculture paraguayenne. Les uns entrent dans le commerce et sont exportés en quantités chaque jour plus considérables ; les autres, destinés à la consommation intérieure, ne sortent pas du pays. Tels sont, parmi les premiers, le maié, le tabac, les bois de construction, les cuire,

l, M. FMPfiuc» (Eiinle OnurandJ, lîUérnlour et traducteur, né à PJirit ^d U13, connu » 11» lu (jnLUtJonymu ang:l<iis d'Old Ntck, a traduit en coHnbii'ranoii avec A, Jùanno \' lii^imre g**nénde des voyiirjfs de Oiiflboru^igU Ctjuluy iS mi*), «t pablié le« écriU poïlbuiaes de Larnenniaii, et lea niémoiret dû M, do Vitroilei.

et, pour des sommes presque insignifiantes, le manioc et le sucre ; parmi les seconds, les céréales, le maïs, le riz, le coton, les haricots et les patates. Enfin, certains fruits, comme les oranges et les pastèques, tiennent une large place dans Talimen talion.

)) Quoique le maté soit, aujourd'hui surtout, une production spontanée du sol plutôt qu'un fruit du travail de rhomme, on comprendrait difficilement une énumération des richesses agricoles du Paraguay dans laqueUe la première place n'appartiendrait pas au précieux végétal qui fournit le thé de l'Amérique du Sud. Mais si cet arbre n'existe plus qu'à l'état sylvestre, il est répandu dans les environs de Rio-de-Janeiro, au pied des Andes boliviennes, et le pays que nous décrivons trouve encore dans l'exportation de ses feuilles torréfiées et convenablement préparées l'article le plus important de son commerce. Les opérations relatives à la récolte du maté, auquel les Espagnols donnent le nom générique de yerba (herbe), identiques sur tous les points, sont très simples. Les voici en quelques mots. Vers le mois de novembre, des détachements de travailleurs bien armés et pourvus de provisions vont se fixer au milieu des forêts où abonde l'arbre précieux qui présente l'aspect du laurier franc, avec les dimensions et la hauteur d'un petit chêne très touffu. Armés d'un long couteau, des ouvriers en détachent les branches que d'autres divisent en rameaux plus petits. Ces rameaux, passés dans un feu clair et légèrement grillés, sont placés sur une cage faite de bambous ; et ayant de quatre à ckiq mètres de hauteur. Au centre de la cage on allume un feu peu ardent que l'on entretient pendant vingt-quatre heures. Les feuilles n'exhalant plus d'humidité sont alors descendues et étalées sur des cuirs ; on les détache des rameaux en les frappant avec un sabre de bois ; puis on les pile dans des auges ou dans des mortiers, et la poudre est enfin renfermée dans des sacs assez semblables à de gros oreillers taillés dans des peaux de bœuf ramollies, et dont le poids varie de GO à i20 kilogrammes. Le maté, nommé par quelques auteurs herbe de Saint- Barthélémy, et par d'autres

encore thé des Jésuites^ ^ se présente dans le commerce sous la forme d'une poudre grossière, d'un vert clair, ayant une odeur herbacée, désagréable lorsqu'elle est fraîchement récoltée, et légèrement aromatique après plusieurs mois de préparation. Le maté est d'un usage général en Animque, On boit rinliisiou de cette feuille aromatique au Pnra^uay, dans la répnIJique Argentine, au Chili, au Pérou, el dans les provinces brésiliennes de Hio-Grande du Sud, de Parana et de Saint-Paul, Sur tous ces points cette boisson est plus habituelle que le chocolat dans la Péninsule, le thé en Angleterre, et le café dansTEnrope orientale ou en Afrique*.

» Pour préparer le breuvage américain, on met dans un vase destiné h ce seul usage du sucre et un charbon ardent. On grille un peu le sucre, puis Ton ajoute une quantité variable de poudre. On verse de l'eau très chaude, mais non bouillante, et Ton introduit dans le vase Textrémité arrondie en forme d arrosoir d'un tube destiné à l'aspiration du liquide. Les habilauts de la campagne, les journaliers et tous les hommes en général, prennent !e ma Lé cimarrou, c'es!rà-dire sans sucre ; mais les femmes, les étrangers y ajoutent du café, du rhum, un peu d'écorce d orange ou de citron, etc.; d*autres enlln remplacent Teau par du lait. On boit le maté à toute heure de la journée ; c'est la première

I. Au Piirafînay, un Tappella encore herbe de Saint-Dominiqui?.

i. • n e!»t impoaajbla défaire nne visita iï^tu* loiii le ba^^m ûe la t'Iata «ans

■ que ron vuua a^p^iort'j immédialement ocUu bubson, bous la cxihano r^nrimée

• nu pnuvre gaui-bo comme dKna l'tiAtiî] i3omp1.uçu3C des riches liabiUiiitf dex » villes; à ptinâ éleavnua arrivé qao rinfuaiun nationale fail son appflnlmo.

■ L'ab»orptJoa da raftlé est en quelque sorte réglée par ud code do cr>iirto{fiie M dont il list ulile <ie connaUra tool au moioi le» prernien pHiicipea. Aîrisi, dès » qu^UD dtrangcr cnlru dans une maison^ riuèvitahlâ courjj;^»^ armée de sa « bombitla {nn'i& de cbAlumeaa en argaot un en un^Ul], lui e»t imTuédiati;meot

■ ppcaentiie. Le premfer devoir ôftl de l'aCLiPpler; le second, de rotrrir But^<',es

I sivocxieDt à toules le* personoea prêsaDtea qui vous rê|ioDdont : No, esta en

• buffnos mmtoH (Non^ elle est en bonnosi miiiins). Ywi un uoinplimenl, voua

• avales la droj.'ùej petit travail qui dure oavïror» oioq mînuteB; t^inslrument

• doit éLre alors re^litiié à la niKllretae de la maition; celte-ei s'emi»rcsse d,'y

• remillri! de l'ei^u cht^ude et de rep^isa^r le tout au voisin ; puis I «'p^riitioD a cootinue ainsi i;>d'éikDimeDt Celte cani-ioramatioa de maté doit durer tout le » temps de k vi%itç, h moina qup, heureux touriste, voua ne ei)î]uaj«ftiei l»t

• FormuLe polie à oraployor prmp prévenir qu'à 9a proclmine tournée voua seriei a bien iiia^ de vnua abaletiir. Fuur moi, qui ai uiis li>ni^^temps à saisir cette

■ formulep crai|^oanl de inanqjcier k tous les usages, j'avalais^J'u valais, €t u'élaît

(Cbarles d'U» si: L, Sud- Amtf'Wç ne.)

» dêtettable. »

chose que fîiit un Sud-Aniéricain, le plus ordinairement avant de qiiilter son lit ou son hamac. Réconforté par sa liqueur favorite, 11 monte à cheval, vaque à ses affaires et attend sans impatience le repas do milieu du jour.

n Ainsi concentrée, prise sans sucre et à jeun, cette infusion est irritante. Beaucoup de voyageurs ne peuvent la supporter; elle détermine des nausées et des vomissements. Le maté léger et aromatisé a des propriélés imtantes encore, mais beaucoup moins énergiques, quoiqu'il ne convienne pas à toutes les organisations ; restomac s'en arrange assez mal, surtout au début ; il agit aussi sur le cerveau et éloigne le sommeil. Celte boisson f>araît nécessaire à l'habitant du Sud-Amérique qui engloutit des quantités énormes de viandes mal cuites, sans pain, souvent sans fiirineux (manioc, maïs), et toujours sans vin; c'est pour lui un digestif obligé. On peut encore, ainsi que je l'ai vu dans la province de Saint-Paul, prendre le maté en infusion théi forme. C'est une manière que, pour ma part, je trouve préférable à l'autre. On évite Taspi ration des DO ml j reuses particules de la plante qui arrivent à la bouche à travers les trous de la Immbilla ; on ju^e mieux de la force du breuvage, et, considération à mettre en première ligne, il n'y a plus nécessité de se servir d'un luhe qui a passé successivement par les Ihyr*^^ .lur... rr„ïje d'individus, à commencer par celles de est chargé de sa

préparât it fois ; lav* maté o*a

;>ver une seii ïn buveur

Non:

au ini vaots

AMÉHIOUR DU SUD. WS

« Le maté provient des feuilles d'un arbre originaire de r Amérique dti Sud, Vitex paragua^eiisis. Cet arbre, haut de 3 à 6 mitres, vient spontanément dans ios bois, sur ïes plateauï qui dépassent 400 à 600 mètres. On ne l'a rencontré que dans le bassin du Rio de la Plata,,,.. Avec les feu il tes on fabrique on produit qui remplace îe thé et le café pour des populations répandues sur un eispace aussi vaste que l'Europe. Les trois provinces du sud du Brésil, la Hépubliqne orientale, Ja République ari^entine^ une grande partie du Cbili, du Pérou et de la Bolivie consomment cet aliment. Son usa^^e e^it général cbez les habitants des campagnes et chez les habitants des villes peu Hisés,....

n L'importance de cette consommation est facile à apprécier par le chiffre des transits et des exportations. Une seuJe {province du Brésil, le Parana, eiporte chaque année environ 4 S millions de kilogrammes de maté ; une autre, ce Me de Sainte- GatheFÎne, une quantité égaîe au tiers de la première ; le Bréiiil, environ 30 millions de kilogrammes par an. La production du Paraguajr égale à peine le sixième de l'ellt^ du Brésil... C*est dans ce pays que les jésuites commencèrent l'eiploitatton du maté. Ayant trouvé cette substance employée comme boisson par les Indiens Guaranys, ils en étendirent Tusage à toutes les régions placées sous leur domination.

m ,..,. Cet aliment actif présente sur ses similaires, le thé et le café, un avantage considérable, son excessif bon marché. Le maté bien prépai'é se vend aujourd'hui de 7 à 10 francs les t5 tilogmnimes rendus à Antonine, i>orl d'embatqueuïent du Parana, et chaque kilogramme peut fournir 40 liU'cs d'infusion forte et amôre, soit moins de 2 centimes pour i litre d'hifusion... Le prix actuel est surélevé par les frais de transport et d'envelovpement. Une charge de muies de 100 kilogrammes que l'on a achetés S à 10 francs à Guarapuava ou à Castro, vaut 25 francs à Curityba, la capitale du Parana, et 35 au bord de la mer. Transporté à petites journées, le long de roules à peine tracées, par de véritables caravanes de mules^ oe malô qui coûtait <0 fiancs a payé 30 francs de transport ^ |»*»m* moins de 300 kilomètres. Une fois qu*il sera préparé, son ni avec des barils ou avec des cuirs de bœuf ^fU coûtera encore quatre ou cinq fois plus cher \l, et deux ou trots fois plus cher que sa

■'jii (Bîtrclié iJu maté augnieat^ra brsque la

546 LBCTURBS BT ANALYSES DB OÉOGRAPHIB.

popolatioD sera plus considérable, et les commanications régalières. H oppose à la collare da café, dispendieuse, longue et délicate, celle do maté, plus simple, moins laboriense et pins prompte; il pense que cet aliment, qu'il appelle le eafé du pauvre, du pay$an^ de Vouvrier, peut, ea Fraore, où la chicorée a uo débit énorme, rendre de grands services aaz classes laborieuses, et même a Tarmée. « 11 n'est pas dootenx qoe le maté est bien supérieur comme goût, comme amme, comme valeur, i toutes ces liqueurs noirâtres ou brunâtres, i tons ces liquides de mare^ à toutes ces infusions de chicorée ou de prétendus cafés torréfiés qm sonl bues, en quantité considérable, dans les cabarets de nos villes on de nos campagnes *• •

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1. La valeur de rexportalion du maté a été en 1882 de 961000 pesos; en 1884, de 7:^9000; en 1885, de 610000.

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